Discours du 23 juin 2025
Anne Le Hénanff · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°251
Je prends la parole pour exprimer la position de mon groupe, Horizons & indépendants, mais aussi en qualité de rapporteure pour avis de la commission de la défense. J’ai ainsi eu l’occasion d’examiner de près les tenants et aboutissants de ce traité qui, pour résumer, revêt un caractère cardinal pour notre pays.Plus qu’un nouveau traité, il s’agit surtout d’une nouvelle version du précédent incluant des avancées significatives. Tout d’abord, sa durée de validité est doublée, passant de dix à vingt ans. J’y vois pour ma part la marque de la confiance accordée par les Djiboutiens à notre pays. Ensuite, la coopération entre les armées françaises et les forces armées djiboutiennes sera renforcée au plus haut niveau, grâce à la création d’un comité militaire de dialogue stratégique dont l’objectif est de tenir compte d’enjeux communs en la matière.En outre, le nouveau traité étend le champ de la coopération avec les autorités djiboutiennes en matière de sécurité intérieure et de santé. Ces évolutions permettront d’inclure les forces de sécurité intérieure de Djibouti dans le champ de la coopération bilatérale et d’étendre aux civils djiboutiens le partenariat sanitaire existant entre les deux pays.Par ailleurs, les emprises nécessaires aux missions opérationnelles de la France sont maintenues, voire augmentées, et notre capacité en matière d’entraînements est préservée. Certaines emprises non opérationnelles seront restituées en totalité ou pour partie – notamment l’îlot du Héron, qui le sera à hauteur de 40 % en réponse à une demande ancienne des Djiboutiens. Enfin, la contribution forfaitaire dont la France est redevable connaît une augmentation significative, passant de 30 à 85 millions d’euros par an, ce qui témoigne de la volonté de la France de maintenir avec Djibouti un partenariat équilibré et respectueux.Notre groupe ne peut que saluer la conclusion de cet accord entre les deux pays. Le traité est équilibré et gagnant-gagnant, car il donne de la prévisibilité et de la stabilité aux deux parties en codifiant un certain nombre de pratiques, en clarifiant les procédures et en allongeant sa durée de validité. Les commissions de la défense et des affaires étrangères ont adopté le projet de loi à la quasi-unanimité, sans qu’aucun groupe ne vote contre. J’y vois le signe que les membres de notre assemblée ont parfaitement compris le caractère stratégique de ce traité de défense, conclu avec un pays ami de la France, partenaire unique et indispensable de notre pays. J’en ai acquis la conviction et l’ai mesuré à chaque instant à l’occasion d’une mission de la commission de la défense que j’ai effectuée sur place en avril avec mon collègue Yannick Favennec-Bécot, président du groupe d’amitié France-Djibouti – que je salue.Je profite de ma présence à la tribune pour rendre un hommage appuyé aux militaires et aux diplomates français en poste à Djibouti. Au-delà des enjeux de stabilisation de la situation régionale, on ne mesure pas toujours pleinement combien leur engagement dans cette partie du monde est essentiel pour la souveraineté de notre pays, qu’il s’agisse de la sécurisation du trafic en mer Rouge, dans le cadre de la stratégie française dans la zone indo-pacifique, ou de l’accès à nos territoires ultramarins. Ainsi, c’est notamment grâce aux militaires installés à Djibouti que nous avons pu venir en aide à Mayotte après le passage du cyclone Chido en décembre dernier.Monsieur le ministre, j’achèverai mon propos en formulant le vœu que la coopération entre la France et Djibouti ne se limite pas à la défense. Nous devons impérativement renforcer à Djibouti notre action en matière de francophonie, tout particulièrement à l’intention des jeunes. La langue française est un trésor que les deux pays ont en partage, comme me l’ont indiqué avec force les députés djiboutiens avec lesquels je me suis longuement entretenue lors de mon séjour sur place. Nous devons tout faire pour le conserver.Vous l’aurez compris, le groupe Horizons & indépendants votera évidemment en faveur du projet de loi, car il y va de l’intérêt de nos armées, du partenariat franco-djiboutien et, plus largement, de notre pays. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR. – M. le rapporteur, Mme Laurence Robert-Dehault et M. Yannick Favennec-Bécot applaudissent également.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).