Discours du 15 décembre 2025
Alexis Jolly · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°93
C’est un fait : la France va organiser les Jeux olympiques et paralympiques. Face à cet événement historique, l’extrême gauche ne trouve rien de mieux à faire que de déposer une motion de rejet – que de refuser de débattre, de travailler et de prendre ses responsabilités.L’obstruction est devenue votre seule ligne politique : bloquer plutôt que construire, empêcher plutôt que préparer, contester plutôt que gouverner.Nous ne nous y trompons pas, ce n’est pas faute de projet que vous refusez ce débat. Votre projet, au contraire, nous le connaissons parfaitement : remise en cause du ski, remise en cause des voitures, remise en cause de l’activité économique, remise en cause de l’emploi, remise en cause de l’hébergement, remise en cause, au fond, de la possibilité même de vivre et de travailler dans nos territoires. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Derrière cette motion se cache une idéologie qui rêve d’une montagne sanctuarisée, figée, muséifiée, d’une montagne où l’on interdit et où l’on renonce, d’une montagne dont les habitants s’entendent dire qu’ils doivent disparaître au nom de dogmes hors-sol. Ne faites pas semblant de découvrir cette tragédie. Vous bloquez à Paris et vous déléguez le blocage, dans les terroirs, à des réseaux associatifs politisés, coupés des réalités locales mais sachant empêcher efficacement toute action. (Mme Marie Pochon s’exclame.) Cette stratégie, ni écologique ni démocratique, n’est qu’hostilité profonde envers les territoires.Nous voulons que les Français puissent apprécier pleinement l’opposition entre votre vision, faite de décroissance imposée et de culpabilisation permanente, et la nôtre, fondée sur le travail, l’activité,…
…l’innovation et la confiance accordée aux territoires comme à ceux qui y vivent.
Nous voulons parler de sécurité, de financement, de maîtrise de l’argent public, de mobilité et de transport adaptés aux réalités de la montagne, de logement, d’hébergements pour les habitants et pour les saisonniers. Nous voulons parler de l’héritage concret des Jeux pour nos territoires et nous voulons parler d’environnement, enfin, mais avec pragmatisme et sans idéologie. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Tout cela, vous le refusez. Ces jeux sont une opportunité pour la France et ses territoires. Ils méritent un débat sérieux, loin des postures idéologiques. Nous voterons contre la motion de rejet.
Lorsque nous débattons de ce projet de loi, il serait tentant de le réduire à un simple cadre juridique pour accueillir les Jeux olympiques. Ce serait une erreur. Les Jeux, pour la France, dureront quinze jours, mais pour les Alpes, ils représenteront un avant et un après. Ils auront été l’objet de choix lourds, irréversibles parfois, et traceront l’avenir de nos vallées pour une génération entière. Ils diront si nous avons choisi d’accompagner la montagne française ou de la laisser s’affaiblir sous le poids de ses contraintes, qui sont nombreuses.Les Alpes ne sont pas un territoire comme les autres. C’est un espace où chaque décision est plus complexe, plus coûteuse et plus lente ; où les pentes, l’altitude, les risques naturels, la rareté du foncier et les exigences climatiques rendent le moindre projet d’aménagement plus difficile que partout ailleurs. C’est un territoire où le logement manque, où les infrastructures vieillissent vite faute d’entretien, où les travailleurs saisonniers n’arrivent plus à se loger, où les mobilités souffrent d’un retard structurel et où la ressource en eau devient un sujet vital.Dans ce contexte, la première exigence de ce texte devrait être de rendre de la liberté d’action aux collectivités. Trop de normes, trop de rapports et trop de procédures superposées ont transformé l’action locale en un parcours semé d’embûches. Lorsque l’administration exige une étude supplémentaire, puis un rapport complémentaire, puis une consultation additionnelle, ce ne sont pas des précautions : ce sont des mois perdus, parfois des années. Et pendant ce temps, les projets attendent, les financements stagnent et les habitants s’impatientent. Nous devons sortir de cette logique où l’État multiplie les documents sans prendre de décisions. C’est le sens des propositions que nous défendrons pour accélérer les autorisations et réduire les délais d’instruction.J’insiste également sur la nécessité de protéger les communes contre les recours abusifs. La montagne n’est pas un terrain neutre. Comme toujours, lorsqu’il s’agit de projets structurants, elle est devenue la cible de contentieux idéologiques menés par la gauche pour bloquer les infrastructures nécessaires.
Qu’il s’agisse d’un parking, d’une piste, d’un télésiège modernisé, d’un réseau d’eau potable ou d’un accès de secours, il suffit aujourd’hui d’un recours des professionnels de l’agitation pour paralyser tout un chantier.Vient ensuite la question de l’écologie, la vraie, celle qui s’enracine sur le terrain et non dans les slogans. La montagne sait depuis longtemps que l’eau est sa richesse la plus fragile. Sans eau, il n’y a ni agriculture, ni tourisme, ni vie locale, ni compétitions sportives. Les retenues collinaires, la gestion intelligente des volumes stockés, l’usage optimisé de la neige de culture, alimentée par de l’eau de pluie ou de fonte, forment aujourd’hui un système cohérent, maîtrisé et exemplaire. Ces infrastructures ne sont pas des excès : elles sont des outils d’adaptation.
Elles doivent être mieux expliquées, mieux régulées, mieux accompagnées, mais sûrement pas diabolisées.Tout aussi centrale est la question des mobilités. Ces jeux doivent être l’occasion d’un rattrapage historique car les Alpes françaises souffrent d’un retard massif : lignes saturées, axes vieillissants, absence de services rapides, interconnexions insuffisantes, dépendance excessive à la voiture. Il nous faut aussi affronter avec lucidité la question du logement.
Dans de trop nombreuses vallées, les travailleurs saisonniers, les professionnels du tourisme, des pistes, de la sécurité, de la restauration et de la santé, ne trouvent plus à se loger.
Si nous voulons des Jeux réussis, il faut que ceux qui les feront tourner puissent aussi vivre dignement. Ces jeux doivent être l’occasion de renforcer l’offre de logement pérenne pour les habitants et les salariés.Enfin, nous devons penser la montagne comme un territoire innovant. L’héritage olympique doit être numérique et énergétique autant qu’infrastructurel.Mes chers collègues, au fond, tout converge autour d’une même idée : les Jeux de 2030 doivent être un acte de confiance envers la montagne – envers ses habitants, envers ses élus, envers ceux qui y vivent toute l’année et qui en connaissent les contraintes mieux que quiconque. Nous devons leur rendre les moyens d’agir, leur donner les outils pour accélérer, leur fournir les dispositifs pour se protéger contre les abus et leur offrir une vision claire pour les décennies qui viennent.Les enjeux de ce projet de loi sont cruciaux pour la montagne. Les enjeux économiques et de développement sont énormes, tout comme ceux liés à l’image et à la promotion de la France à l’étranger, dans une période où notre nation a bien besoin de redorer son prestige.
Ce sera une occasion inespérée de donner une image fière et digne de notre pays, lorsque Marine Le Pen, présidente de la République, inaugurera ces jeux en 2030. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Ce projet de loi doit aider les Alpes à se renforcer, il doit permettre de libérer les énergies locales plutôt que de les contraindre davantage, et il doit faire des Jeux de 2030 non pas une parenthèse brillante, mais le moment fondateur d’une transformation profonde. Ce sera notre ambition tout au long de ce débat. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).