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Discours du 15 juillet 2026

Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) · Première session extraordinaire 2026 · séance n°15

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Protéger les enfants est sans doute la première des missions de la République, car un État qui ne parvient plus à veiller sur les plus vulnérables manque à l’un de ses devoirs les plus fondamentaux. Pourtant, aujourd’hui encore, des milliers d’enfants grandissent dans la peur, la violence ou la négligence. Chaque enfant maltraité, chaque signalement ignoré, chaque drame qui aurait pu être évité constitue un échec collectif. Les chiffres sont connus et attestent que nous faisons face à un fléau de masse. Ils témoignent d’autant de destins fragilisés, d’autant de sujets de responsabilité de la part de la nation.Avant toute chose, je veux saluer le travail remarquable des éducateurs, des assistants familiaux, des magistrats, des travailleurs sociaux, des médecins, des associations, de tous ceux qui s’engagent quotidiennement auprès des enfants, souvent dans des conditions extrêmement difficiles. Nous leur devons d’agir et d’avancer vite, car tous les rapports, qu’ils émanent de la Cour des comptes, du Défenseur des droits, des inspections générales ou de commissions d’enquête parlementaires, convergent avec ce qui remonte du terrain : l’aide sociale à l’enfance traverse une crise profonde.Le manque de familles d’accueil, les problèmes de recrutement, les ruptures dans le suivi des enfants, les disparités entre les départements ou encore les difficultés d’accès aux soins psychiatriques fragilisent le système de protection. Les moyens sont indispensables, et personne ne le conteste. Toutefois, les drames que nous avons connus et que subissent des enfants au quotidien démontrent que le dysfonctionnement n’est pas uniquement budgétaire. Il y a aussi des problèmes d’organisation, de circulation de l’information, de coordination, de répartition des responsabilités, de déni. Je pense bien sûr à la jeune Lyhanna, morte malgré les alertes, au scandale du périscolaire. Nous pensons également à Louis, 17 ans, confié à l’aide sociale à l’enfance.Protéger un enfant ne consiste pas uniquement à le retirer de son contexte familial. C’est lui garantir un accompagnement stable, des référents identifiés, un accès aux soins, à l’école, à la justice. Protéger les enfants, c’est aussi les confier à des personnels de confiance contrôlés a priori. Il nous faut renforcer la coordination entre les départements, la justice, l’éducation nationale, les services sociaux et les forces de sécurité. Trop souvent, les informations existent mais ne circulent pas. Il nous faut également améliorer l’évaluation des dispositifs de protection. Enfin, il nous appartient d’assumer une réponse pénale plus ferme contre ceux qui s’en prennent aux enfants. La protection de l’enfance passe aussi par la sévérité et la certitude de la sanction.

Le groupe Droite républicaine défend cette ligne avec constance. Il a déposé plusieurs propositions de loi pour mieux lutter contre la cyberpédocriminalité, améliorer le recoupement des fichiers, donner davantage de moyens juridiques aux enquêteurs ou renforcer les sanctions contre les prédateurs sexuels.Si le projet de loi que nous examinons constitue une première étape utile, il ne saurait suffire à lui seul. Il reste encore beaucoup à accomplir, notamment en matière de prévention, de formation des professionnels, de détection précoce des situations de danger, de coordination entre les différents acteurs et d’accompagnement spécialisé des victimes tout au long de la procédure judiciaire et de leur parcours de reconstruction. De plus, la future loi devra être appliquée.Mon groupe défendra avec conviction des amendements tranchés. Nous proposerons notamment la création de peines planchers pour les viols et les agressions sexuelles, la mise en place systématique d’un parcours de soins post-psychotraumatisme spécialisés pour chaque mineur victime de violence sexuelle, d’inceste ou d’exploitation sexuelle,…

…ainsi que la possibilité de prononcer la réclusion criminelle à perpétuité dès le premier viol commis sur un enfant de moins de 15 ans. L’enfance n’attend pas. Il faut une volonté politique constante, des moyens adaptés, de l’autorité, de la rigueur et une véritable culture de la responsabilité. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).