Discours du 25 novembre 2025
Anchya Bamana · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°69
Le principe de continuité territoriale a vocation à garantir un fonctionnement régulier du service public. À Mayotte, ce principe n’est pas abstrait ; c’est une question de dignité et de survie quotidienne.Quelques exemples démontreront combien l’égalité républicaine est encore loin d’être garantie.En matière d’accès à l’eau, à Mayotte, des milliers d’habitants vivent avec des coupures quotidiennes, quand elles ne durent pas trois ou quatre jours d’affilée. Or l’accès à l’eau potable constitue la première marche, la base de tout : lorsqu’il n’existe pas, tout le reste vacille.En matière d’accès à la santé, à Mayotte, plus grand désert médical de la nation, les évacuations sanitaires vers La Réunion ou l’Hexagone restent la norme, avec leur lot de désagréments pour les familles séparées. Or la santé n’est pas un plus, mais un droit fondamental.En matière d’accès à l’éducation, à Mayotte, le manque de salles de classe a entraîné la scolarisation dite par rotation des élèves du premier degré : une exception au sein de la nation. Ce système donne aux enfants à peine quatre heures de cours par jour ; dans ces conditions, comment parler d’égalité des chances ?Enfin, en matière de desserte aérienne, seules deux compagnies se posent à Mayotte, créant une situation de quasi-monopole ; les prix augmentent, la disponibilité des places est aléatoire, l’accès au territoire devient difficile. L’ouverture du ciel mahorais à d’autres compagnies est freinée par des obstacles administratifs. Résultat : Mayotte reste un territoire enclavé.Madame la ministre, ces exemples sont clairs : à Mayotte, la continuité territoriale ne constitue pas un acquis, mais une promesse non tenue.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).