Discours du 11 février 2026
Arnaud Bonnet · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°146
En tant que parlementaires, lors de l’élaboration d’un budget, nous n’avons pas la capacité de supprimer, par exemple, une niche fiscale lorsque nous discutons de la première partie, relative aux recettes, en ayant la certitude que les fonds libérés par cette suppression seront investis dans un autre poste lors de la discussion de la deuxième partie, relative aux dépenses. Cela signifie que toute décision tendant à défamilialiser les bourses est à la main du gouvernement.J’en viens à ma question, relative à un sujet qui tient à cœur au groupe GDR, à l’initiative de notre débat, les outre-mer. Quand on est parlementaire, il peut être très difficile d’accéder aux données sur ce sujet. Pouvez-vous nous fournir des informations concernant les bourses étudiantes dans les outre-mer ?
Nous avons précédemment reçu des représentants de l’Unef, et je souhaite reprendre certains de leurs chiffres, car l’étude annuelle effectuée par l’association est intéressante. L’augmentation du coût de la vie étudiante à la rentrée 2025 est de 4,12 %, ce qui porte l’évolution du coût de la vie étudiante depuis 2017 à + 31,88 %, sans commune mesure avec l’évolution des bourses. La réforme des bourses avait été annoncée par le gouvernement au plus fort de la mobilisation contre la réforme des retraites, et je rappelle qu’une augmentation du budget des aides sociales étudiantes de 500 millions d’euros dès la rentrée 2023 avait été promise. Pourtant, en janvier 2024, le système des bourses n’avait été abondé que de 117 millions d’euros et le programme budgétaire Vie étudiante de 220 millions d’euros. Il manquait donc 280 millions d’euros. Où sont-ils passés ?Vous avez affiché la volonté de poursuivre la réforme des bourses pour lutter contre la précarité étudiante, mais cette réforme a été suspendue en juillet. Sera-t-elle abandonnée ? En tant que parlementaire, je le sais pour avoir proposé un amendement, nous n’avons pas la possibilité de déplacer une niche de la partie recettes du budget à la partie dépenses. Serons-nous obligés d’attendre encore un an et l’élection présidentielle ? Il y a urgence.S’agissant de la linéarisation, je suis intéressé par les chiffres que vous donnez, car notre estimation était bien inférieure aux 450 millions que vous citez. Nous préconisons plutôt une défamiliarisation, objet de l’amendement que j’ai proposé au projet de loi de finances. Quel est votre avis sur la défamiliarisation ?S’agissant du repas à 1 euro, les montants évoqués sont inférieurs à 100 millions d’euros, nous n’allons donc pas nous extasier quand les étudiants ont faim. Rappelons les chiffres, on compte près de 900 points de restauration pour 3 millions d’étudiants, nous allons donc au-devant de sérieuses difficultés, d’autant qu’il est estimé que la fréquentation pourrait augmenter de 15 à 20 % à la suite de l’instauration du repas à 1 euro. Des moyens pérennes seront indispensables. Enfin, comment faire dans les zones blanches qui ne contiennent pas de points de restauration ?
Dans certaines filières, les étudiants peuvent avoir à suivre trente-cinq heures de cours dans la semaine, ce qui représente l’équivalent d’un temps plein professionnel. Je tenais à le rappeler, pour l’avoir moi-même vécu. Et certains étudiants doivent travailler la nuit pour compenser ! C’est une réalité.Revenons au sujet de la santé mentale, qui nous inquiète tout particulièrement du fait du manque de professionnels de soin. Les dernières études réalisées par des syndicats étudiants révèlent que 30 % des étudiants déclarent avoir renoncé à des soins pour des raisons financières. Je ne vais pas citer cinquante chiffres, mais sachez que 16 % des étudiants se sont déjà privés de soins ophtalmologiques et 7 % d’un suivi gynécologique. Que faites-vous pour améliorer la situation ?
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).