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Discours du 3 février 2026

Antoine Vermorel-Marques · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°138

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C’est quoi le lien avec l’écologie ?

Avant tout, je souhaite, au nom du groupe Droite républicaine, rendre hommage à la professeure d’un collège de Sanary-sur-Mer qui a été violemment poignardée par un élève de sa classe cet après-midi. Je pense à elle, à ses proches, à ses collègues et à toute la communauté éducative, profondément choquée. Quand un enseignant risque sa vie en entrant dans une salle de classe, ce n’est pas seulement une violence individuelle, c’est un effondrement collectif. C’est l’autorité de l’école qui vacille et c’est la République qui recule.S’agissant de cette proposition de résolution européenne, nous sommes ici pour parler d’une décision. Une seule décision, prise par un seul homme, dans un seul bureau, un seul matin. Une décision qui peut tuer des gens. Pas dans dix ans, pas dans un avenir flou et théorique, mais maintenant. Les États-Unis représentaient 73 % du financement mondial de la lutte contre le VIH/sida. Le président Donald Trump a décidé, en un coup de plume, de retirer cette enveloppe, entièrement, brutalement, sans transition, sans plan B, sans égard pour ceux qui survivaient grâce à ces fonds.Les organisations internationales sonnent l’alerte : les décès pourraient être multipliés par six à la suite de cette décision. Six fois plus de morts, six fois plus de vies brisées, six fois plus de familles endeuillées. Nous sommes ici, dans cette assemblée, pour décider si nous resterons sans réponse.Certains pensent peut-être que le VIH et le sida sont de l’histoire ancienne, une maladie du passé, un problème résolu. Laissez-moi leur rappeler les chiffres. Plus de 630 000 personnes sont mortes du VIH en 2023. La mortalité a certes baissé de moitié depuis 2010 – grâce aux traitements antiviraux –, mais écraser le virus ne veut pas dire l’avoir éliminé. C’est lui avoir laissé un sursis conditionnel. Et ce sursis conditionnel, on vient de le couper.Les États-Unis étaient – until now, comme ils disent – le pays le plus généreux du monde en matière d’aide sanitaire internationale. Nous pouvions leur reprocher beaucoup de choses, nous pouvions élever la voix contre leur politique, leurs positions, leurs erreurs mais, à ce sujet, sur la vie, sur les soins, ils étaient exemplaires. Aujourd’hui, ce même pays est celui qui retire la main, celui qui coupe les robinets, celui qui en un geste condamne des centaines de milliers de personnes à mourir – non par négligence, non par oubli, mais par choix.On ne répond pas à un choix par du silence. On doit répondre par un autre choix : un choix d’engagement. La France n’est pas n’importe quel pays dans cette histoire. La France est le pays où le VIH a été découvert, où Luc Montagnier a identifié le virus pour la première fois. Nous sommes la patrie de Pasteur, la patrie de la science, la patrie de ceux qui se sont battus pour que la vie l’emporte sur la mort. Si nous ne réagissons pas, si nous regardons sans bouger cet effondrement, nous trahissons cet héritage. Nous trahissons chaque chercheur qui a consacré sa vie à ce combat – et plus personnellement, je trahirais ma famille. La patrie de Pasteur ne peut rester passive face à l’obscurantisme sanitaire. Elle doit se lever. Elle doit agir.Cette proposition de résolution européenne est claire dans ses objectifs. Elle demande à l’Union européenne de faire de la lutte contre le VIH une priorité stratégique de son prochain budget pluriannuel. Elle invite le gouvernement à mobiliser toutes les ressources pour combler le vide laissé par le retrait américain. Pour les femmes, pour les hommes, pour les enfants, pour ceux qui restent, le groupe Droite républicaine votera en faveur de ce texte, parce que ce n’est pas une question partisane, mais une question de vie. (Applaudissements sur les bancs des groupes DR et EPR. – M. Joël Bruneau applaudit également.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).