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Discours du 29 avril 2025

Aurélien Pradié · Session ordinaire 2024-2025 · séance n°176

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Jusque dans les années 1990, la mortalité infantile – celle des bébés avant qu’ils n’aient atteint leur première année – était, en France, l’une des plus basses d’Europe, voire du monde. Depuis ces années, cependant, la mortalité infantile a connu dans notre pays une très forte augmentation, jusqu’à devenir une des plus élevées d’Europe. En 2021, la mortalité infantile nationale se situait en moyenne autour de 3 enfants pour 1 000 ; dans le département du Lot, elle dépassait les 6 pour 1 000 en 2023.Il faut prendre la mesure de ce dont nous parlons : nous parlons d’enfants qui meurent, pour 75 % d’entre eux, dans les premiers jours ou les premiers mois avant qu’ils n’aient vécu un an. Ce chiffre devrait empêcher de dormir tout un gouvernement.La mortalité infantile a toujours été, dans nos sociétés, un indicateur de développement, d’évolution et de progrès. Son augmentation est le signe de notre déclassement général, et cela concerne aussi notre système de soins. Le département dont je suis député est un de ceux qui sont aujourd’hui les plus frappés par la mortalité infantile. Les facteurs, assez mal connus, sont multiples : ils vont de l’accès aux soins – aux maternités en particulier – jusqu’à l’accompagnement général de la santé des mamans et des futurs enfants.Ma question, monsieur le ministre, est simple : le gouvernement a-t-il pris conscience de l’extrême gravité que revêt, dans un pays comme le nôtre, l’augmentation de la mortalité des bébés de moins d’un an ? S’il en a conscience, quelles mesures réelles, urgentes et vitales, a-t-il l’intention de prendre ?

Je ne mets pas en cause votre conscience, monsieur le ministre, mais nous parlons d’un sujet dont l’importance est considérable. Le taux de mortalité infantile a toujours été un indicateur du développement de nos sociétés. Vous pouvez vous cacher derrière des statistiques et des analyses multifactorielles ; la vraie responsabilité reste politique. Une nation qui n’est plus capable de faire baisser la mortalité des bébés est une nation en échec.Voici le fond de ma pensée : cet écart entre le gigantisme des défis auxquels notre pays fait face – dont celui-ci – et la vacuité de notre débat politique est insupportable. J’aurais aimé – et je ne l’aurais pas dit autrement à la ministre de la santé – que, plutôt que de passer des heures sur l’interdiction des cigarettes électroniques jetables – un sujet assurément important –, vous vous attachiez à ce qui serait une avancée historique bien plus substantielle : que la France ne fasse plus partie des pays d’Europe où le rique qu’un bébé meure avant son premier anniversaire est le plus élevé.Cette prise de conscience nécessite une mobilisation générale et vitale de la nation. Il ne s’agit pas seulement de l’avenir d’une génération et de notre démographie, mais aussi de démontrer au monde et à nos concitoyens que nous ne sommes pas un pays qui ne cesse de se déclasser.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).