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Discours du 16 janvier 2025

Antoine Villedieu · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°70

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« Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. C’est un projet conscient, théorisé, politico-religieux, qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République, qui se traduit souvent par la constitution d’une contre-société […]. C’est l’endoctrinement et, par celui-ci, la négation de nos principes […]. » Ces mots, vous pourriez croire qu’ils viennent des rangs du Rassemblement national. Eh bien non. Ces mots ne sont pas les nôtres, mais ceux d’Emmanuel Macron, prononcés lors du discours aux Mureaux en octobre 2020. Mais que reste-t-il à présent de ces déclarations si ambitieuses ? Rien, ou si peu. Comme souvent avec le gouvernement, les discours sont flamboyants, mais les actes s’effacent devant la réalité.La loi censée protéger notre République du séparatisme n’a pas été à la hauteur. Elle n’a pas frappé là où il le fallait : sur les réseaux, les financements opaques et les acteurs de cette idéologie. Non, cette loi a préféré multiplier les contraintes pour ceux qui respectent déjà nos valeurs républicaines. Le gouvernement, au lieu de se concentrer sur les véritables lieux de radicalisation, s’égare dans des démarches bureaucratiques stériles.Pendant ce temps, on voit prospérer des écoles clandestines, des lieux où l’on enseigne l’obscurantisme, où l’on conditionne des esprits à rejeter la liberté, l’égalité et la fraternité. Ces établissements sont des foyers d’endoctrinement. Et que fait l’État ? Des contrôles épars, des fermetures exceptionnelles. Une action bien timide face à une menace croissante. Il est désormais évident que l’école est une cible prioritaire pour le fondamentalisme islamiste. L’assassinat de Samuel Paty, dont nous portons encore la douleur, en est le rappel le plus tragique. Plutôt que de cibler ces foyers d’endoctrinement, la loi dont nous débattons s’en est prise à des familles respectueuses des lois. Des milliers de parents qui choisissent l’instruction en famille pour des raisons légitimes se retrouvent stigmatisés, harcelés. Ces familles doivent désormais se justifier pour répondre à des règles absurdes. Et tout cela, pourquoi ? Parce que l’État est incapable de surveiller les individus qui détournent l’instruction à domicile pour échapper à l’école de la République.Camus nous a prévenus : « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. » C’est précisément ce que fait cette loi. Elle rate sa cible ; elle ne lutte pas contre le séparatisme, mais crée de l’injustice.Quant aux enseignants, que cette loi prétendait protéger, ils continuent de subir seuls des pressions, des contestations violentes, des remises en cause incessantes. Un sondage Ifop révèle que près d’un professeur sur deux choisit de s’autocensurer par peur des représailles. Oui, des professeurs de la République française, dans leur propre classe, ont peur d’enseigner la laïcité, d’aborder le fait religieux, d’encourager l’esprit critique.Et parlons de ce fameux contrat d’engagement républicain, présenté comme une mesure phare. Qu’a-t-il produit, concrètement ? Quatre subventions seulement retirées en plusieurs années. Voilà toute l’efficacité de ce dispositif !Pendant ce temps, les financements étrangers continuent d’affluer vers des associations opaques. Des fonds venus de régimes théocratiques financent des lieux où l’on prêche la haine et le rejet de nos valeurs. Et qu’a prévu cette loi pour y répondre ? Des sanctions faibles, dérisoires. Pas de confiscation de biens, pas de dissolution immédiate des structures.La République, si elle veut survivre, ne peut reculer ni transiger sur ses principes. Nos efforts doivent se concentrer sur les véritables foyers du séparatisme. Nous devons renforcer les contrôles sur les établissements clandestins et les lieux de culte qui propagent des idéologies contraires à nos valeurs. Nous devons exiger une transparence totale des financements des associations et agir rapidement lorsque ces financements servent à alimenter la haine.L’État doit agir avec précision. Cette loi, telle qu’elle existe aujourd’hui, n’est pas un rempart contre le séparatisme, mais un aveu d’impuissance. C’est la démonstration que le macronisme préfère les effets d’annonce à l’action réelle. Monsieur le ministre auprès du ministre de l’intérieur, il est temps de changer de cap, d’agir avec courage et détermination, car si nous n’agissons pas maintenant, ce sont nos libertés, notre unité nationale et la République qui en paieront le prix. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).