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Discours du 13 novembre 2025

Alexandre Sabatou · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°49

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C’est dommage !

Comme la dette macroniste, la contribution française à l’Union européenne enfle chaque année un peu plus.Rapporteur à l’époque, je déplorais les 22,3 milliards prélevés sur notre budget en 2024. Mais aujourd’hui, c’est pire : 28,8 milliards prévus en 2026 et 31,2 milliards en 2027. Le projet du nouveau cadre financier pluriannuel n’a visiblement pas prévu d’inverser la tendance, puisqu’il prévoit au contraire de porter la contribution française à 37 milliards.Alors qu’on demande aux Français de faire des efforts – gel des pensions de retraite, gel du barème de l’impôt sur le revenu –, on verse sans compter dans le puits sans fond de Bruxelles. Mais où va tout cet argent ?

Un grand projet de parc nucléaire est-il prévu pour ne plus dépendre du gaz russe ? Une stratégie industrielle commune est-elle prévue pour produire des semi-conducteurs européens et devenir une véritable puissance de l’intelligence artificielle ? Non. Cet argent sert à augmenter les salaires déjà mirobolants des fonctionnaires de Bruxelles.Depuis 2022, leurs rémunérations ont augmenté de 26 %, quand nos fonctionnaires nationaux n’ont vu la valeur du point d’indice augmenter que de 5 % sur la même période. C’est cinq fois moins que leurs homologues européens.Rien ne justifie que les fonctionnaires européens soient mieux rémunérés et mieux indexés que nos agents publics. L’Europe n’a pas vocation à être le paradis fiscal de sa propre administration.Il existe bien d’autres pistes d’économies sur le budget européen : 16,3 milliards sur la diplomatie, qui n’est pas une compétence européenne ; 1,5 milliard sur la défense, qui n’est pas une compétence européenne ;…

…15,8 milliards sur le pacte vert, dont le montant total vient d’ailleurs d’être revu à la baisse grâce à une majorité de patriotes sincères au Parlement européen ; 1,5 milliard pour payer le rabais des voisins.Nous pourrions ainsi réaliser jusqu’à 88 milliards d’économies sur le budget de l’UE, soit potentiellement 16 milliards pour la part française.Abordons ce tabou, chers collègues. Baissons la contribution française à l’Union européenne.Que d’éloges sont faits à propos des pays du nord de l’Europe et de leur sérieux budgétaire. Devinez quoi ? Ils bénéficient tous d’un rabais ! Assez d’angélisme. Après avoir payé leur rabais pendant des années, réclamons enfin le nôtre pour soulager les Français qui travaillent !Nous demandons, au Rassemblement national, une baisse de 8,7 milliards sur le PSR-UE pour retrouver un niveau de contribution nette française plus raisonnable.Comme l’a dit le rapporteur, Mme la ministre a réussi à obtenir une réduction de 1,6 milliard cet été ; c’est donc bien possible. Le demander ne fait pas de nous des frexiters. Cessez vos caricatures, cessez votre angélisme, et ayons enfin ce débat ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Ça n’a rien à voir !

Arrêtez !

Je note, non sans plaisir, que pendant trois ans, le Rassemblement national était le seul à parler de ce tabou que constitue le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne (Exclamations sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et GDR),…

…et que, depuis, notre bon sens a infusé dans l’hémicycle.Chers collègues européistes, j’ai une question : mais où sont les bienfaits de l’Union européenne ? Sont-ils devant nous dans l’hémicycle ? Depuis deux heures que nous discutons de l’article 45, vous avez été incapables de nous donner de bonnes raisons de ne pas baisser la contribution de la France au budget européen. Vous parlez de la PAC, mais depuis quand vous souciez-vous des agriculteurs ? Vous avez travaillé main dans la main avec la Commission européenne pour faire avancer le Mercosur. Et maintenant, vous faites semblant de vous racheter une virginité en vous opposant au dernier moment à cet accord qui va signer la mort de tous nos agriculteurs. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe RN.)Monsieur le ministre, vous expliquez que la France veut mettre fin au système des rabais, mais vous avez échoué ! Dans le cadre d’un budget marqué par la crise financière et le surendettement, après sept années de gestion catastrophique, il serait temps que nos voisins nous donnent un coup de main par solidarité européenne ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe EPR.)

Eh oui !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).