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Discours du 29 avril 2026

Alix Fruchon · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°214

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L’enquête effectuée par l’Ifop en janvier 2025 pour France Bénévolat montre une baisse continue du taux d’engagement bénévole – tous types de bénévolat confondus : il est passé de 40 % en 2013 à 34 % en 2025. Le bénévolat associatif comptait 13 millions de personnes en 2013 contre 12 millions en 2025, soit une perte de 1 million de bénévoles.Or les associations jouent un rôle absolument essentiel pour la vie de nos quartiers, de nos villes et de nos territoires ruraux. Vecteur de lien social indispensable, elles occupent une place essentielle dans les domaines clés de la vie quotidienne des Français, notamment en milieu rural.Leur présence dans les domaines les plus difficiles de l’action sociale impose que soient reconnus les services rendus à la collectivité par les bénévoles qui s’engagent, dans un esprit de civisme et de citoyenneté, au service de leurs concitoyens.Les bénévoles contribuent largement, par leur expérience et par leur investissement personnel, à la construction d’un monde plus juste et solidaire, à l’animation de nos villes, de nos quartiers, de nos villages, au renforcement du lien social et à l’attractivité de nos territoires. Je vous invite d’ailleurs à venir dans l’Indre pour le constater. Dans mon département, nous avons la chance de disposer d’un tissu associatif très développé et nous nous devons – comme dans tous les territoires – de protéger cette richesse.Piliers locaux, les associations traversent une crise qui s’exprime de différentes manières : baisse de l’engagement bénévole, transformation et baisse des financements publics, hausse des charges et complexification des démarches administratives.Dans nos territoires, les associations sont le dernier maillon de la chaîne quand il n’y a plus rien d’autre. Elles animent les villages, accompagnent les publics fragiles, soutiennent les familles, luttent contre l’isolement, la précarité et les violences, contribuent à l’éducation populaire ainsi qu’à la protection et à la restauration de notre patrimoine, créent du lien entre les générations, favorisent les pratiques sportives et invitent la culture partout, dans tous les territoires.La crise de l’engagement bénévole à laquelle nous sommes confrontés est très préoccupante. Il convient donc, comme vient de le souligner ma collègue, de réinterroger notre ambition s’agissant du milieu associatif, de simplifier le quotidien des associations et de susciter ainsi l’engagement. C’est d’ailleurs le sens de la proposition de loi que j’ai déposée et qui est signée par des députés issus de différents groupes parlementaires. Elle vise à intégrer les périodes de bénévolat dans le calcul de la retraite au moyen d’une bonification : un trimestre supplémentaire serait accordé par tranche de dix ans d’engagement.Ces constats me conduisent à poser plusieurs questions.Comment donner des horizons financiers stables et pluriannuels aux associations ? Ne faut-il pas renforcer les fonds de soutien pour les associations très locales ?Comment centraliser, grâce à un outil efficace, les procédures de demandes de subvention afin que les associations ne soient plus obligées de remplir cinq dossiers différents – ce qui représente une charge réelle – lorsqu’elles recherchent des financements pour une même action ?Comment l’État interprète-t-il le manque de bénévoles et comment faire renaître l’envie de s’engager dans les associations ? Êtes-vous prêts à réfléchir à la possibilité d’accorder aux bénévoles des trimestres supplémentaires pour leur retraite ?Plus largement, ne faudrait-il pas envisager un programme choc pour nos associations, un plan national qui aborderait l’ensemble des enjeux et dans lequel serait identifié un ensemble de solutions concrètes et utiles ? Ne faut-il pas également réfléchir à un pack assurance qui couvrirait tous les besoins des associations ? Ce point constitue un enjeu important car nombre d’assurances ne souhaitent plus couvrir certains événements ni le prêt de matériel par des bénévoles, matériel pourtant indispensable à l’organisation desdits événements.On voit également se développer le recours à la sécurité privée afin d’assurer le bon fonctionnement des manifestations – de fait, il devient malheureusement obligatoire. Cette sécurité apportée aux visiteurs et participants a un coût certain, ce qui conduit, hélas, de nombreuses associations ou comités des fêtes à limiter le nombre de manifestations annuelles.Notre mot d’ordre est donc le suivant : libérons les associations, encourageons-les et écoutons-les.Vous le savez comme nous tous, la valeur ajoutée créée par les associations représente environ 3,5 % du PIB national. Elles concentrent plus de 9 % de l’emploi privé en France et génèrent un budget annuel de plus de 113 milliards. Elles assurent des missions de service public et d’intérêt général, des missions sociales, culturelles, éducatives et festives que l’État ne pourrait pas financer, notamment au vu de l’état des finances publiques. La préservation de ce tissu présente donc un intérêt majeur.Nous sommes, toutes et tous, conscients que, si nous ne faisons rien, ces associations – et, avec elles, les droits qu’elles protègent – risquent de disparaître et que, si cette menace devenait réalité, le prix à payer serait élevé. Voilà pourquoi nous demandons que notre travail parlementaire soit pris en considération et que la proposition de loi que nous défendons soit inscrite à l’ordre du jour – comme d’ailleurs tous les textes relatifs au bénévolat. Nous pourrons ainsi ouvrir un débat essentiel et, à l’arrivée, adopter un texte ambitieux, à la hauteur des attentes du monde associatif, pour une relance du bénévolat, partout en France.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).