Discours du 24 mars 2026
Anthony Boulogne · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°177
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Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran engendre des conséquences désastreuses sur les marchés énergétiques, avec une flambée des cours mondiaux du pétrole et du gaz. La recrudescence des tensions au Moyen-Orient concerne également le marché des matières premières stratégiques, notamment la bauxite, dont est extrait l’aluminium. Cette région assure en temps normal 9,5 % de la production mondiale d’aluminium. Le blocage du détroit perturbe à la fois les importations de bauxite et les exportations d’aluminium. Ces perturbations se traduisent par une hausse du prix de l’aluminium à la bourse des métaux de Londres. En parallèle, la Guinée, qui représente environ 40 % de l’offre mondiale de bauxite, a décidé de restreindre ses volumes d’exportation afin de limiter la disponibilité de la ressource et provoquer ainsi une hausse des cours.Le conflit au Moyen-Orient et la décision guinéenne risquent d’entraîner des tensions sur les chaînes d’approvisionnement en bauxite et en aluminium, des matières premières critiques et stratégiques pour l’industrie française. L’aluminium est en effet notamment utilisé dans l’automobile, dans l’agroalimentaire, dans l’aéronautique et dans la défense. Il est en outre essentiel au développement des infrastructures de réseau électrique.L’aluminium est stratégique pour notre souveraineté industrielle. L’État doit donc disposer d’une stratégie digne de ce nom pour sécuriser l’approvisionnement des filières industrielles.Quelles mesures comptez-vous prendre pour réduire l’exposition de l’industrie tricolore aux tensions actuelles sur le marché de la bauxite et de l’aluminium ?Afin de réduire la dépendance de la France et du continent européen, la question de l’extraction doit maintenant être posée. Notre pays dispose d’un potentiel minier en partie inexploité, notamment en Guyane. Des investissements sont-ils prévus pour accompagner les projets miniers sur le sol français ?Il y a urgence à simplifier les démarches administratives. Il faut en effet cinq ans en moyenne pour obtenir tous les titres nécessaires au lancement d’un projet de mine. Que comptez-vous faire pour simplifier ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).