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vie-politique.fr

Discours du 6 octobre 2025

Aleksandar Nikolic · Rôle des politiques de l'Union dans la définition du modèle européen du sport (débat)

Monsieur le Président, le sport, ça se vit. Je vais vous parler de quelque chose de très concret.

Dimanche, il y a une semaine, je jouais au football avec mon fils. Puis, en rentrant, il me dit: «J’aimerais bien voir un match, moi aussi.» On met la télévision et il y avait le match de l'AS Roma contre l'Hellas Vérone. Il me demande: «C'est quel pays?» Je lui dis: «Ce sont des Italiens.» On voit les joueurs de l'Hellas Vérone et il me demande: «C'est un Italien? C'est un Italien? C'est un Italien?» Et moi-même je me rends compte qu'en fait, il n'y avait plus qu'un seul Italien dans l'équipe de l'Hellas Vérone, à un moment où ce club est racheté par un fonds de pension américain; un club de plus qui est racheté par un fonds de pension américain en Série A. Mais c'est ce que l'on vit dans beaucoup de pays européens.

Alors, peut-on vraiment se dire qu'un club de football est vraiment d'un pays si dix joueurs sur onze ne sont plus de ce pays et s'il est détenu par un fonds américain, saoudien ou qatari, comme chez nous au PSG? C'est la question que se posent des millions de supporters européens, qui ont de moins en moins de repères.

Avec l'arrêt Bosman et les accords de Cotonou, l'Union européenne a fait du sport un marché, avec l'argent pour seul critère de concurrence entre les clubs, puisqu'il n'y a plus de quotas de joueurs nationaux comme c'était le cas avant. Les joueurs et les fonds de pension changent de club comme de chemise. Et les seuls enracinés au milieu de cette marchandisation totale, ce sont les supporters, considérés en retour comme de simples consommateurs.

Dans ce rapport, vous en prenez conscience – d'ailleurs, vous aussi, vous en prenez conscience, parce que, quand je vous écoutais, j'étais souvent d'accord, et c'est rare ici, au Parlement européen. Donc, je le dis, c'est vrai, j'étais d'accord. Mais, comme d'habitude, je ne vois rien de très concret pour que ce rapport ait un vrai impact sur le sport.

Oui, il faut que la majorité du capital d'un club soit détenue par des acteurs nationaux, à l'image du modèle allemand du «50+1», afin qu'ils n'appartiennent pas en majorité à des fonds de pension étrangers. Oui, il faut imposer un quota de joueurs formés dans le pays du club afin de préserver la formation, la proximité et le lien avec ceux qui suivent le sport. On doit défendre un sport de club enraciné, équilibré et équitable, pas un terrain de chasse pour des investisseurs et des pays en mal de notoriété.

Le sport, ce n'est pas une marchandise, c'est une identité, une culture et un lien social fondamental.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.