Discours du 22 juin 2026
Annie Vidal · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°278
Mais nous allons tous mourir !
C’est pourtant vrai !
Je n’interviens pas au nom de mon groupe, mais à titre personnel : je soutiens ces amendements de suppression. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)En premier lieu, au cours des consultations, des débats citoyens comme parlementaires, le maître mot a été l’éthique – l’éthique en vue de trouver une conception alternative de notre devoir d’humanité. Éthiquement, accompagnement vers une mort provoquée et accompagnement jusqu’au dernier souffle seraient une même démarche. À titre personnel, je le répète, je m’interroge.En deuxième lieu, dans l’étude d’impact associée au projet de loi – la proposition de loi n’y donnant pas lieu –, à la question de l’impact sur les personnes en situation de handicap figurait la mention « sans objet ». Cela m’inquiète : certaines associations ont démontré, sans contestation possible, l’impact discriminatoire qu’aurait ce texte sur les personnes fragiles ou fragilisées qui rencontrent quotidiennement des difficultés d’accès aux soins.Enfin, si je respecte l’autonomie des personnes qui demandent la mort, la nécessaire solidarité avec elles, on ne peut pour autant considérer que cette demande ne produirait pas d’effets collatéraux sur les soignants, les aidants. Je considère donc que ce texte fragilisera une société déjà à bout de souffle. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes RN, DR et UDR.)
L’amendement vise à supprimer l’article 2, qui est le cœur du dispositif puisqu’il crée le droit à la mal nommée aide à mourir en autorisant le recours à une substance létale et, surtout, en instituant l’irresponsabilité pénale pour les participants à ce geste létal. Ce faisant, il franchit la ligne entre le « laisser mourir » et le « faire mourir ».
Il transgresse ainsi l’interdit fondamental de donner la mort, qui n’est pas une conception archaïque : c’est le socle de la confiance entre un patient et son médecin, mais aussi celui de la confiance des personnes fragiles envers la société. (Mme Justine Gruet applaudit.)
Oui !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).