Discours du 27 mai 2026
Aurélie Trouvé · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°249
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Je confirme que nous voterons en faveur de ces amendements de suppression.
Les propos de Mme la ministre nous confortent en effet dans l’idée que cet article est un texte d’affichage.Par ailleurs, je tiens à rétablir une vérité sur un de nos amendements, adopté il y a quelques jours, qui, lui, est réellement efficace. Il prévoit que des produits traités avec des pesticides non autorisés ne pourront ni être importés en France, ni être vendus sur le territoire national. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Au sujet de cet amendement, monsieur le rapporteur, vous avez dit tout à l’heure qu’en sortant de l’hémicycle, j’aurais dit : « Super, j’ai pourri le texte. » C’est absolument faux et je démens avoir prononcé ces propos – du reste, il y a des témoins de cette scène. C’est un collègue qui m’a dit cela – il se reconnaîtra peut-être –…
…et je lui ai répondu : « Pas du tout, notre amendement, qui a recueilli une majorité dans l’hémicycle, améliore considérablement le texte et lui donne enfin une réelle efficacité en matière de protection. » (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Enfin, monsieur le rapporteur, vous avez dit que c’était un « coup politique ». Jamais ! Nous avons toujours défendu… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice. )
Nous abordons avec cet article une question absolument essentielle : celle des cantines et de la possibilité pour chaque enfant en France, quelle que soit son origine sociale, quel que soit l’endroit où il vit, de manger au moins une fois par jour de façon suffisante et saine. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)Cet article comporte une avancée, c’est vrai : il faudra dorénavant que la quasi-totalité des produits servis dans les cantines proviennent d’Europe. Surtout, une grande avancée a été réalisée grâce à un amendement de La France insoumise adopté en commission : 80 % de ces produits devront être issus de filières de production françaises. (Mêmes mouvements.) Mais il y a d’énormes angles morts, à commencer par le fait que cet article reprend des dispositions de la loi Egalim qui ne sont même pas respectées aujourd’hui. Normalement, il devrait déjà y avoir au moins 20 % de produits bio dans toutes les cantines, or la moyenne aujourd’hui n’est que de 12 %. À quoi bon une nouvelle loi si vous n’êtes même pas capables de faire respecter la loi en vigueur ?Je finis par les reculs, parce qu’il y en a de considérables dans cet article, notamment une véritable attaque – je le dis en pensant aux AOP, les appellations d’origine protégées, et aux IGP, les indications géographiques protégées – contre le bio. Pourquoi ? Parce que l’article prévoit d’intégrer parmi les produits durables et de qualité qui doivent représenter au moins 50 % des approvisionnements dans les cantines ce qu’on appelle des « marques collectives », qui n’ont rien à voir avec des cahiers des charges certifiés par des organismes.Je finirai en disant que nous, nous allons soutenir des amendements en faveur de cantines 100 % bio et locales. C’est faisable, des milliers de communes le font. (Mêmes mouvements.) Et quand La France insoumise gouvernera en 2027 (Exclamations sur les bancs du groupe RN),…
…je peux vous assurer que nous mettrons les moyens pour qu’une véritable aide ciblée du gouvernement soit apportée à toutes les communes qui s’engageront dans cette voie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Madame la ministre, vous dites qu’il faut maintenir l’objectif d’un minimum de 20 % de produits issus de l’agriculture biologique dans les cantines. Mais que faites-vous pour que ces 20 % soient respectés ? Quelles dispositions du projet de loi permettraient d’atteindre cet objectif, alors que les cantines ne proposent que 12 % de produits bio en moyenne ? Rien n’est prévu, au contraire. Avec votre gouvernement, pour la première fois de l’histoire, la surface exploitée en agriculture biologique a régressé en France, ce qui constitue une catastrophe. (Applaudissements sur les bancs des groupes LFI-NFP et ÉcoS.)
C’est une conséquence des politiques macronistes. Le pouvoir d’achat des Français s’est effondré, et ils n’ont plus les moyens d’acheter du bio. Et de plus, 35 millions d’euros d’aides à l’agriculture biologique ont été supprimés en 2025. C’est une honte ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Nous pourrions voter ces amendements sous réserve d’une vérification, afin de déterminer si la condition des 20 % de produits sous Siqo s’ajoute aux 20 % de produits bio…
…ou si elle s’y substitue. Monsieur le rapporteur, fin connaisseur du monde agricole, pourrait nous apporter une réponse.
Les amendements intègrent les 20 % de bio mais ne les remplacent pas ?
Vous le savez, 18 % des agriculteurs sont sous le seuil de pauvreté. Cette proportion est bien plus élevée que dans le reste de la population française. Or les labels du commerce équitable s’engagent à ce que les agriculteurs reçoivent une rémunération décente, y compris – tous les orateurs précédents l’ont dit – dans les échanges Nord-Nord.Par cet amendement, nous proposons de fixer un objectif de 10 % de produits équitables dans la restauration collective. Mais il est clair que, si nous en restons à des objectifs, nous nous ferons plaisir, et rien de plus. Vous l’avez dit vous-même, madame la ministre, la loi en vigueur n’est pas respectée : la proportion de bio dans les cantines est de 12 %, au lieu des 20 % fixés. Vous venez de nous dire que vous le déploriez. Or vous êtes ministre ; nous vous demandons non pas de déplorer, mais d’agir ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je répète donc ma question : que faites-vous aujourd’hui, en votre qualité de ministre, pour faire respecter la loi ? (Mme Marie Pochon applaudit.)
C’est quoi, un « plan d’action » ?
Cet amendement vise à garantir que seuls les produits disposant d’une garantie environnementale vérifiable soient comptabilisés dans les 50 % de produits répondant aux objectifs de qualité prévus par la loi Egalim.Madame la ministre, j’en profite également pour répondre à votre dernière intervention. Le mépris dont vous faites preuve à l’égard de plusieurs députées femmes Insoumises commence à devenir insupportable. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Protestations sur les bancs des groupes DR, RN et UDR.)Je vous ai parfaitement entendue, et je pourrais dresser la liste des remarques désobligeantes que vous avez formulées en commission, en aparté ou non – certaines que je n’oserais même pas répéter ici. (Protestations sur plusieurs bancs des groupes EPR et RN.)Sur le fond, affirmer que l’on agit en annonçant un plan d’action et en réunissant des acteurs autour d’une table ne constitue pas une réponse. Nous voulons savoir ce que vous comptez faire, concrètement.
Enfin, vous n’avez manifestement pas compris l’argument de M. Potier, qui rejoint celui de plusieurs de vos ex-collègues – M. Liégeon ou M. Le Fur, par exemple.
C’est une avancée, non un recul. Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir voté pour celui de M. Liégeon… (Le temps de parole étant écoulé, Mme la présidente coupe le micro de l’oratrice.)
Je suis d’accord,…
…un agriculteur devrait pouvoir vendre au-dessus de ses coûts de production pour se rémunérer décemment. (Mme Marie Pochon applaudit.) Mais il existe un moyen : les prix planchers. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Marie Pochon applaudit également.)
Vendredi, nous connaîtrons la vérité des prix ! Nous saurons qui votera pour, ou contre, des prix minimums garantis pour tous les agriculteurs. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).