Discours du 29 avril 2026
Alexandre Dufosset · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°214
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Je souhaite vous parler de la charge mentale financière qui pèse sur les jeunes. Si leur santé mentale s’est dégradée ces dernières années, c’est aussi en raison de la situation économique. Beaucoup vivent dans l’anxiété : il faut compter chaque euro pour se nourrir, se vêtir, étudier et, parfois, aider la famille.À cet égard, le logement constitue un facteur particulièrement préoccupant. De nombreux jeunes, notamment des étudiants, ne sont pas logés dans des conditions leur permettant à la fois de travailler et de se reposer, physiquement comme mentalement. Certes, des dispositifs, perfectibles, existent pour faciliter l’accès au logement, comme la garantie Visale – visa pour le logement et l’emploi. Encore faut-il qu’il y ait des logements à louer.Ainsi, dans ma circonscription du Cambrésis, il faut loger d’une manière ou d’une autre les 1 200 étudiants du campus de Cambrai. Or, malgré un taux de vacance dans l’agglomération supérieur à la moyenne nationale, l’offre disponible ne permet pas de répondre à la demande. Sans remettre en cause le principe fondamental du respect de la propriété privée, il serait souhaitable d’imaginer des solutions permettant une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, afin de faciliter l’accès des étudiants au logement.Madame la ministre, après dix ans au pouvoir – même si vous avez été nommée il y a six mois –, quelles sont vos idées et vos propositions en la matière ?
Madame la ministre, vous avez dit que vous étiez vigilante quand le Rassemblement national, dans les collectivités qu’il dirige, baissait les subventions aux associations. Je me suis renseigné et je suis tombé sur un article de France Info daté d’il y a un an qui indiquait : « Le département socialiste de l’Hérault s’apprête à supprimer les subventions à la culture. » Quand on donne une information, il faut dire toute la vérité.Ma première question porte sur le service civique. La pertinence de ce dispositif est un débat en soi, notamment eu égard à la charge budgétaire qu’il représente, mais puisqu’il existe, je voudrais revenir sur l’indemnisation des volontaires. Celle-ci s’établit autour de 620 euros par mois, un niveau qui ne permet pas, dans de nombreux cas, de couvrir les besoins essentiels des jeunes engagés. Par ailleurs, selon les données de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, près d’une mission sur cinq est interrompue avant son terme, souvent en raison de contraintes matérielles.Dans ce contexte, les associations, déjà sous tension budgétaire, se retrouvent dans une situation paradoxale : elles dépendent de plus en plus du service civique pour fonctionner, tout en s’appuyant sur des jeunes dont l’engagement reste financièrement fragile. D’où ma question : plutôt que de multiplier les contrats, ne vaudrait-il pas mieux en réduire le nombre pour revaloriser l’indemnisation des volontaires et, ainsi, sécuriser leur engagement ?Ma deuxième question porte sur les associations en milieu rural, qui constituent le dernier maillon du lien social. En tant que député d’un territoire rural, le Cambrésis, je le constate à chacun de mes déplacements : là où les services publics reculent, par la faute du gouvernement, l’association demeure un espace de rencontre, d’engagement et de cohésion. Par conséquent, sa fragilisation menace directement l’équilibre de nos territoires.Cette fragilité est d’abord financière : les appels à projets ponctuels enferment de nombreuses associations dans une logique de court terme, incompatible avec la nature même de leur action, qui s’inscrit dans le temps long. L’activité d’un club sportif, par exemple, ne se pense pas à l’horizon d’une année. Cette contrainte oblige par ailleurs les structures à consacrer une part croissante de leur énergie à la recherche de financements, au détriment de leur mission. D’où ma question : comment le gouvernement compte-t-il remédier à ce problème de financement fragmenté et garantir enfin une véritable stabilité financière aux associations rurales ? Les subventions de fonctionnement pluriannuelles, par exemple pour une durée de trois ans, peuvent-elles être généralisées ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).