Discours du 28 mai 2026
Alexis Corbière · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°250
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Enfin !
C’est bien, Gosselin !
Monstrueux !
Merci, monsieur Mathiasin, de nous réunir autour de ce texte. Merci à ceux qui ont pris la parole, et en particulier à mon collègue et ami Steevy Gustave, qui non seulement a su trouver les mots, mais les a prononcés avec une émotion traduisant l’horreur de ce dont nous parlons.L’esclavage a frappé 12 à 15 millions de personnes et le Code noir était une infamie parce qu’il traitait des êtres humains comme des biens meubles. Rappelons-nous également son article 38, qui autorisait qu’on coupe l’oreille d’un esclave s’il voulait s’émanciper, qu’on lui tranche le jarret s’il récidivait, et qu’on puisse le mettre à mort s’il récidivait encore.Votre proposition de loi est importante car c’est une nouvelle étape, après le grand texte de Christiane Taubira, pour aller vers la réparation. Cette réparation n’est pas une affaire d’argent ; c’est une question de transmission de mémoire. Nous rendons hommage aux morts, mais nous parlons aux vivants, notamment à la jeunesse, pour leur dire que cette histoire doit être connue, enseignée, transmise, car elle est le symbole d’un imaginaire morbide – celui du racisme et de la discrimination. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et SOC. – M. Marcellin Nadeau applaudit également.)Je voudrais profiter de cette tribune pour rappeler que l’esclavage a été aboli, ici, pour la première fois le 4 février 1794, lors de la grande Révolution française, qui fut non seulement une révolution des droits, mais aussi une révolution anticoloniale et antiesclavagiste. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC ainsi que sur quelques bancs du groupe GDR.)Ne l’oublions pas, cette première abolition ne prévoyait évidemment pas que les maîtres soient dédommagés.Je veux moi aussi citer le nom du grand député Jean-Baptiste Belley, premier esclave noir émancipé (Mêmes mouvements) à prendre la parole à la tribune de la Convention – celle la grande Révolution – et qui a permis que l’esclavage soit aboli.Non seulement nous allons voter ce texte avec force, mais l’hémicycle, l’Assemblée nationale, le Palais-Bourbon doivent garder la mémoire de tout cela. Désormais, une plaque honore le nom de Louisy Mathieu. Mais où est la trace de la première abolition de l’esclavage en 1794 ?C’est pourquoi je forme le vœu que l’on crée des lieux de mémoire dans le pays, notamment un musée de l’histoire de l’esclavage, et que revienne à l’Assemblée nationale le tableau de Jean-Baptiste Belley, ainsi que les noms et les visages de ceux qui, s’appuyant sur la révolte des esclaves, ont combattu l’esclavage et contribué à son abolition ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs des groupes SOC et GDR.)
Pour ce qui est de l’amendement, notre groupe fait confiance au rapporteur. Mais je tiens à vous dire deux choses. Premièrement, ce que nous faisons a non seulement une portée juridique, mais aussi, et surtout, une portée politique. Tout à l’heure, j’ai évoqué le fait que les associations réclamaient la création d’un musée de l’histoire de l’esclavage afin de transmettre le souvenir de cette époque dans toute sa complexité. Notre pays compte 1 200 musées nationaux et près de 5 000 musées, mais il n’y en a pas un qui soit consacré à l’esclavage, pourtant reconnu par notre assemblée, il y a vingt-cinq ans, comme crime contre l’humanité ! L’étape suivante de cette reconnaissance, c’est donc, selon moi, la création d’un musée dédié. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et SOC.)Deuxièmement, je voudrais revenir sur le rétablissement de l’esclavage et de ses horreurs par Napoléon Ier. Cette décision ne doit pas être effacée de l’histoire du Premier Empire : elle doit être enseignée. Je suis gêné par les nombreux lieux qui célèbrent Napoléon Ier sans aucun recul critique. Le Premier Empire, c’est non seulement la fin de la Révolution française, mais c’est aussi le rétablissement de cette ignominie que nous nous apprêtons à abolir définitivement. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS.)
Je suis déjà venu ! Vous n’étiez pas encore député !
Quelle honte !
Nous avons un débat d’ordre historique. Le député Odoul a osé dire ici que Napoléon avait aboli l’esclavage. À quoi fait-il référence ? Au fait que, durant les Cent-Jours, à la suite du Congrès de Vienne et sous la pression des Britanniques qui avaient eux-mêmes aboli la traite des esclaves, mais aussi sous la pression des Prussiens, Napoléon a aboli, non pas l’esclavage, mais la traite – apprenez que ce n’est pas la même chose.
Nous ne tolérerons pas ce négationnisme historique !
Napoléon a rétabli l’esclavage. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.) Jamais – et si vous êtes lecteur de Napoléon, vous le savez – il n’a regretté le rétablissement de l’esclavage. Je répète que c’est durant les Cent-Jours, et sous la pression des Britanniques, qu’il a décidé la fin de la traite – une mesure qui n’a eu aucun effet. Ne mentez pas, cela vous déshonore ! (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)
Bravo Max !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).