Aller au contenu
vie-politique.fr

Discours du 10 février 2026

Anne Sicard · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°144

Le lecteur officiel de l'Assemblée peut afficher son propre bandeau de cookies à l'ouverture — c'est le portail de l'Assemblée qui l'affiche, pas ce site ; fermez-le pour voir la vidéo.

Comme cela a été exposé, Parcoursup est une machine grippée. Si cette plateforme est devenue une boîte noire indéchiffrable, c’est aussi parce que nous lui demandons l’impossible : orienter des élèves que l’on refuse de sélectionner. En effet, la première limite de notre système d’orientation, c’est l’effondrement de la valeur du baccalauréat. Avec 91 % de réussite globale et 96 % pour le bac général, ce diplôme qui était un outil de sélection s’est transformé en un simple certificat de présence. Pendant trente ans d’égalitarisme éducatif, on a préféré baisser la barre plutôt que d’élever le niveau. L’introduction massive du contrôle continu a achevé de dissoudre toute exigence. Or un 15/20 à Henri IV ou à Louis-le-Grand ne vaut évidemment pas un 15/20 reçu dans un lycée d’éducation prioritaire. C’est là le paradoxe le plus accablant : Parcoursup ne prend même pas en compte les notes du baccalauréat, et l’affectation repose sur le dossier scolaire, qui n’a rien de comparable d’un établissement à l’autre.Le baccalauréat, c’est pourtant la promesse républicaine d’une épreuve nationale anonyme, identique pour tous. Il est aujourd’hui doublement humilié, vidé de son exigence par le contrôle continu, puis ignoré par l’algorithme censé orienter nos lycéens. On fait croire à chaque bachelier qu’il est apte aux études dites supérieures. Pire, certains établissements, sous la pression, gonflent les notes pour ne pas confronter leurs élèves à leur niveau réel. L’échec de plus d’un étudiant sur deux en première année n’est que le résultat de la politique du bac pour tous, autrement dit, de la réussite pour personne !Ma question est donc simple : continuerons-nous à financer ce gâchis humain ou allons-nous enfin restaurer l’exigence nationale pour orienter nos forces vives vers les filières scientifiques et technologiques, dont la souveraineté française dépend ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).