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Discours du 29 juin 2026

Agnès Pannier-Runacher · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°293

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Ce sera ma seule prise de parole. En effet, je n’ai pas déposé d’amendements pour que le débat puisse arriver à son terme avant ce soir.Cet article touche à un point fondamental pour l’avenir du football français : la capacité des clubs de nos territoires à exister, se développer et rester compétitifs.Le 22 mai dernier, au Stade de France, le Racing club de Lens a remporté la finale de la Coupe de France. Ce club incarne quelque chose de précieux dans le football professionnel : un ancrage territorial fort, un projet de formation ambitieux, une relation authentique avec son bassin de vie et un collectif où les individualités travaillent au service du groupe. C’est précisément ce modèle que cet article a vocation à protéger.Ne nous méprenons pas ! Cette victoire du onzième budget de la Ligue 1 ne doit pas masquer la crise structurelle profonde du football français, marquée par l’effondrement en cascade des diffuseurs, les inégalités croissantes entre clubs et la fragilisation progressive de la valeur du championnat. Ces dynamiques se renforcent mutuellement et menacent l’ensemble de l’édifice.Quand la gouvernance financière vacille, ce sont d’abord les clubs les moins dotés qui absorbent le choc, ceux-là mêmes qui font vivre leur territoire et produisent les exploits sportifs dont le championnat tire une part essentielle de son attractivité. Derrière l’émotion d’une finale et l’équilibre sportif construit sur un terrain, il y a une réalité financière implacable, des recettes incertaines, des budgets sous tension et des projets de formation remis en cause. Lorsqu’un club est fragilisé financièrement, toute une chaîne territoriale et sportive se fissure.La question est claire : voulons-nous un championnat national réduit à l’état de compétition supplétive, écrasé par une ligue européenne portée par les vingt clubs aux budgets les plus élevés ou un championnat qui tire l’ensemble du football professionnel et amateur vers le haut, ménage une place à chacun et permet à de vrais collectifs de battre des équipes plus riches ? En résumé, souhaitons-nous un championnat national où l’argent n’achète pas tout ?Ce raisonnement vaut au-delà du seul football. Basketball, rugby, handball, volley, tous les sports professionnels de ligue ont intérêt à ce que la solidarité financière entre clubs soit garantie par la loi. C’est la raison pour laquelle je vous invite à voter cet article.

Concernant les avancées prévues par ce texte, tout a été dit ; subsistent en revanche un certain nombre d’éléments qu’il faudra retravailler. Ainsi, je ne suis pas certaine que les présidents et actionnaires multipropriétaires qui font un travail remarquable, comme c’est le cas dans le club le plus proche de chez moi, seraient ravis d’apprendre qu’ils doivent réorganiser l’actionnariat. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.) C’est un exemple parmi d’autres ; les difficultés que rencontre un club ne doivent pas conduire à imposer à tous les clubs la même logique.Il conviendra de revoir également de petites choses, pas si petites, concernant entre autres la DNCG. Ces réserves faites, je tiens à remercier la ministre et les rapporteurs d’avoir tenu d’abord le calendrier – il nous importe à tous que le texte soit appliqué rapidement –, ensuite leurs promesses. Merci !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).