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Discours du 9 juillet 2026

Antoine Léaument · Première session extraordinaire 2026 · séance n°10

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Je ne me souviens plus de son numéro : il s’agit de l’article qui précise que vous devez donner les avis de la commission et du gouvernement pour chaque amendement. Vous avez dit, pour l’amendement no 889 du gouvernement, que l’avis de la commission était favorable ; or l’avis favorable était celui du rapporteur à titre personnel, la commission ayant voté contre – je me réjouis d’ailleurs que l’Assemblée ait fait de même. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

Quel manque de cohérence !

Vous êtes de droite !

C’est vraiment dommage !

Allez Paris !

Monsieur le ministre, vous mentez ; ce n’est pas bien. Vous avez dit qu’après l’adoption de l’amendement de notre collègue Ian Boucard, vous ne pouviez plus prendre d’arrêté d’interdiction. Vous le pouvez toujours ; simplement, cet amendement impose de préciser que l’interdiction concerne uniquement des personnes qui peuvent représenter un danger. C’est ce que nous avions demandé. Nous aurions préféré supprimer cette disposition qui nous semble excessive, mais désormais vous êtes au moins contraint de préciser et de motiver. C’est normal quand on défend l’État de droit et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.Nous souhaitons la suppression de l’amende forfaitaire délictuelle, parce que nous craignons que, sur la base d’arrêtés préfectoraux moyennement motivés, des policiers n’utilisent l’occasion pour interpeller des gens et ne les contraignent à un choix : payer l’amende ou aller au tribunal. On sait très bien que les gens préfèrent payer plutôt qu’aller au tribunal, alors qu’en l’occurrence, ils ne sont peut-être pas concernés par l’arrêté.Je vous demande donc de supprimer l’extension des AFD au délit prévu par l’article 4 bis A, sinon, des gens qui, grâce à l’amendement de Ian Boucard, n’auraient pas été concernés par l’arrêté d’interdiction risquent de faire l’objet se voir infliger des amendes.

C’est son anniversaire ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)

Comment ça « Oh là là » ?

La voix du Parti de la liberté !

Changez de disque !

Sur celui de l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et sur celui du préambule de la Constitution de 1946. Certes, l’article 17 consacre le droit de propriété, mais il le limite aussi, « lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige ». (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)Quant au préambule de la Constitution de 1948, il dispose : « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.« Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. »Autrement dit, s’il y a un problème de squat, c’est de votre faute ! (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)

Vos réactions à l’intervention de notre collègue Louis Boyard nous donnent une once d’espoir. Nous espérons que vous ressentez, comme nous, un pincement au cœur quand vous voyez des personnes qui vivent et qui dorment dans la rue.Ce pincement au cœur, certains d’entre vous l’éprouvent encore, même s’il est vrai que la société capitaliste nous oblige à nous blinder chaque fois que nous voyons des gens dans la rue et que nous nous disons que nous ne pouvons pas nécessairement faire la petite chose qui les aiderait. (Protestations sur les bancs du groupe EPR et sur plusieurs bancs du groupe RN.)Eh bien, finalement, vos réactions me laissent penser que vous n’en avez rien à faire et que vous êtes convaincus de mener une bonne politique. J’essayais de vous offrir une sortie positive et humaniste mais, à l’évidence, vous savez parfaitement ce que vous faites !J’ai eu la faiblesse de penser que, peut-être, vous voudriez appliquer de grands principes. Ici, à l’Assemblée nationale, nous pourrions faire en sorte que chacun ait un toit au-dessus de sa tête, en construisant des logements, en faisant baisser le prix du logement, en augmentant les salaires, en permettant à chacun d’avoir un emploi et, puisque la société capitaliste n’y pourvoit pas, en appliquant la règle magnifique que nous proposons, avec Jean-Luc Mélenchon, dans notre programme : faire de l’État l’employeur en dernier ressort.

L’État employeur en dernier ressort, cela signifie que l’État s’engage à permettre aux individus qui le souhaitent d’occuper un emploi lorsque la société ne le permet pas.Voilà comment, par des mesures concrètes et efficaces, nous pourrions faire respecter, comme me le soufflait mon collègue Ugo Bernalicis, les grands principes énoncés dans le préambule de la Constitution de 1946. Édictés au sortir de la guerre contre les nazis, ils doivent éviter que la société s’engouffre de nouveau dans le fascisme.Que voyons-nous aujourd’hui ? La montée du fascisme n’est pas un hasard : elle est aussi le fruit de la pauvreté et du fait que nous ne luttons pas assez contre elle ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.)

Nous voyons bien que s’affrontent deux visions de la société.

Vous, vous considérez que les problèmes sont individuels : si je me retrouve sans logement, c’est de ma faute ; je n’avais qu’à avoir le capital, qu’à trouver un travail, qu’à faire des études, qu’à faire mieux dans ma vie… (Protestations sur les bancs du groupe EPR.)Vous protestez, mais que faites-vous pour les personnes qui se retrouvent effectivement à la rue et sans emploi ?

Vous, lorsqu’une personne se débrouille comme elle peut pour avoir un toit une nuit en s’installant dans un logement ou dans un commerce vide, vous l’expulsez de force.

Vous n’avez rien fait pour elle, mais vous l’expulsez de force !Pour nous, devant une telle situation, la solution n’est pas l’expulsion, parce que la responsabilité de la société est collective : c’est collectivement que nous avons échoué à donner un toit à la personne qui squatte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – M. Benjamin Lucas-Lundy applaudit également.) J’ajoute que les responsables de cette situation sont ceux qui ont accaparé la richesse, notamment la richesse immobilière.Robespierre disait (Protestations sur les bancs du groupe EPR. – Exclamations sur les bancs du groupe RN) – écoutez bien ses mots : « Nul n’a le droit d’entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim. » Oui, c’est de Robespierre, l’inventeur de la devise Liberté, Égalité, Fraternité !

Monsieur Salmon, député du Rassemblement national, il faut que les électeurs de votre parti le sachent : lorsque nous parlons du logement ou du pouvoir d’achat, les députés du Rassemblement national hurlent avec les députés macronistes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je veux que cela soit su à l’extérieur de cet hémicycle ! (Plusieurs députés du groupe LFI-NFP ainsi que M. Benjamin Lucas-Lundy se lèvent et continuent d’applaudir. – Exclamations sur les bancs du groupe RN. – Brouhaha.) Quant à nous, avec Jean-Luc Mélenchon, nous ferons en sorte dès l’année prochaine que chacun ait non seulement un toit, mais aussi un emploi et un salaire dignes pour faire vivre sa famille. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

M. Le Fur n’a pas parlé du tout !

Sur le fondement de l’article 70, alinéa 2, sur les scènes tumultueuses… (Mme la présidente coupe le micro de l’orateur.)

Salement, c’est Salmon !

L’article 70, alinéa 3, que je vais prendre le temps de lire pour vous montrer à quel point le rappel au règlement se justifie : « Qui se livre à une mise en cause personnelle, qui interpelle un autre député ou qui adresse à un ou plusieurs de ses collègues des injures, provocations ou menaces […] ».J’ai entendu de la part de M. Gillet les mots suivants : « La gauche, vous êtes du côté des délinquants. »

Nous avons réagi de manière un peu vive compte tenu du fait que la présidente Le Pen porte un bracelet électronique à son pied. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Exclamations sur les bancs du groupe RN.)

Oh là là !

C’est vous, le légume !

Quant à vous, vous débloquez !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).