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vie-politique.fr

Discours du 18 septembre 2024

Aleksandar Nikolic · La criminalité organisée, une menace majeure pour la sécurité intérieure de l'Union européenne et les citoyens européens (débat d'actualité)

Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, face à la criminalité, il va falloir plus que les discours et les effets de manche que j'entends depuis tout à l'heure. Il va falloir que vous ouvriez les yeux et que vous osiez regarder, par exemple là, à quelques kilomètres, ici à Strasbourg, vers les cités du Neuhof ou de Hautepierre. Vous verrez, parce qu'ils ne se cachent même pas, les dealers qui tiennent des quartiers en y appliquant leurs règles d'ultra-violence. Ils dominent ces cités en y vendant du cannabis, un cannabis qui provient à 82 % du Maroc.

Alors certes, on fait quelques saisies symboliques, on communique dessus, mais vous n'allez pas me faire croire qu'avec les moyens technologiques qu'on peut avoir aujourd'hui, on n'a pas les capacités de mieux bloquer les arrivées de ces milliers de tonnes de cannabis, ni que le Maroc ne voit pas les milliers d'hectares de production sur son sol. Parce que oui, pour faire venir autant de cannabis, il faut des milliers d'hectares de production. Je pense que vous achetez une paix politique au Maroc et que ce sont les victimes des règlements de compte, des balles perdues ou toutes les victimes des conséquences sanitaires du cannabis qui en paient le prix.

Si vous faites encore quelques kilomètres, toujours ici à Strasbourg, dans la rue du Doubs, vous verrez des jeunes filles victimes de trafiquants d'êtres humains, là aussi ultra-violents. Vous en voyez aussi dans nos campagnes, à l'intérieur de camionnettes. Vous dénoncez avec justesse les esclavages passés et vous vous vantez d'être féministes. Mais que vous êtes lâches lorsqu'il s'agit de vous attaquer à l'esclavage d'aujourd'hui, celui qui est devant vos yeux, nos yeux, celui qui fait que des milliers de femmes sont louées à même le trottoir, telles des marchandises.

Et que dire du trafic de cocaïne qui nous amène à une «mexicanisation» de l'Europe. La Belgique et les Pays-Bas vivent cette pression qui touche déjà leurs organes institutionnels, et le phénomène se propage au sein de l'UE. Nous pourrions devenir le premier narco-continent. Alors cessez vos grands discours sur l'Europe puissance, cessez votre blabla et passez aux actes. Accordez enfin à Frontex et à Europol les moyens humains, matériels et légaux d'être efficaces et de remplir leurs missions, celle aussi de protéger nos frontières extérieures et de coordonner les polices des différents pays.

Les justices des pays de l'UE sont en train de comprendre petit à petit, avec leurs gouvernements, que la meilleure des préventions est la peur de la sanction. Ne les freinez plus par des textes qui protègent les trafiquants sous prétexte de droits fondamentaux contraires aux droits des victimes et des plus faibles. N'oubliez jamais que derrière votre inaction et parfois vos actions idéologiques, comme je viens d'en citer, se cachent des milliers de familles déchirées et de vies gâchées.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.