Discours du 3 février 2026
Alexandre Portier · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°138
Dans quelques minutes, à l’issue de ce vote, la France pourra enfin se lancer dans l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques des Alpes Françaises 2030. Enfin !Je salue avant tout le travail d’équipe qui a rendu possible l’adoption de ce texte. Au sein de notre assemblée d’abord, ce sont pas moins de sept rapporteurs relevant de cinq commissions qui ont été mobilisés. Je remercie donc Béatrice Bellamy, Christophe Proença et Bertrand Sorre pour la commission des affaires culturelles ; Romain Daubié pour la commission des affaires économiques ; Olga Givernet pour la commission du développement durable ; Benjamin Dirx pour la commission des finances et Véronique Riotton pour la commission des lois. Je salue également les deux présidents de région dont l’engagement, l’énergie et la mobilisation ont été décisifs pour obtenir, six ans seulement après Paris 2024, l’organisation de ces jeux en France, à savoir M. Renaud Muselier et M. Laurent Wauquiez, auquel j’associe naturellement son successeur M. Fabrice Pannekoucke. Ce travail d’équipe a également associé nos collègues sénateurs, que je remercie aussi. Ensemble, nous avons œuvré en bonne intelligence pour aboutir au texte qui vous est soumis.La France est désormais en ordre de bataille pour accueillir ces nouveaux Jeux olympiques et paralympiques. Et quel beau projet ! Du sport – naturellement – à la sécurité, des questions financières aux enjeux d’aménagement, du champ de l’urbanisme aux questions sanitaires, c’est toute la chaîne de l’action publique qui sera mobilisée pour assurer la bonne organisation de cet événement planétaire. En effet, le succès ne tombe pas du ciel : il se construit progressivement, avec patience et rigueur.Notre pays aura eu la chance et l’honneur d’accueillir deux olympiades en moins de dix ans et, pour parachever cette décennie olympique, il importe de mobiliser dès maintenant l’ensemble des acteurs concernés et de définir le cadre juridique permettant d’organiser un événement exceptionnel. Cela suppose certaines adaptations du droit commun ; mais comme pour les JOP de Paris 2024 – qui furent un triomphe, n’en déplaise aux esprits chagrins –, ces dérogations sont clairement définies et limitées, selon un double principe de nécessité et de proportionnalité.Je n’entrerai pas dans le détail de l’ensemble des mesures soumises aujourd’hui à notre approbation et me contenterai d’en évoquer quelques-unes. Nous avons tout d’abord porté une attention particulière à la sécurisation financière du projet, en conciliant le respect du contrat hôte et la soutenabilité de l’engagement des régions. Ainsi les régions hôtes pourront, si elles le décident, accorder leur garantie au Cojop en cas de déficit. Les craintes initiales de nos collègues sénateurs ont été entendues et dissipées.Je me réjouis aussi qu’une disposition relative à l’inclusion des athlètes atteints d’un handicap mental ait été retenue dans le texte final. J’avais défendu un amendement en ce sens lors de l’examen du projet de loi en séance. Il était important de l’intégrer : l’organisation des JOP est l’occasion pour la France de défendre un message universel et d’ouvrir encore davantage les portes de l’inclusion.Les JOP 2030 sont pour les territoires concernés une chance formidable. Grâce à ces jeux, les régions hôtes donneront à voir leurs atouts, leurs richesses et leur dynamisme – dont nous sommes tous conscients dans cette assemblée mais qu’il s’agit maintenant de montrer au monde. À ce titre, je me réjouis que nos travaux aient abouti à un compromis sur le traitement des infrastructures nouvelles concernées par le ZAN. Il aurait été injuste que les communes concernées soient pénalisées d’accueillir cet événement mondial et il me semble normal que cet impact soit comptabilisé au niveau national.Nos débats ont montré que lorsque le Parlement dépasse les postures de principe, sans pour autant se démettre ou se renier, il est capable d’être efficace et utile à nos concitoyens. Certains vous diront que cet état d’esprit n’est envisageable dans cette assemblée que lorsque nous légiférons sur des dispositions techniques, à l’abri de la furie médiatique – au fond, lorsque nous avançons sur des sentiers moins politiques. Je répondrai que c’est précisément comme cela qu’il nous faut concevoir la politique, et que c’est précisément l’inverse que les Français rejettent et qui ronge la crédibilité de notre institution.Alors que cet hémicycle sort péniblement de la lessiveuse budgétaire, nous ne pouvons que constater que la stratégie de l’outrance et de l’invective ou le parti pris de la caricature et du buzz, c’est-à-dire la politique politicienne éculée à laquelle certains se sont adonnés jour et nuit avec le dernier des cynismes, n’a fait qu’abîmer encore davantage une assemblée que nos concitoyens jugent déjà sévèrement.Chers collègues, dans quelques instants, nous allons voter mais notre action parlementaire ne fait que commencer. Au-delà des travaux que la commission des affaires culturelles ne manquera pas de mener en son sein, le groupe de travail qui avait été créé pour assurer le suivi de l’organisation des JOP de Paris 2024 a été reconstitué dans la perspective de la préparation des JOP des Alpes françaises 2030. Je ne doute pas qu’il jouera un utile rôle de vigie, voire d’aiguillon, tout au long des quatre ans qui, presque jour pour jour, nous séparent du début des épreuves.J’invite bien entendu l’ensemble de notre assemblée à adopter ce texte, fruit d’un travail approfondi, équilibré et responsable. C’est le début d’une grande aventure qui fera à nouveau rayonner la France et tous ses sportifs. (M. Lionel Duparay applaudit.)
On n’a pas encore annexé l’Italie !
Si on parlait des motions de rejet préalable, figures imposées ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).