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Discours du 8 juillet 2026

Andrée Taurinya · Première session extraordinaire 2026 · séance n°7

Il va dans le même sens que ceux de mes collègues. Vos amendements tendent à renforcer des pouvoirs exorbitants de sanction administrative qui s’exercent sans passer par le juge – mais on a bien compris, et on l’a vu hier, que les juges et la justice ne vous intéressaient pas…Je veux dire à tous les autres collègues qui se réjouiraient à l’idée de rétablir l’article 1er que les premières inquiétudes qu’expriment auprès de nous les habitants de nos circonscriptions n’ont certainement pas à voir avec les produits pyrotechniques, les mortiers ou les feux d’artifice. Ils se préoccupent bien plutôt de l’état de l’hôpital, des suppressions de classes et de l’absence de rénovation des logements, qui sont de vraies passoires thermiques. C’est de cela que nous aimerions parler ici plutôt que de perdre notre temps à étudier encore un texte hyper-répressif, qui va tout à fait dans le même sens que les dispositions que nous examinions hier. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Nous voulons supprimer les peines de prison prévues en cas de non-respect de la première décision de dessaisissement. Monsieur le ministre, je vous invite à lire plus régulièrement les rapports de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté : la France connaît une « catastrophe pénitentiaire » ! Vous semblez l’oublier, ou préférez l’ignorer, mais en janvier 2026, notre pays a encore été condamné pour les conditions indignes de détention de ses prisons. Le 1er juin dernier, on comptait 7 600 matelas au sol dans les maisons d’arrêt. Les peines de prison de six mois et un an prévues par l’article concerneront justement les maisons d’arrêt, ce qui ne fera qu’aggraver la situation ! La densité carcérale est de 173 % dans ces établissements. En un an, du fait de votre politique, ils ont accueilli plus de 4 400 détenus supplémentaires. Tel est votre bilan, dans le contexte carcéral que nous connaissons… Mais non, vous, vous ne le connaissez pas ! Les députés de mon groupe sont les seuls à visiter régulièrement les prisons (Exclamations sur quelques bancs du groupe EPR)…

…et les maisons d’arrêt pour vérifier les conditions dans lesquelles vivent les détenus. Il est urgent de permettre aux détenus de vivre dans des conditions dignes ! C’est la honte de notre pays ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Certainement pas !

« Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l’air pur. » Voilà le message publicitaire qui invitait les jeunes, en 1969, à se rendre au premier grand festival de Woodstock. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)À Woodstock, au départ, les organisateurs avaient prévu seulement 50 000 participants payants, mais ils ont rapidement été dépassés par l’ampleur du mouvement. Pourquoi ? Parce qu’à cette époque, marquée par la guerre du Vietnam, la jeunesse avait profondément envie de rêver. Ainsi, au lieu des 50 000 participants prévus, le festival en a finalement accueilli 500 000. Vous vous rendez compte ? Aujourd’hui aussi, alors que nous subissons un gouvernement répressif, la jeunesse a besoin de rêver. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Je vous invite à y réfléchir. C’était en 1969, peut-être certains s’en souviennent-ils. Moi, j’étais toute petite, mais j’en ai beaucoup entendu parler. Des chanteurs célèbres s’y sont produits. (Exclamations sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.) Regardez comment vous réagissez quand je parle de Woodstock ! Ce festival avait vocation à faire passer un message de paix.

Les jeunes d’aujourd’hui aussi aspirent à parler de paix et sont attachés à la protection de l’environnement, notamment ceux qui participent à des rave-parties. Cela me donne l’occasion de souligner vos contradictions : vous dénoncez le fait que les terrains sont dégradés après les rave-parties, mais qui saccage réellement l’environnement ? Ce sont vos politiques ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).