Discours du 2 avril 2026
Anne Bergantz · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°191
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Dans un moment comme celui-ci, la procédure cesse d’être un outil parlementaire pour devenir une insulte à la gravité du sujet que nous devons traiter. La Nouvelle-Calédonie, encore meurtrie par les émeutes de 2024, nous regarde et mérite mieux. Quel spectacle lui offrons-nous ? Celui d’une double dérobade : d’un côté, cette motion de rejet, qui voudrait évacuer un débat pourtant nécessaire ; de l’autre, pas moins de 3 298 amendements déposés, dont une grande partie relèvent clairement de l’obstruction, pour noyer le texte.Ce blocage n’est pas une politique ; c’est une absence de courage et un renoncement au débat. Comment ne pas souligner d’ailleurs l’incroyable hypocrisie de nos collègues de La France insoumise dans leur démarche d’obstruction ? En commission des lois, nous vous avons entendus, de nombreuses heures durant, donner des leçons de méthode. Vous dénonciez le manque d’écoute et vous exigiez du temps pour que le Parlement puisse examiner sereinement ce texte. Hier encore, vous dénonciez le manque de respect pour les élus ultramarins ayant organisé leur présence dans l’hémicycle pour un texte qu’aujourd’hui vous appelez à congédier en moins d’une demi-heure. (Exclamations sur les bancs du groupe GDR.) Et que dire du cynisme du groupe Rassemblement national, qui s’apprête à voter cette motion pour des raisons diamétralement opposées à celles de la gauche ? En réalité, votre point commun est d’assumer le blocage.Le groupe Les Démocrates est à l’inverse particulièrement attaché à l’esprit de négociation qui a prévalu, permettant aux différentes forces en présence de se mettre autour de la table pour négocier les accords de Bougival et Élysée-Oudinot. Aujourd’hui, les mesures proposées ne font pas l’unanimité, mais sur des sujets aussi fondamentaux que la création de l’État de Nouvelle-Calédonie au sein de la République, le transfert de la souveraineté et de compétences régaliennes, ou encore le dégel du corps électoral, la représentation nationale ne peut balayer le débat d’un revers de la main. L’obstruction n’est pas un acte de résistance, quoique vous en pensiez ; c’est la capitulation de la pensée. Nous rejetons cette motion pour faire le seul choix qui vaille, celui du débat. (Applaudissements sur les bancs des groupes Dem et EPR.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).