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Discours du 20 juillet 2026

Alexis Jolly · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21

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Je préviens nos collègues : ils s’apprêtent à entendre des mots qu’ils trouvent particulièrement désagréables. Nous allons en effet parler d’économie,…

…d’hébergement, de tourisme, de stations de ski, de retenues collinaires et de canons à neige. Comme vous peinez à aborder ces sujets, je comprends que vous souhaitiez abréger les débats. Pour notre part, nous voterons contre cette motion de rejet ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – M. le rapporteur applaudit également.)

La montagne n’est ni un décor de carte postale, ni un parc d’attractions à ciel ouvert : c’est un territoire où l’on vit, où l’on travaille, où l’on entreprend, où l’on élève des enfants. C’est précisément parce qu’elle est vivante qu’elle mérite une politique à la hauteur des enjeux. Ce débat présente l’intérêt d’avoir enfin remis la montagne au cœur des préoccupations de notre assemblée. Trop souvent, elle est traitée comme un sujet secondaire, alors qu’elle est un formidable moteur économique, touristique, agricole, énergétique et industriel pour notre pays.Le groupe Rassemblement national votera ce texte parce qu’il comporte des avancées utiles et répond à plusieurs attentes exprimées depuis longtemps par les élus de montagne. Toutefois, nous le ferons sans triomphalisme, car il n’est pas à la hauteur des défis auxquels nos massifs sont confrontés. Certes, il améliorera certaines choses, mais il ne dessine pas encore l’ambition que la montagne française mérite.Tout au long de nos débats, nous avons rappelé une évidence : la montagne n’est pas un territoire comme un autre. En raison de l’altitude, du relief, du climat, des difficultés d’accès, des coûts de construction, du manque de foncier, des longues distances, tout y est plus compliqué, plus long et plus coûteux. Pourtant, malgré ces contraintes, la montagne avance. Elle produit une énergie indispensable à notre souveraineté. Elle nourrit notre pays grâce à son agriculture et à son pastoralisme. Elle accueille des millions de touristes venus du monde entier. Elle fait vivre des milliers d’artisans, de commerçants, de PME, d’entreprises qui créent de l’emploi dans toutes les montagnes. Autrement dit, la montagne n’est pas un territoire sous perfusion : c’est un territoire qui crée de la richesse.

C’est justement pour cette raison qu’elle ne peut plus être corsetée par des règles pensées à Paris, comme si une commune de montagne fonctionnait exactement comme une commune de plaine. Depuis des années, les élus locaux voient les difficultés naturelles auxquelles ils font face aggravées par une inflation de normes, de procédures, d’études, de recours. Résultat : des logements qui ne sortent jamais de terre, des infrastructures qui prennent des années de retard, des investissements abandonnés, des entreprises qui renoncent et des saisonniers qui ne peuvent plus se loger. Voilà la réalité de nombreux territoires de montagne.Pourtant, au cours de nos débats, nous avons une nouvelle fois entendu une partie de la gauche défendre une logique toujours semblable. À les écouter, chaque remontée mécanique serait une menace pour l’environnement, chaque retenue d’eau une catastrophe écologique,…

…chaque logement une artificialisation insupportable et chaque investissement privé devrait faire l’objet d’une suspicion permanente. À force de dire non à tout, on finira surtout par empêcher ceux qui vivent en montagne aujourd’hui d’y vivre encore demain. Nous refusons cette écologie du refus permanent. Nous croyons possible de protéger la montagne sans condamner son développement. Préserver n’a jamais voulu dire figer. Les premiers protecteurs de la montagne sont ceux qui y vivent : les agriculteurs, les éleveurs, les forestiers, les élus locaux, les entrepreneurs et tous ceux qui, chaque jour, entretiennent ces territoires. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Ils n’ont aucune leçon à recevoir de ceux qui voudraient transformer la montagne en un sanctuaire où plus rien ne serait possible.Les défis restent immenses. Le logement est une urgence, le désenclavement une nécessité et le secteur touristique doit continuer à investir et à se réinventer pour rester compétitif face à nos voisins. Nos stations doivent moderniser leurs équipements, nos entreprises investir plus facilement, nos collectivités retrouver des marges de manœuvre. Surtout, nous devons enfin faire confiance aux élus locaux plutôt que de leur imposer toujours davantage de contraintes.Oui, nous voterons ce texte parce qu’il apporte quelques réponses utiles. Mais ne nous racontons pas d’histoires : il n’est pas encore à la hauteur des grands défis qui attendent la montagne française. Le logement, le désenclavement, l’investissement touristique, la compétitivité de nos stations, la simplification administrative, l’adaptation au changement climatique : voilà les véritables chantiers qui restent devant nous.La montagne française mérite mieux qu’une succession de petits ajustements : nous lui devons une véritable ambition nationale, car une montagne qui investit est une montagne qui innove, une montagne qui innove est une montagne qui crée de l’emploi, et une montagne qui crée de l’emploi est une montagne qui reste vivante. Le RN continuera à promouvoir cette ambition. Nous avons même la volonté de remettre bientôt le sujet sur la table, car si ce texte a des qualités, il ne permettra pas pour autant à la montagne de libérer son plein potentiel. Nous refusons de la réduire à de simples paysages que l’on contemple. Nous voulons qu’elle reste faite de territoires où l’on vit, où l’on travaille et où l’on construit l’avenir. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).