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Discours du 16 juin 2026

Angélique Ranc · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°271

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Je souhaite attirer votre attention sur la situation du canal reliant Conflans-sur-Seine à Nogent-sur-Seine, sur une portion d’environ 13 kilomètres. Ce canal est aujourd’hui dans un état de dégradation qui inquiète fortement les habitants, les agriculteurs, les riverains et les élus locaux. Depuis plusieurs années, des dysfonctionnements importants sont signalés : fuites, ouvrages vétustes, envasement, obstructions, végétation envahissante et difficultés de régulation du niveau de l’eau. Ces désordres ont des conséquences très concrètes : des parcelles agricoles entières sont fragilisées ou rendues difficilement exploitables, ce qui entraîne des pertes économiques pour les exploitants. Les infiltrations d’eau sont telles que certaines terres agricoles et forestières, auparavant saines et exploitables, sont devenues de véritables marécages.Les agriculteurs évoquent ainsi des dizaines d’hectares de terrains sous l’eau ou des terrains trop humides pour planter et récolter. Déjà fortement touchés par la conjoncture actuelle, ces exploitants ne peuvent pas, en plus, supporter les conséquences d’un défaut durable d’entretien des canaux. Par ailleurs, le problème n’est pas seulement agricole : les variations brutales du niveau de l’eau perturbent aussi les milieux aquatiques, menacent certaines espèces piscicoles et inquiètent les pêcheurs. Enfin, les bois qui bordent le canal, habituellement fréquentés pour la chasse, sont devenus impraticables. Cette situation complique la régulation du gros gibier – les sangliers notamment – et peut entraîner, indirectement, de nouveaux dégâts sur les cultures.Ces difficultés rappellent une évidence : même si l’entretien de ce canal n’est plus considéré comme prioritaire, car il n’est plus navigable, il continue de jouer un rôle essentiel pour l’équilibre agricole, écologique et hydraulique local. Certes, des représentants de Voies navigables de France (VNF) se sont récemment rendus sur place afin de recenser les points de fragilité du linéaire. Même si cette démarche était nécessaire, elle confirme surtout que le problème est connu et identifié, et qu’il ne peut plus être traité par de simples interventions ponctuelles. Cette situation risque de surcroît de compromettre ou de retarder certains projets d’aménagement envisagés par les collectivités du secteur.Monsieur le ministre, dans ce contexte, je souhaite vous poser trois questions simples. Premièrement, quels moyens l’État entend-il mobiliser pour garantir un entretien durable et efficace de ce canal ? Deuxièmement, comment le gouvernement compte-t-il accompagner les agriculteurs directement affectés par ces dysfonctionnements ? Enfin, plus largement, quelle est la stratégie de l’État concernant les canaux aujourd’hui considérés comme non prioritaires, mais qui jouent un rôle essentiel pour les territoires et leurs équilibres hydrauliques ?

Je vous remercie, monsieur le ministre. Vous ne m’avez pas répondu concernant les agriculteurs. Au vu des éléments dont vous avez connaissance, l’État a-t-il engagé une réflexion sur la possibilité d’accompagner ces derniers face à des dégradations dont ils ne sont pas responsables ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).