Discours du 18 février 2026
Antoine Golliot · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°156
Il vise à substituer au droit « à l’aide à mourir » le droit « aux soins jusqu’à la mort naturelle ». Le droit est fait pour protéger, pas pour permettre aux gens de mettre fin à leurs jours. Notre rôle de législateur est de garantir à chacun le droit de vivre, d’être soigné et accompagné jusqu’à son dernier souffle. Face à la souffrance, la réponse doit être le soin. La médecine est là pour soulager, apaiser, soutenir. Les soins palliatifs permettent déjà d’accompagner dignement les personnes en fin de vie. Or aujourd’hui, nous l’avons dit et répété lors de la discussion sur le précédent texte, les soins palliatifs ne sont pas accessibles à tous. C’est un véritable problème d’égalité.Avant même de penser à légiférer sur un accompagnement vers la mort, offrons à chaque Français la possibilité d’un accompagnement en soins palliatifs. Car derrière les demandes de mort formulées par les patients, il y a souvent des peurs – la peur de souffrir, d’être seul, d’être un poids – ; notre rôle est d’y répondre par de la solidarité, par de l’accompagnement, et non par l’abandon.Cet amendement que je vous invite à adopter, réaffirme que notre devoir est d’accompagner la vie jusqu’à son terme naturel. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Avant de créer un nouveau droit, aussi grave et irréversible que le droit à mourir, regardons d’abord ce qui se passe dans la réalité. La demande de mort n’apparaît généralement pas sans raison. Elle est très souvent liée à des souffrances mal prises en charge ou à des douleurs insuffisamment soulagées, à la solitude, à l’angoisse ou à la détresse psychologique, ou encore à l’impossibilité d’avoir accès à des soins palliatifs. Dans bien des cas, ce que l’on interprète comme une volonté de mourir est surtout un appel à être soulagé, accompagné, entouré. Notre priorité devrait être de combler les manques que j’ai évoqués car, lorsque la souffrance est correctement traitée, lorsque la personne est entourée, écoutée et soutenue, les demandes de mort reculent très fortement.Or, aujourd’hui, l’égalité d’accès aux soins palliatifs est loin d’être assurée. Selon les territoires, selon les établissements, selon les situations sociales, l’accompagnement de la fin de vie peut être très complet ou très insuffisant. La responsabilité de la puissance publique est de garantir partout un accès réel au traitement de la douleur, aux équipes spécialisées, au soutien psychologique et à l’accompagnement humain. La vraie urgence n’est pas de créer un nouveau droit ; la vraie urgence est de faire fonctionner pleinement ce qui existe déjà. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).