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Discours du 29 avril 2026

Anne Sicard · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°214

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« Associations en crise » : voilà le titre que les députés écologistes ont cru devoir donner à ce débat. Je vais leur rendre service et le traduire dans le français de M. et Mme Tout-le-monde : « Associations de gauche en crise ». Si c’est bien là le sujet, permettez-moi de vous dire que c’est une excellente nouvelle, parce que la France doit cesser de subventionner ses adversaires. Enfin, le voile commence à se lever sur ce que finance, depuis des décennies, l’État français au nom du tissu associatif. Cinquante-trois milliards d’euros ! C’est l’Inspection générale des finances (IGF) qui le dit : 53 milliards d’euros partent chaque année dans une galaxie associative qui n’a plus d’associatif que le nom et qui prospère sur la sueur du contribuable français.Alors que vous nous expliquez que le pays est au bord du gouffre et qu’il faut toujours plus serrer la ceinture des Français, alors qu’on ferme des maternités, des classes et des lits d’hôpital, alors qu’on demande toujours plus aux travailleurs de ce pays, à tous ceux qui se lèvent tôt et qui se couchent tard pour faire vivre la France, on n’a jamais fermé le robinet des subventions aux associations comme la Ligue des droits de l’homme ; on n’a jamais coupé un centime au Mouvement associatif ni au Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep) ; on n’a jamais retiré son agrément au Groupe d’information et de soutien des immigré.es (Gisti), dont les avocats défendent devant le Conseil d’État la Jeune Garde de Raphaël Arnault, groupement violent d’extrême gauche qui a été dissous ; on n’a jamais cessé de financer le Planning familial, qui, avec notre argent, avec l’argent des familles françaises, ose afficher des hommes enceints et des femmes à barbe pour faire la promotion de l’idéologie du genre auprès de nos enfants. Voilà ce que la République finance et ce que nos impôts paient. Voilà votre bilan !

J’ai pourtant proposé d’agir. Lorsque j’ai auditionné, en commission des affaires culturelles, les dirigeants du Cnajep et du Mouvement associatif, j’ai entendu de leur bouche le récit assumé d’un militantisme financé par l’argent public. J’ai donc déposé, dans la foulée, un amendement tendant à supprimer 40 % de leurs subventions, soit 259 070 euros. La majorité l’a rejeté. Qu’importe ! Nous reviendrons, autant de fois qu’il le faudra. Je rappelle qu’il y a quelques mois, j’ai obtenu, sur ces mêmes bancs, le retrait du financement public au média d’extrême gauche StreetPress, qui se vantait d’organiser, avec l’argent du contribuable, une campagne anti-RN avant les municipales. Quand l’État cesse de financer ses adversaires, les Français s’en portent mieux.Ne nous mentons pas. Quand vous évoquez le tissu associatif, vous parlez en réalité de deux France que tout sépare. Il y a la France réelle, celle du Vexin, des villages, de ces millions de Français qu’on n’invite jamais aux grands colloques sur la vie associative. Cette France-là, elle existe. Elle se lève le matin pour aller travailler, elle paie ses impôts et, le soir venu, elle entre dans la salle des fêtes pour préparer la kermesse. Elle s’occupe de la chorale paroissiale. Elle entretient le cimetière communal. Elle anime le club du troisième âge. Elle visite les anciens à l’hôpital. Elle organise le loto pour les pompiers. Elle est la France – et c’est elle que l’on saigne pour entretenir l’autre France, celle qui a oublié qu’elle vivait de l’argent des Français. Il y a donc la France qui paie et la France qui touche ; la France qui se tait et la France qui hurle ; la France qui sert ce pays et celle qui s’en sert.Ce que nous finançons aujourd’hui, ce n’est plus l’indépendance des associations, c’est leur dépendance ; ce n’est plus la société civile, c’est une nomenklatura subventionnée qui se sert de l’argent des Français pour leur imposer une idéologie qu’ils rejettent.Madame la ministre, j’ai deux questions à vous poser.La première : la Ligue des droits de l’homme, qui a attaqué le gouvernement en justice à Sainte-Soline, aux côtés de ceux qui frappaient les gendarmes, et qui s’est portée au secours de la Jeune Garde devant le Conseil d’État, doit-elle continuer à recevoir un demi-million d’euros des Français ?

La seconde : êtes-vous prête à conditionner toute subvention publique à une stricte neutralité politique, idéologique et partisane des associations bénéficiaires, afin que pas 1 euro des Français ne finance la propagande,…

…le militantisme et les officines au service d’un seul camp ?

Ces questions sont simples, mais elles sont, à elles seules, le procès de quarante années de lâcheté.

Pas toute, madame la ministre !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).