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Discours du 21 juillet 2026

Alexandre Portier · Première session extraordinaire 2026 · séance n°23

Que de temps faut-il pour faire triompher une évidence ! Nous y sommes enfin, c’est l’important. Je tiens à saluer le travail de Mme la rapporteure Laure Miller, qui est parvenue à faire aboutir le texte malgré un parcours législatif semé d’embûches et plus long que nous l’aurions voulu. Je salue aussi l’importante contribution de nos collègues sénateurs – notamment celle de Mme la rapporteure Catherine Morin-Desailly et de M. Laurent Lafon, président de la commission de la culture – et bien sûr celle des membres de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, tous bords confondus, qui ont tenu un débat de qualité tant en commission qu’en CMP.

Je me félicite tout particulièrement des échanges en CMP, car ils ont permis de s’accorder sur une rédaction ayant pour principal mérite de prévenir le risque de collision avec le droit européen. Grâce à cet accord, la CMP d’hier a été conclusive et ce texte, si vous le votez, pourra entrer en application à la rentrée prochaine. Il en est temps et il le faut.Il le faut, parce qu’il est urgent de protéger nos enfants – des enfants fragiles, jamais épargnés, qui sont le réceptacle de toutes les dérives de l’époque. De nos jours, ils sont les premiers à souffrir de la violence des adultes, de la malbouffe, d’un environnement dégradé, de pratiques addictives qui explosent, d’un enseignement fragilisé et d’un effondrement moral qui les prive de repères.À cela, il faut ajouter les écrans. Ils envahissent nos vies ; le virtuel grignote peu à peu le réel ; et au cœur de cette révolution se trouvent les réseaux sociaux, qui captent toujours plus tôt l’attention des enfants. Ces derniers passent déjà plus de cinq heures par jour sur les écrans. C’est leur vie qu’on vole à nos jeunes.Avant d’évoquer les dangers des réseaux sociaux, questionnons simplement leur opportunité. Les enfants ont-ils besoin des réseaux sociaux pour bien grandir ? Non ! En réalité, ils grandissent même mieux sans. Produits commerciaux, les réseaux sociaux ont pour seule vocation de générer des profits, et ceux-ci reposent sur des pratiques addictives. À coup de milliards, ces plateformes entraînent de puissants algorithmes destinés à capter notre attention sans relâche.Je veux le dire à tous ceux qui s’inquiètent du respect par les plateformes de l’interdiction que nous nous apprêtons à voter : ce n’est pas au législateur de s’adapter, mais aux plateformes. N’inversons pas les responsabilités. Les plateformes ne peuvent pas avoir les profits sans se plier à des contraintes.Les réseaux sociaux isolent, ils éloignent du réel et enferment nos enfants dans des espaces clos – jungle de contenus parfois violents, inadaptés ou simplement trop durs pour une jeunesse qui a aussi le droit à l’insouciance. Ils les maintiennent les yeux rivés sur des niaiseries qui divertissent sans construire, tout en favorisant les troubles de l’attention ou l’anxiété. Pire, alors que nous souhaitons tous le combattre, ils sont le terrain parfait du harcèlement, et à cause d’eux, des enfants sont pourchassés jusque dans leur chambre, jusque dans leur lit – là où ils devraient être protégés des bruits du monde extérieur, les enfants ne trouvent plus aucun répit.L’heure n’est plus aux hésitations : il faut protéger nos enfants, protéger le temps de l’enfance. Celle-ci est l’âge de la découverte des autres, de la nature et du monde, de l’apprentissage de l’effort, de l’intellect, du jeu. Chaque heure passée sur un écran est une heure sacrifiée.La loi que nous allons voter envoie trois messages. Le premier est pour nos enfants. Il dit clairement ce que nous croyons bon et mauvais pour eux ; c’est notre devoir en tant qu’adultes et en tant que parents. Ensuite, ce texte envoie un signal fort et décisif aux parents : « Vous avez raison de dire non à vos enfants, vous avez raison de vouloir les protéger des réseaux sociaux. Ne cédez pas. »

Enfin, il envoie un signal fort à la Commission européenne. Pour contraindre les plateformes à bloquer l’accès aux enfants, l’Union européenne doit maintenant soutenir l’initiative de la France. Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, les États ont transféré de nombreuses compétences à l’Europe. Nous attendons en échange des avancées rapides du droit communautaire, car c’est bien à ce niveau que nous engagerons le rapport de force le plus efficace avec les plateformes.Naturellement, je me réjouis aussi de l’interdiction du portable au lycée prévue par ce texte, en faveur de laquelle je suis, comme bien d’autres, engagé de longue date. L’école – avec un grand E – doit assumer d’être un véritable espace de désintoxication numérique. Ce sera son honneur que de montrer l’exemple à toute la société, en particulier aux parents.La pause numérique dont nous parlons depuis des années doit s’imposer de 3 à 18 ans, au service des élèves, pour leur permettre de mieux comprendre et de mieux apprendre. C’est le moment de la mettre en place sans ambiguïté.Telles sont les raisons pour lesquelles je vous invite à voter ce texte, par lequel la France s’affirme une fois de plus comme moteur en Europe, comme le pays qui aura eu la force d’inspirer un grand tournant européen. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR, DR et Dem.)

Le texte porte sur l’interdiction des réseaux sociaux !

Et même des philosophes !

C’est faux !

Rien à voir avec le texte !

Jamais entendu parler ! C’est un petit jeune qui se lance ?

Après le numéro de M. Boyard, on reconnaît la mesure de Mme Bourouaha !

Très juste ! Nous sommes d’accord !

Très juste !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).