Discours du 17 septembre 2024
Aleksandar Nikolic · État de l'union de l'énergie (débat)
Monsieur le Président, Madame la Commissaire, mes chers collègues, dès l'introduction de ce rapport, vous avez un objectif affiché: la décarbonation et la neutralité climatique en 2050. C'est drôle parce que, passée la sémantique, votre vision globale produit plutôt l'inverse. Voici une démonstration concrète – ça va vous changer, du concret: dans les années 70, en France, nous avons consacré près de 100 milliards d'euros à la construction de 58 réacteurs nucléaires, le fameux plan Messmer. Aujourd'hui, le nucléaire représente 70 % du mix électrique français. Au début des années 2000, autres plans, autres mœurs, la France décide de lancer, avec une vision proche de la vôtre, un plan d'énergie renouvelable focalisé sur l'éolien et le photovoltaïque, un plan subventionné en tout depuis 20 ans. Là aussi, à peu près 100 milliards d'euros. Résultat, 20 ans plus tard, ces énergies représentent 10 % du mix électrique français. Le même investissement pour, d'un côté, 10 % de la production électrique et, de l'autre, 70 % pour le nucléaire aujourd'hui.
Cela a en plus entraîné une augmentation considérable du prix de l'électricité en France. En 2011, on était en France à 0,11 euro par kilowattheure, aujourd'hui on est à 0,25 euro, soit une augmentation de 130 % en treize ans. Rendez-vous compte: une famille française qui payait 1 000 euros d'électricité par an paie désormais 2 300 euros annuels. Mettez-vous à leur place. Cette augmentation a tué des entreprises, des industries, des emplois à forte valeur ajoutée. Ça a augmenté les importations et a donc engendré de la pollution. Voici un exemple concret: en France, les importations représentent 51 % des émissions de gaz à effet de serre. Et ne parlons même pas du cas allemand que tout le monde connaît: 46 % de l'électricité allemande est maintenant produite avec du gaz et du charbon. C'est la conséquence de l'abandon du nucléaire. Alors oui, les nouvelles éoliennes de 240 mètres produisent plus. Mais planter des milliers de tours Eiffel dans 2 000 tonnes de béton par éolienne pour produire à la fin moins que le nucléaire et compenser avec du gaz et du charbon, est-ce que c'est vraiment écologique?
Finalement, vous avez un point commun avec les éoliennes que vous défendez: vous tournez en rond avec du vent. Heureusement, après avoir voulu sa mort, vous avez compris que le nucléaire est une solution, pas un problème. Mais ça doit être la solution principale, alors que pour vous ce n'est qu'un pansement pour réparer des erreurs. La preuve que c'est secondaire est que vous ne l'avez même pas mentionné une seule fois tout à l'heure dans votre propos liminaire. Votre priorité est de suivre une idéologie, la nôtre est de réduire les prix, d'être souverain et de moins polluer. Ça passe par une réindustrialisation, par le nucléaire, l'hydroélectricité pour produire de l'électricité, et des économies d'énergie. Votre vision est idéologique et sémantique, la nôtre est basée sur des chiffres, des constats et de la science.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.