Discours du 4 mars 2025
Alexandre Loubet · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°115
Dans les dix prochaines années, 100 000 emplois industriels seront supprimés dans la filière automobile française en raison de l’interdiction de la vente des véhicules à moteurs thermiques à compter de 2035, interdiction que cette assemblée a rejetée grâce à la mobilisation des députés du groupe Rassemblement national (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – M. Gérault Verny applaudit également) mais que vous persistez à vouloir imposer. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)Cette transition à marche forcée du thermique vers l’électrique va provoquer une véritable hécatombe : même les rares créations d’emplois et d’activités que vous promettiez sont un échec cuisant ! Les gigafactories en sont la preuve : ces immenses usines de batteries électriques devaient être la vitrine de la réindustrialisation de la France mais, quelques mois seulement après leur inauguration en grande pompe, les voilà déjà contraintes à tourner en sous-régime voire, pour celles du groupe Automotive Cells Company (ACC), à licencier.Monsieur le ministre de l’économie, votre politique nous mène droit dans le mur : il faut d’urgence changer de braquet ! C’est pourquoi le Rassemblement national lance sa commission d’enquête parlementaire visant à lever les freins à la réindustrialisation de la France, dont j’aurai l’honneur d’être le rapporteur.Vous devez réagir dès à présent : sortez de votre idéologie ! Arrêtez de demander à nos entreprises d’être moins rentables ! Cessez de cantonner votre politique industrielle à des mesurettes, à du saupoudrage d’aides ou à des gigafactories dont l’avenir est très incertain. Défendez les intérêts de la France, notamment en Europe, impulsez une véritable stratégie industrielle nationale en soutenant en priorité nos petites et moyennes entreprises et nos entreprises de taille intermédiaire qui représentent les deux tiers de notre potentiel de réindustrialisation.Ma question est simple : allez-vous changer de politique industrielle ou serez-vous responsable et coupable de l’hécatombe industrielle qui nous attend ? (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Mme Brigitte Barèges applaudit également.)
Je vous remercie pour votre réponse qui confirme que le Rassemblement national est la seule alternative pour défendre nos industriels. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Autrefois puissance industrielle dans de nombreux secteurs, la France est le pays européen qui s’est le plus désindustrialisé : en trente ans, la part de l’industrie dans notre PIB a chuté de 17 à 9 %. Malgré une légère stagnation ces dernières années, la désindustrialisation de notre pays se poursuit. L’année 2024 a été une année noire pour l’industrie française : pour la première fois depuis 2016, nous déplorons davantage de fermetures d’usines que d’ouvertures ; 24 000 emplois industriels ont été supprimés et, dans les dix prochaines années, 100 000 emplois supplémentaires pourraient être détruits dans le seul secteur de l’automobile.En 1960, le général de Gaulle avait déclaré que nous, Français, devions « accéder au rang de grand État industriel ou bien nous résigner au déclin ». Monsieur le ministre, force est de constater que vous faites le choix du déclin.En refusant de bâtir une stratégie industrielle nationale par filière, vous manifestez votre absence de vision pour redresser l’industrie française. En refusant d’investir en priorité dans les PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI), vous sacrifiez nos compétences industrielles de base au profit de gigafactories sans rentabilité ni marché. En refusant de créer un fonds souverain français, vous privez notre tissu industriel de financements massifs et vous abandonnez nos fleurons stratégiques aux capitaux étrangers. En refusant de mener une politique de patriotisme économique, vous encouragez la concurrence déloyale et les délocalisations, au détriment des filières et des savoir-faire français. En refusant d’appliquer la priorité nationale et locale dans la commande publique, vous subventionnez les importations avec l’argent du contribuable, plutôt que de favoriser l’emploi en France. En refusant de baisser la pression fiscale qui pèse sur les entreprises, vous pénalisez leur production et découragez l’innovation. En refusant d’accélérer la relance du nucléaire et de nous libérer des règles absurdes du marché européen de l’énergie, vous privez nos entreprises d’un avantage compétitif majeur : la France produit une électricité parmi les moins chères d’Europe. En refusant d’alléger certaines normes environnementales excessives, vous vous obstinez à sacrifier des projets industriels, créateurs de centaines d’emplois, pour le seul fait qu’un batracien se soit installé sur un terrain. (Mme Marie Pochon s’exclame.) En refusant de lever les réglementations européennes absurdes comme la directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD) et l’interdiction de la vente des véhicules à moteur thermique en 2035, vous condamnez l’industrie française à une mort certaine. Bref, en refusant d’appliquer ces propositions de bon sens du Rassemblement national, vous entérinez la poursuite de la désindustrialisation et du déclin de la France.
Monsieur le ministre, alors que nos concurrents – tels la Chine et les États-Unis – mènent une guerre économique redoutable à l’Europe, qui peut sérieusement croire en votre capacité à réindustrialiser le pays ?
Qui peut vous croire lorsque vous confiez une partie de notre souveraineté économique à une Commission européenne technocratique, qui ne défend ni les intérêts de la France ni même ceux du continent européen ? Qui peut vous croire quand votre ministre de tutelle, Éric Lombard, déclare que nos entreprises doivent « accepter d’être moins rentables » ? Qui peut vous croire quand en paroles, vous appelez à une économie de guerre, mais qu’en pratique, vous laissez les crapauds faire reculer les pelleteuses destinées à installer une nouvelle usine ? (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Qui peut vous croire quand les plus grands capitaines d’industrie de ce pays expriment leur ras-le-bol, à l’instar des PDG de LVMH, de Michelin, de EDF, de Total, de SEB, d’Airbus et de tant d’autres groupes nationaux ? Qui peut vous croire, monsieur le ministre, quand vous vendez à la découpe nos fleurons stratégiques,…
…parmi lesquels Alstom, Alcatel, Technip, Lafarge, Latecoere, Souriau, Morpho, Exxelia, Pechiney ou Doliprane ?
Ces noms de pépites industrielles françaises, passées sous pavillon étranger avec l’accord de nos dirigeants, résonnent comme les grandes trahisons industrielles d’Emmanuel Macron. De grandes trahisons industrielles qui, par idéologie et sans doute aussi par lâcheté, bradent le génie et le travail de tout un peuple.
Il faut d’urgence restaurer notre puissance industrielle. C’est pourquoi le Rassemblement national lance cette semaine une commission d’enquête parlementaire visant à lever les freins à la réindustrialisation de la France. J’aurai l’honneur d’en être le rapporteur.
Je conclurai en affirmant que l’industrie est le moteur de l’indépendance de notre pays, le moteur de sa prospérité sociale et du progrès technique, technologique et écologique. Alors que la moitié de l’empreinte carbone de la France est liée à nos importations, relocaliser est la solution pour lutter contre le dérèglement climatique, n’en déplaise à l’extrême gauche.
La réindustrialisation constitue ainsi le défi de notre génération : le défi pour rendre à la France sa puissance et aux Français leur prospérité. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).