Discours du 15 juillet 2026
Annie Genevard · Première session extraordinaire 2026 · séance n°14
Vous soulignez à juste titre la place grandissante de l’animal dans les foyers français. Les propriétaires demandent légitimement que leurs animaux soient mieux pris en charge et qu’ils accèdent aux meilleurs soins possibles. Je rappelle que la profession vétérinaire est libérale et réglementée. Ses tarifs sont libres. Elle obéit par ailleurs à un code de déontologie garanti par l’Ordre. C’est dans ce cadre qu’exercent les vétérinaires, qui font face à une attente grandissante du public. Face à la pénurie généralisée de vétérinaires, le gouvernement n’est pas resté inactif. Il travaille à une feuille de route pour améliorer le maillage vétérinaire : l’objectif est de permettre à tout détenteur d’un animal d’accéder plus facilement à un vétérinaire de proximité et de qualité. Nous avons aussi augmenté les effectifs des écoles vétérinaires et nous avons donné aux collectivités les outils juridiques permettant de soutenir l’installation de vétérinaires, comme pour les médecins généralistes. Nous finançons une cellule nationale d’appui au maintien du maillage vétérinaire. Par l’habilitation sanitaire, qui vise à prévenir les maladies dans les élevages, nous finançons le dispositif des vétérinaires sentinelles à travers le versement d’un forfait. Enfin, dans le projet de loi d’urgence agricole, nous avons prévu un délit d’outrage contre les vétérinaires, parfois victimes d’agressions inadmissibles. Cette profession essentielle a toute l’attention du gouvernement, soyez-en persuadé, car nous mesurons la place de l’animal dans la vie de nos concitoyens.
Comment pouvez-vous (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS), dans le moment que vivent nos agriculteurs,…
…parler de l’appropriation et du détournement de l’eau au profit de l’agriculture ?
Oui, de l’accaparement. Comment osez-vous utiliser ce terme, alors même que la France est le pays le plus pluvieux de toute l’Europe, que des milliers d’hectares ont été ensevelis sous de l’eau l’hiver dernier,…
…et qu’il était possible d’en stocker une petite quantité pour pouvoir répondre aux périodes de sécheresse au cours desquelles les agriculteurs n’y ont plus accès ?Comment osez-vous caricaturer ce projet de loi,…
…alors même que les objectifs du gouvernement sont très clairs : augmenter la capacité de stockage et renforcer la protection de la ressource dans les aires de captage.
Si la représentation nationale n’était pas au rendez-vous de l’attente des agriculteurs,…
…vous condamneriez les Français à avoir dans leur assiette, pour l’essentiel, une alimentation importée.
Vous expliquerez alors aux uns et aux autres le bien-fondé de votre politique. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur plusieurs bancs des groupes EPR, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Enfin, je vous rejoins sur un point : le stockage de l’eau, à l’évidence, n’est pas la seule réponse.
Je sais qu’il existe de nombreuses réponses agronomiques et de nouvelles techniques génomiques qui amélioreront la résistance à la sécheresse. Mais nous n’échapperons pas à la question du stockage, faute de quoi l’agriculture que vous prétendez défendre mourra. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR, sur plusieurs bancs du groupe EPR ainsi que sur quelques bancs des groupes Dem et LIOT.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).