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Discours du 9 juin 2026

Aurélien Le Coq · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°265

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Laissez-nous décider de nos votes !

Il faut partager les richesses !

Le projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes est un texte technique. Plus que cela même, c’est un texte d’une rare technicité ; le résultat de près de dix ans d’un travail d’orfèvre réalisé par la Macronie qui, au service de quelques fortunés, a réussi l’exploit, dans un pays riche, d’appauvrir la majeure partie du peuple. Technique, oui !Ce texte est un condensé chimiquement pur du bilan désastreux de l’ère Macron. Il présente l’effroyable tableau de dix ans de sévices ultralibéraux à la tête de l’État. Heureusement, c’est bientôt terminé. Dans le pire des cas, il ne reste plus qu’un an à vous supporter, avant que le peuple ne vous renvoie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)

À l’heure où le rideau s’apprête à tomber, nous n’avons plus qu’à constater l’état de délabrement de la France, rabougrie et diminuée à coups de coupes budgétaires.

La Macronie a affaibli le pays en détruisant ses services publics. 2025 fut une année noire pour la France. Texte technique peut-être, mais technique de bourrin ! Vous vouliez réduire le déficit que vous aviez vous-même creusé : vous nous avez infligé 45 milliards d’euros de coupes budgétaires en un an.Même vous, vous reconnaissez avoir coupé dans les dépenses : 30 milliards d’euros de coupes dans le projet de loi de finances pour 2025, pour souhaiter une bonne année aux Français ; 3 milliards supplémentaires annulés au printemps ; 10 milliards sabrés en fin d’année pour leur souhaiter un joyeux Noël – et comme cela ne suffisait pas, 6 milliards dissimulés « en cours de gestion », pour reprendre vos termes.La technique budgétaire macroniste, c’est l’art de la prestidigitation, ou plutôt, devrais-je dire, de la duperie. Qui choisit le ministre ? Macron, seul, même lorsqu’il perd les élections. Qui vote le budget ? Personne ; il passe par 49.3, grâce au secours des socialistes.

Et qui respecte le budget ? Personne, pas même vous, puisqu’en cours d’année, vous faites disparaître les crédits pourtant adoptés. Cet argent public qui aurait dû servir aux Françaises et aux Français s’est volatilisé. Les dépenses étaient adoptées, mais n’ont pas été « exécutées », comme vous dites : vous avez décidé seuls de ne pas les réaliser, sans aucun contrôle démocratique.C’est ainsi que vous avez décidé de faire disparaître 850 millions d’euros pour l’écologie. Pas grave : les Français pourront continuer à habiter dans des appartements insalubres, où l’on grelotte en hiver et qui deviennent de véritables bouilloires en été. Les ouvriers pourront continuer à mourir sur des chantiers.

C’est un fait, le réchauffement climatique tue : il avait 19 ans, il travaillait dans le BTP, il est décédé de la chaleur le 28 mai dernier.Lancer la bifurcation écologique ? Trop coûteux ! Tant qu’il y a de l’argent pour fabriquer des canons, on est bon. L’avenir de nos enfants ? Même chose : moins prioritaire que celui des actionnaires. En 2025, ni vu ni connu, 673 millions d’euros prévus pour l’éducation dans le budget adopté ont disparu. Ce sont encore nos enfants et nos enseignants qui sont sacrifiés.Et en 2026, vous recommencez. Comme en 2025, après votre budget, de nouveau manigancé avec les socialistes, qui a supprimé 4 000 postes d’enseignants partout dans le pays, vous continuez : 6 milliards de coupes budgétaires et même peut-être bientôt 10, que vous annoncez en cours d’année.On vote ? Toujours pas. Un décret, le fait du prince, comme d’habitude. Nous le redisons haut et fort : c’est un coup de force, un de plus, à un an d’une élection présidentielle, commis par un gouvernement minoritaire et illégitime. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) En démocratie, le Parlement est souverain. Il n’est ni consultatif ni optionnel. Déposez un budget rectificatif, permettez aux représentants du peuple de débattre et de trancher.Alors, quels sont les secteurs sacrifiés cette année ? La culture : à quoi bon aider les Français à penser, à rêver, à s’émanciper ? L’agriculture : une fois les ministres sortis des plateaux de télévision, vous considérez les agriculteurs comme des vaches à lait à qui vous coupez les crédits. (Mêmes mouvements.) Le sport, la jeunesse, la vie associative, tout ce qui peut faire vivre la solidarité est sacrifié.Le bilan de vos coupes budgétaires de ces dernières années est accablant : 45 maternités supprimées, 1 700 bureaux de poste, l’équivalent de 10 universités sacrifiées et de 12 hôpitaux détruits. À petit feu, c’est la France que vous tuez. Et les conséquences sont graves, trop graves. Lyhanna, 11 ans, assassinée par un homme visé par de multiples plaintes pour viols sur mineurs : comment est-ce possible ?Le dysfonctionnement de notre justice ne peut s’expliquer uniquement par des responsabilités individuelles ; il est structurel. Comment nier que le manque de moyens est en partie à l’origine de cette situation ? Le président de la République a beau prétendre le contraire, voilà la réalité. La justice française, c’est trois procureurs et onze juges pour 100 000 habitants, contre onze et vingt-deux en moyenne dans les pays européens. Et vous comptiez encore geler cette année 414 millions d’euros de crédits dans le budget de la justice.

Darmanin dit assumer ses responsabilités, lui qui a saccagé la police judiciaire. Qu’il commence par démissionner, et que les moyens soient enfin mis sur la table pour la justice ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Vos politiques budgétaires entraînent des conséquences inhumaines. Par la destruction de nos services publics, elles frappent d’abord les plus pauvres et les plus précaires. Elles appauvrissent et paupérisent : lorsque l’État investit moins, lorsque la sécurité sociale prend moins en charge, lorsque les traitements des fonctionnaires sont trop faibles, c’est toute notre économie qui s’écroule.La croissance de la consommation des ménages a ralenti en 2025, passant de 1 % en 2024 à seulement 0,4 % en 2025. Votre bilan, c’est celui d’une France où le tiers de la population a du mal à se procurer une alimentation saine et où une personne sur trois peine à prendre trois repas par jour. Pour un père ou une mère de famille, cela signifie hésiter, dans chaque rayon de supermarché, pour choisir ce qu’il peut se permettre d’acheter.Depuis vos ministères, entre deux cocktails élyséens, vous ne savez pas ce que signifie devoir dire non à son enfant, non parce qu’on ne veut pas, mais parce qu’on ne peut pas. Vous ignorez ce que c’est que de faire croire que vous n’avez pas faim, simplement parce qu’il n’y a pas assez de nourriture pour toute la famille.Vous avez jeté 1 million de Français dans la pauvreté ; 10 millions de nos concitoyens vivent pauvres, c’est un record depuis 1996, dans une société qui n’a jamais été aussi riche. Monsieur le ministre, la honte devrait vous accabler. Pourtant, comme tous les autres macronistes, vous n’avez pour seuls sentiments que la suffisance et le mépris.Chaque mois qui passe sous la présidence Macron, les Français souffrent un peu plus. En avril dernier, la consommation continuait de s’effondrer – un recul de 0,5 % – et les prix d’exploser. Alors qu’ils augmentaient de 0,9 % avant la crise, ils ont progressé de 2,4 % en mai.Bloquez les prix ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.) À vous, les obsédés de la dette et du déficit, les fanatiques des coupes dans la dépense publique, voilà une mesure qui devrait plaire : elle ne coûte rien à l’État, zéro, walou ! En un trait de stylo, vous pourriez soulager toute la population. Pourquoi vous obstinez-vous à faire souffrir le peuple ? Parce que vous ne gouvernez pas pour lui, mais pour quelques amis financiers dont les dividendes valent à vos yeux bien plus que tout le reste.Alors, puisque les Français sont pauvres et ne consomment plus, c’est toute l’activité économique qui s’écroule. Vous étiez présentés comme des Mozart de la finance, mais on nous avait caché que vous ne saviez jouer que les musiques mortuaires. (Mêmes mouvements.) Vous aviez prévu 1,1 % de croissance. Résultat de votre ruissellement de pauvreté, elle ne fut que de 0,9 % en 2025. Mais vous continuez : le PIB recule de 0,1 % au premier trimestre de 2026. Vous êtes en train de plonger le pays dans la récession.Pire, devant l’abysse, vous êtes encore capables de pérorer que vous êtes fiers de votre bilan et de vos chiffres. Vous avez détruit l’appareil productif français. Dans ma région, les Hauts-de-France, 21 % des entreprises déclarent avoir réduit leurs effectifs. Le chômage est reparti à la hausse. Vous avez conduit le pays dans le mur : l’année dernière, 70 000 entreprises ont fermé – un record – et 60 000 emplois ont été supprimés. Derrière ces chiffres, toujours les mêmes réalités de misère et de pauvreté ! (M. Jean-René Cazeneuve s’exclame.)Souffrez, collègues, d’entendre la réalité de ce que vit le pays ! Perdre son travail, ce n’est pas seulement une variation statistique dans les comptes de l’assurance chômage que vous ne cessez d’attaquer. Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui rejoignent les rangs des plus précaires et des territoires entiers qui se retrouvent sinistrés, parfois pour des décennies.Dans votre France, 7 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire. Dans la France de Macron, 929 personnes sont mortes de la rue en 2025 : 14 d’entre elles étaient des enfants âgés de moins de 4 ans, 12 étaient des adolescents. Mais vous continuez. « Tu casses, tu répares », disiez-vous ? Faites plus simple : partez !La situation sociale et économique est dramatique, mais vous voilà dans vos beaux costumes à vous gargariser d’une légère baisse du déficit. Ridicule ! Elle ne correspond même pas à la trajectoire que vous aviez planifiée. Le déficit s’élève à 5,1 % alors qu’il devait être contenu à 3,8 %. Vous n’arrivez même pas respecter vos propres plans. Mais d’où vient cette légère baisse ? Qui a payé ? Ah, il y a eu des hausses d’impôt. Mais pour qui, une nouvelle fois ? Pour les plus précaires !

Ce sont 5 milliards supplémentaires pour les accises sur les énergies, en raison de la fin du bouclier tarifaire. Vous avez taxé la consommation d’électricité des plus pauvres, voilà la réalité ! Pendant ce temps, dans les palais dorés, vous avez saboté la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), qui n’a rapporté que 400 millions – 1,6 milliard d’euros de moins que ce que vous aviez prévu, encore un beau cadeau !La taxe sur les rachats d’actions ? 500 pauvres millions sur les 35 milliards d’euros de rachat d’actions – un record –, les actionnaires sont soulagés ! Ceux que vous avez engraissés pendant des années peuvent dormir tranquille. Total, par exemple, qui encaisse 12 millions de bénéfices chaque jour : rien, zéro, aucun impôt sur les sociétés. Comment pouvons-nous accepter que le boulanger, le boucher, l’épicier ou les petites entreprises paient 25 % d’impôt sur leurs bénéfices,…

…alors que les multinationales paient en moyenne 10 points de moins ? Et les gros patrimoines immobiliers ? Ils rigolent bien sous Macron. En dépit des mensonges de Mme de Montchalin, 13 000 millionnaires n’ont payé aucun impôt sur le revenu : pas mal !La conclusion est simple : les impôts de tout le monde ont augmenté, sauf ceux des plus riches. Pourquoi ? Les niches fiscales ont explosé : 7 milliards de plus. Pour les plus riches du pays, quand on aime, on ne compte pas. En 2025, vous leur avez fait 92 milliards de cadeaux : un quart des recettes fiscales envolées ! Ça va ? On ne vous gêne pas trop ?Là est le véritable scandale. Vous avez organisé un système d’évitement fiscal généralisé : plus on est riche, moins on paie. Il nous coûte cher, très cher. La France n’a plus les moyens d’entretenir ses milliardaires : qu’ils passent à la caisse ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP.)Mais puisque les riches ne paient pas, d’où vient l’argent ? Comme d’habitude, de la TVA, le premier impôt de France. On lit dans votre texte que les recettes de TVA sont moins élevées que prévu, avec 98 milliards d’euros. C’est évident, puisque les gens ne consomment plus : vous les avez appauvris.Mais attendez ! La TVA prélevée, ce n’est pas 98 milliards, c’est plutôt 200, normalement. Ou sont passés les 100 autres milliards ? Pourquoi ont-ils disparu du budget de l’État ? Parce que vous les avez transférés à la sécurité sociale et aux collectivités territoriales, pour compenser les cadeaux fiscaux que vous avez offerts, les exonérations de cotisations sociales et la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).En réalité, la TVA sociale existe déjà. Les Français, en faisant leurs courses, financent les cadeaux faits aux grandes entreprises.Vous avez tout cassé : nous allons réparer !

Les privilèges, en 2027, c’est terminé ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Avec Jean-Luc Mélenchon,…

…ce sera le retour de la République, y compris en matière fiscale : l’égalité de toutes et tous devant l’impôt. Vous avez peur des déficits ? Vous craignez de voir les impôts augmenter pour la classe moyenne ? Soyez rassurés, nous créerons quatorze tranches d’imposition : les impôts seront moins élevés pour toutes celles et ceux qui touchent moins de 4 000 euros par mois et plus élevés pour les autres. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Vous cherchez de l’argent ? Nous en trouverons !Ce texte reflète le bilan de votre politique. Tout comme vous, il doit être rejeté. En 2027, place à une nouvelle équipe : avec Jean-Luc Mélenchon, ce sera le retour à un ordre fiscal juste et à l’équilibre budgétaire. Bref, ce sera carré ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).