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Discours du 21 juillet 2026

Antoine Valentin · Première session extraordinaire 2026 · séance n°23

Ce texte arrive à l’Assemblée nationale dans un contexte que nous connaissons tous : le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire municipal de la gauche parisienne et le meurtre de la jeune Lyhanna. Cette actualité tragique, suscitant une honte et un dégoût légitimes chez nos concitoyens, a obligé le gouvernement à inscrire – à retardement – ce projet de loi à l’ordre du jour.Nous avons déjà reconnu les avancées de ce texte mais nous en avons aussi dénoncé les manquements. Permettez-moi d’élargir un instant notre regard, car ce débat n’est pas seulement technique. Il procède d’une histoire plus longue, et cette histoire mérite d’être rappelée sans détour.Jack Lang, Foucault, Deleuze, Aragon, Glucksmann, le fameux couple Sartre-Beauvoir : en tout, soixante-neuf intellectuels de gauche, qui sont encore vos maîtres à penser, ont apposé leur signature au bas d’une tribune visant à décriminaliser la pédophilie publiée dans Le Monde. C’était il y a quarante-neuf ans et alors, en 1977, une partie de l’intelligentsia soixante-huitarde acclama cette tentative comme le paroxysme du progrès.Ce texte présentait comme une émancipation ce que notre code pénal nommait, à juste titre, un crime. La presse dite progressiste – celle qui vous encense toujours, Libération en tête – accompagna avec complaisance cette entreprise pendant de nombreuses années.Que dire des agissements et des écrits d’hommes comme Gabriel Matzneff et Daniel Cohn-Bendit, figure des écologistes français, deux personnalités de votre petit monde culturel et politique ? (M. Olivier Fayssat applaudit.)

Vous les avez défendus et élus, acclamés et récompensés, alors qu’ils rapportaient dans des ouvrages publiés des scènes qu’aucune décence ne devrait autoriser à décrire comme des jeux : les actes qu’ils ont eus avec des enfants.Cette histoire n’est pas une calomnie que nous inventerions. Elle est écrite, signée, publiée. Et, à gauche, vous poursuivez son écriture. (Mme Marianne Maximi, rapporteure, fait « non » de la tête.) Elle appartient à la mémoire d’une partie de la gauche française, celle-là même qui voudrait nous donner des leçons de vigilance.

Depuis soixante ans, vos théories, vos représentations, vos figures baignent dans la plus immonde des hontes, la pédophilie, que vous avez tenté de recouvrir du vernis du progressisme, sacro-saint tampon de la modernité.

Heureusement, rien n’y fait : la pédophilie reste et restera la plus grande des infamies aux yeux du peuple français.Comme l’écrivit Victor Hugo, « l’enfant s’appelle l’avenir », et nous le protégerons avec toutes nos forces contre tous les dangers, y compris celui qu’une partie d’entre vous peut représenter. Cette généalogie n’est pas un accident du passé que l’on pourrait réduire à l’air du temps d’une décennie révolue.

Elle s’est prolongée dans cet hémicycle, il y a quelques jours à peine, quand quarante et un députés de gauche ont voté contre l’article 11 de ce texte, celui qui portait à la perpétuité la peine encourue par les auteurs de viols en série commis sur des mineurs de moins de 15 ans.On nous dira qu’il s’agissait de prudence juridique ou du refus d’un prétendu populisme pénal. Je veux croire à la sincérité de chacun mais je me rappelle aussi Tom Dubois, ancien candidat de La France insoumise, ou encore Pierre-Alain Cottineau, lui aussi candidat LFI dans le Loir-et-Cher,…

…mis en examen pour des viols avec tortures sur une fillette handicapée de 4 ans dont il avait la garde comme assistant familial. (« Quelle honte ! » sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN.)Nous voterons ce texte parce qu’il contient des mesures utiles et attendues, mais notre vote favorable ne saurait valoir absolution.

Une loi qui protège vraiment les enfants doit avoir le courage de nommer ce qui a failli, hier comme aujourd’hui, avant de proposer ce qui doit changer. En 2027, les Français devront choisir entre ceux qui continuent de minimiser la menace pédophile et ceux qui portent avec exigence la protection et la fermeté envers les enfants. C’est ce que Marine Le Pen incarne depuis des années sur ces bancs. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UDR et RN.)

La protection de l’enfance ne se décrète pas dans l’urgence médiatique. Elle se construit dans la constance, et c’est cette constance que notre famille politique continuera d’incarner. (Applaudissements sur les bancs des groupes UDR et RN.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).