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Discours du 4 février 2025

Aurélien Pradié · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°90

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Le 15 janvier, un agent de l’Office français de la biodiversité (OFB), fonctionnaire de notre pays, a déclaré à la radio, lors d’une matinale, qu’il était possible, à ses yeux, de comparer nos agriculteurs à des dealers.Ces mots ont légitimement créé une onde de choc auprès de nos agriculteurs mais aussi de nombre de responsables publics. Ils sont totalement indignes, tout d’abord parce qu’il est impossible de comparer nos agriculteurs, eux qui produisent et nourrissent nos concitoyens, à des dealers, ensuite parce qu’il est absolument inacceptable qu’un agent de l’Office français de la biodiversité, un fonctionnaire, tienne de tels propos.Ma question est simple : depuis le 15 janvier, nous avons entendu de nombreuses déclarations ; le gouvernement, en particulier, s’est désolidarisé de cette comparaison. Cependant, quelles sanctions ont été engagées ? Cet agent a-t-il été mis à pied ? Une procédure a-t-elle été lancée à son encontre ? Qu’en est-il aujourd’hui ?Si j’insiste, c’est parce qu’on ne peut laisser quiconque salir l’ensemble de nos fonctionnaires et de nos agriculteurs. On ne peut laisser l’impunité s’installer pour des personnes qui, alors qu’elles portent une parole publique, outrepassent leur rôle et s’essuient les pieds sur ceux qui, au quotidien, souffrent et travaillent dur pour nourrir nos compatriotes.

Je vous remercie, madame la ministre déléguée, mais je n’ai pas obtenu de réponse à ma question. Je regrette l’absence de la ministre de l’agriculture ; je vous sais gré de la suppléer, mais elle aurait pu vous transmettre une réponse satisfaisante.Que les choses soient bien claires : ce n’est pas un problème de pédagogie. Lorsqu’un agent de l’OFB compare nos agriculteurs à des dealers, il emploie des mots très simples, les agriculteurs n’ont pas besoin qu’on les leur explique. Par ailleurs, il n’est pas possible de l’excuser.Je comprends votre réponse car, en réalité, aucune sanction n’a été prononcée contre cet agent, qui est toujours en poste, dans une totale impunité. Cela entraîne deux conséquences. D’abord, il abîme l’image de tous ses collègues – or certains d’entre eux font bien leur travail. Ensuite, il laisse s’installer l’idée selon laquelle ceux qui représentent l’autorité ne seraient pas exemplaires.Je le répète : cet agent doit être sanctionné. Il est absolument insupportable de découvrir qu’au-delà des mots, il ne fait l’objet d’aucune procédure de sanction – ce que nous soupçonnions. Notre main ne doit pas trembler. Si nous voulons rétablir l’autorité dans notre pays, ceux qui la représentent doivent commencer par donner l’exemple. Lorsqu’un agriculteur commet une faute, il n’a pas droit à une deuxième chance, on n’évoque pas un besoin de pédagogie, il est sanctionné. Lorsqu’un agent outrepasse son rôle et insulte les agriculteurs comme cela vient de se produire, il ne doit pas non plus rester impuni.Je pose une nouvelle fois ma question : une sanction a-t-elle été prononcée contre cet agent ou est-il toujours, sereinement, en poste ? Si la deuxième proposition se vérifie, c’est un bras d’honneur à tous nos agriculteurs.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).