Discours du 1 octobre 2026
Aurore Bergé · Session ordinaire 2026-2027 · séance n°2
Suffoquer, c’est avoir de l’air tout autour de soi et ne plus pouvoir respirer. Suffoquer, c’est ouvrir la bouche et que rien ne vienne. Suffoquer, c’est ce que vivent, dans notre pays, des centaines de milliers de femmes, des centaines de milliers d’enfants. Vous les connaissez ; vous les avez croisés : c’est la femme qui se tient droite, sourit, travaille et compte les marches avant de rentrer chez elle, l’enfant « sage » et « réservé », qui ne dit rien et grandit la poitrine serrée, la femme qui voudrait partir mais qui n’a plus d’argent à elle, plus vraiment d’amis à elle et parfois même plus de téléphone à elle, l’enfant qui voudrait raconter ce qu’on lui fait mais n’a pas les mots pour le dire.Cette suffocation n’est pas un silence choisi. C’est un silence imposé par la peur de ne pas être cru, par la honte que l’agresseur a imposé à sa victime, ou par l’emprise, cette main invisible qui referme un peu plus sa mâchoire chaque jour, jusqu’à ce que la victime ne sache plus ce qui lui appartient – ses journées, ses choix, son propre jugement, sa propre liberté. Pour les enfants, c’est par l’impossibilité même de comprendre. À 4 ans, à 7 ans ou à 10 ans, comment nommer un crime commis par celui qui devrait vous protéger ? Comment se défendre de celui dont on dépend ? Comment accuser celui qu’on aime ? C’est cela, l’effroyable singularité de l’inceste : un enfant peut aimer celui qui lui fait du mal.Ces dernières années, beaucoup ont parlé de « libération de la parole ». Cette expression est trompeuse : les victimes ont toujours parlé. Avec les mots qu’elles avaient, avec leurs silences, quand les mots manquaient ; avec un dessin ; avec une phrase ; avec leur corps aussi, quand il ne restait plus que lui, avec leur maladie, leurs mutilations parfois, leur mort. Elles ont parlé à une mère, à un proche, à un ami, à un médecin, à un professeur, à un policier, à des bénévoles dans des associations. Elles ont parlé parfois longtemps après les faits, et souvent à demi-mot.Il n’y a jamais eu de silence des victimes mais une surdité de la société. Ce n’est pas la parole qui a manqué, mais l’écoute. Entendre aurait obligé à regarder et regarder, à agir. La société a donc inventé mille manières de ne pas entendre : c’étaient des « histoires de famille », une « affaire privée », un « divorce qui se passe mal », un enfant « qui invente », un enfant « qu’on peut manipuler ». « Pourquoi n’est-elle pas partie ? » « Pourquoi n’a-t-elle pas crié ? » « Pourquoi n’a-t-elle pas porté plainte ? » À celles qui parlaient, nous demandions encore de se justifier. Et pendant que la société mettait en accusation les victimes, disséquait leur vie privée et les suspectait, les prédateurs, eux, respiraient sans mal.Certaines voix ont transpercé le silence. En 1978, à Aix-en-Provence, Gisèle Halimi a fait entendre à la France ce qu’était un viol ; il a fallu deux ans pour que la loi change. Les livres, les films, les visages ont fait entrer dans notre conscience collective ce que nous avions si longtemps tenu à distance. Christine Angot a raconté l’inceste d’un père et la faiblesse d’une mère, Vanessa Springora, l’emprise maquillée en amour d’un adulte sur une enfant, Camille Kouchner, le secret protégé par un clan, Neige Sinno, la vie qu’il faut reprendre après. À chaque fois, un verrou saute. Le cinéma, lui aussi, nous oblige à voir. Jusqu’à la garde, un père qui ne frappe pas encore, mais qui surveille, traque, étouffe et qu’un tribunal renvoie vers ceux qu’il terrorise ; Les Chatouilles, une petite fille qui danse pour ne pas hurler ; L’Amour et les forêts ou Si tu penses bien, l’étau qui se resserre, emprisonne, isole.Certains visages sont aussi entrés dans notre mémoire collective. Celui de Marie Trintignant, un féminicide longtemps justifié avec les mots de la passion, de la jalousie, du drame amoureux, alors que personne ne meurt d’amour et que Marie Trintignant est morte sous les coups. Celui de Jacqueline Sauvage, qui a vécu quarante-sept années de violences avant un geste irréparable. Derrière son histoire, une question : que reste-t-il de la liberté d’une femme quand la peur a gouverné toute sa vie ? Deux femmes, la même secousse : ce que la société avait appris à considérer comme une affaire privée devenait enfin l’affaire de tous.C’est ainsi que la parole affleure. Elle ne surgit pas soudainement du silence. Elle remonte de loin pour traverser la peur, la honte, le doute. Elle cherche un passage, reprend son souffle, et, en reprenant son souffle, découvre qu’elle n’est pas seule. Une histoire en reconnaît une autre, une voix en appelle une autre, jusqu’au jour où toutes ces voix séparées commencent à se répondre, à se reconnaître, à respirer ensemble. Deux mots ont tout changé : « moi aussi ». Nous les avons prononcés et écrits. Nous les avons vus et compris. Nous avons su que nous étions des millions : nos mères, nos sœurs, nos amies, nos collègues, elles aussi… Nous n’étions plus une exception, nous n’étions plus seules. MeToo n’a pas créé la parole ; MeToo a rendu impossible de continuer à organiser notre surdité.Depuis, d’autres silences sont tombés. Les milliers de témoignages recueillis par la Ciase – Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église – et la Ciivise nous ont confrontés à une réalité vertigineuse : le fait que la violence n’habite pas un monde parallèle mais bien notre monde, nos familles, le sport, la culture, le cinéma, le monde médical, l’école, le périscolaire… Chaque secteur qui croyait pouvoir garder son secret a vu sa porte s’ouvrir, comme enfoncée de l’intérieur. Suffocation face au nombre, face à la répétition, face à la question : comment cela a-t-il pu durer si longtemps ? Comment cela peut-il durer encore ?Tant que nous écoutions chaque témoignage séparément, nous pouvions encore croire à l’exception – un homme violent, une famille dysfonctionnelle, une institution défaillante – avec toujours la tentation de dire : « ailleurs », « chez les autres », « pas ici », « pas chez nous », « pas chez moi ». Nous aurions préféré le monstre, parce que le monstre rassure. Il vit loin, on le reconnaît, on peut le montrer du doigt, le mettre à l’écart et rentrer chez soi.Le procès de Mazan a pulvérisé cet alibi. Sur le banc des accusés, il y avait, sous les capuches et les masques, cinquante et un visages : des voisins, des collègues, des pères, des fils, des maris, des frères. Au milieu de ce procès, une femme a accompli un geste dont nous n’avons pas encore mesuré toute la portée. Alors qu’elle pouvait choisir le huis clos, Gisèle Pelicot a demandé que les portes du tribunal d’Avignon soient ouvertes. Une phrase en est sortie, entrée depuis dans l’histoire, reprise par des millions de Français, portée dans les manifestations, collées par les militantes en lettres noires sur fond blanc sur les murs de nos villes : « La honte doit changer de camp ». Elle a aussi révélé au grand jour la réalité de la soumission chimique, cette violence longtemps méconnue et devenue depuis un enjeu majeur de nos politiques publiques. Il existe des crimes dont on ne peut pas parler puisqu’on n’en a pas le souvenir. C’est l’objet de la campagne que nous avons lancée avec Sandrine Josso et Caroline Darian.Après Mazan, il y eut aussi le procès Le Scouarnec : 299 victimes, 299 vies d’enfants marquées par le même bourreau. Puis, au mois de juin, l’assassinat de Lyhanna, une enfant de 11 ans. Des alertes existaient ainsi que des procédures. Et pourtant, nous n’avons pas su la protéger.Alors, que faisons-nous maintenant ? Un mouvement de société n’est jamais un éclair, mais une accumulation : des gouttes, puis un ruisseau, un fleuve, l’océan, jusqu’au jour où la digue cède. Et lorsque la digue a cédé, il est devenu impossible de prétendre encore que chaque goutte était isolée. Les violences ne sont pas une succession de faits divers. Elles sont un fait de société, et donc un fait politique qui appelle une réponse à la mesure de ces crimes de masse, une réponse de la société tout entière. Cette vague ne s’arrêtera pas et notre responsabilité n’est pas de l’arrêter, mais au contraire de transformer ce qu’elle a révélé.Nous ne partons pas d’une page blanche. Depuis bientôt dix ans, notre droit a changé ainsi que la protection de la vie des Français. En dix ans, les maisons de protection des familles (MPF) sont passées de 0 à 100 et sont présentes dans tous nos départements. Les maisons de santé des femmes se sont déployées : 104 sont déjà ouvertes dans 100 départements. Les salles d’audition Mélanie, où l’on recueille la parole des enfants, sont passées de 300 en 2020 à 486 aujourd’hui. Plus de 90 000 femmes ont déjà bénéficié de l’aide universelle d’urgence (AUU) depuis sa création en 2023.D’ici à la fin de l’année, dans 100 % des départements, il sera possible de porter plainte à l’hôpital, mais aussi de faire constater les faits et de recueillir les preuves sans qu’un dépôt de plainte soit nécessaire. Tout cela existe, tout cela protège, tout cela sauve des vies. Je veux ici souligner le rôle des parlementaires qui, sur tous les bancs, ont contribué de manière décisive à ces évolutions.Mais nous devons aussi faire preuve de lucidité. Face à un continent de violences, nous avons trop souvent avancé par sédimentation : une avancée après l’autre, une loi après l’autre, un dispositif après l’autre. Il ne s’agit pas aujourd’hui de défaire ce qui existe, mais de regarder l’ensemble et de nous poser, à chaque fois, la même question : sommes-nous au plus haut niveau de protection possible ? Voilà l’ambition de votre texte.Intégrale ne veut pas dire infinie. Intégrale signifie ne rien laisser hors du regard. Parce que les violences, elles, ne connaissent aucune cloison. Elles frappent les femmes et les enfants, elles sont physiques, sexuelles, psychologiques, numériques, chimiques, économiques ou administratives. Elles passent d’un âge à un autre, d’une chambre à un écran, du domicile à l’école, de l’intime à l’espace public. Et surtout, elles savent s’immiscer dans les interstices de nos protections.Alors, à ce continuum de violences, nous devons opposer un continuum de protection. Prévenir, éduquer, détecter, former, écouter, mettre à l’abri, accompagner, enquêter, poursuivre, juger, réparer : c’est tout cela, une loi intégrale. Non pas recommencer, mais relier et faire système contre ce qui, pendant trop longtemps, a fait système.Face à l’ampleur des violences, nous avons besoin d’une mobilisation générale. Cette mobilisation, votre texte l’incarne déjà. Je veux saluer le rôle majeur des associations de la Coalition féministe et enfantiste qui, depuis deux ans, ont confronté leurs expériences, défendu leurs propositions et contribué à faire naître cette loi.Je veux saluer également le travail accompli par les parlementaires de tous les bancs et la rapporteure générale, Céline Thiébault-Martinez, avec lesquels nous avons travaillé main dans la main. Je veux remercier le président de la commission spéciale, Christopher Weissberg, pour l’examen exigeant et transpartisan de ce texte. Associations, Parlement, gouvernement : chacun prend sa part.Trois avancées éclairent la révolution que nous voulons engager. La première concerne l’inceste, qui doit désormais être nommé pour ce qu’il est, et de manière explicite. L’inceste n’est pas un viol auquel viendrait simplement s’ajouter une circonstance aggravante. C’est un crime qui doit porter son propre nom. Il est commis par celui que l’enfant aime, celui dont il attend amour, soutien et protection. Nous ne devons plus jamais entendre parler d’« inceste heureux », parce qu’il n’y a pas d’inceste heureux. Il y a un enfant, un adulte et un interdit absolu.Deuxième avancée : mieux protéger l’enfant qui parle et le parent qui le protège. Nous connaissons ces situations impossibles : un enfant trouve la force de révéler des violences qu’il subit, sa mère l’écoute et le croit, elle cherche à le mettre à l’abri. Et pourtant, la loi peut l’obliger à le représenter à son bourreau.Face au doute, notre première responsabilité, elle, ne doit souffrir d’aucun doute : protéger nos enfants. Lorsqu’un enfant dit « on me fait du mal » et qu’un parent sait lui répondre « je te crois », la République doit être capable de leur dire « je vous protège. »Le troisième territoire, c’est le numérique. La violence traverse désormais les murs. Elle suit la victime, la localise, l’humilie et diffuse sans son consentement une image à des milliers de personnes. L’intime devient une arme et la confiance un moyen d’assouvir la violence. L’intelligence artificielle ouvre un vertige nouveau. Les outils changent mais nos principes demeurent : la révolution numérique ne peut pas devenir la révolution de l’impunité.Je veux dire maintenant ce que le gouvernement entend porter plus loin : tout d’abord, le contrôle coercitif, que je vous proposerai par amendement d’inscrire dans notre droit. Je l’ai dit et je le répète : les femmes ne sont pas stupides ; si un homme levait la main sur nous dès le premier jour, nous partirions en courant. Mais les violences ne se limitent ni ne se résument jamais aux coups : un téléphone qu’on fouille, une tenue qu’on critique, un mot de passe qu’on demande « juste comme ça », une amie que l’on voit de moins en moins, un compte bancaire que l’on contrôle, un horaire qu’il faut justifier.Puis l’espace se réduit, les amis disparaissent, les ressources diminuent, les choix deviennent impossibles. Et un jour, sans qu’aucun mur n’ait été construit, la prison est là. C’est cela, le contrôle coercitif : une stratégie, une dépossession progressive de la liberté, barreau après barreau, jusqu’à la cage que notre droit doit désormais reconnaître, parce qu’il y a des femmes qui ont décidé de partir, qui ont décidé d’être libres et qui ont été tuées pour l’avoir fait.Ensuite, se pose cette question que ce texte ne tranche pas, mais qui nous regarde tous : l’imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur nos enfants. Parce que le temps de la mémoire n’est pas celui de la procédure, parce qu’un enfant devenu adulte peut mettre parfois toute une vie à retrouver la parole et que la justice n’a pas le droit – n’a plus le droit – de lui répondre « prescription ».Nous ne pouvons pas demander à un enfant devenu adulte et qui n’a pas pu parler à temps de payer le prix du silence qui lui a été imposé. Le temps a longtemps joué pour les agresseurs. Il doit maintenant jouer pour les victimes.Il fut un temps, pas si lointain, où battre sa femme relevait de la vie privée ; où l’inceste était un secret qu’une famille devait garder ; où le harcèlement était présenté comme de la séduction ; où l’on enquêtait sur la vie sexuelle d’une victime avant de décider si elle pouvait vraiment avoir été violée ; où des adultes se demandaient si l’enfant n’avait pas provoqué, séduit ou tenté, plutôt que de rappeler cette évidence : un enfant ne séduit pas un adulte. Un adulte est toujours responsable de ce qu’il fait à un enfant.Ces frontières ont bougé et doivent aujourd’hui être pulvérisées. Nous ne changerons pas l’âme humaine par décret. Aucun article de loi n’abolira le mal, mais nous pouvons changer le monde dans lequel les prédateurs prospèrent. Nous pouvons leur retirer ce sur quoi ils ont trop longtemps compté : le silence, l’isolement, la honte des victimes, notre incrédulité, les failles de nos institutions, l’impunité.En cet instant, je pense à celles et ceux qui nous écoutent, à celle qui n’a jamais parlé comme à celui qui a parlé et qu’on n’a pas cru ; à la femme qui, ce soir, entendra la clé dans la serrure et reconnaîtra le bruit de la peur ; à l’adulte qui porte encore en lui l’enfant que personne n’a protégé ; à l’enfant qui, quelque part, retient sa respiration dans le noir.Je pense aussi aux absents, aux femmes que nous n’avons pas protégées à temps, aux enfants qui auraient dû grandir, à ces places vides qui nous rappellent que derrière nos lois et nos dispositifs, il y a des vies que nous n’aurons pas une seconde chance de protéger. C’est aussi pour elles, pour eux et pour tous ceux que nous pouvons encore protéger.Pendant trop longtemps, nous avons demandé aux victimes de parler, de prouver, de convaincre, d’être fortes alors qu’elles avaient déjà dépensé tant de forces à survivre. Aujourd’hui, nous leur disons : « Nous vous avons entendus. Nous vous croyons. Nous vous protégerons et nous ne détournerons plus le regard. »Je pense enfin à nos enfants, à ma fille de 4 ans, à tous nos enfants. Un jour, leur génération regardera la nôtre et nous posera certainement une question et une seule : « Quand vous avez su, avez-vous fait ce qu’il fallait ? » C’est à cette question que nous répondons aujourd’hui, parce qu’une génération ne choisit pas le monde dont elle hérite, mais le monde qu’elle transmet.Je veux transmettre à ma fille, à nos enfants et à leurs enfants après eux un pays où chacun sait que son corps lui appartient, où un adulte n’a aucun droit sur un enfant mais seulement des devoirs ; une société dans laquelle une femme n’apprend pas à organiser sa vie autour de la peur. Je veux une société où les batailles de nos mères et de notre génération ne soient plus celles de nos enfants.Deux mots ont rompu le silence : « moi aussi ». Cette loi leur répond, pour que plus jamais un enfant, plus jamais une femme n’ait à les prononcer. Pendant trop longtemps, nous avons eu le souffle coupé, nous avons suffoqué. Il est temps de nous permettre de respirer. Voilà l’héritage que nous pouvons leur laisser. Voilà la révolution que nous leur devons. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem, Horizons et LIOT ainsi que sur les bancs des commissions.)
Et grâce à Valérie Létard !
Dans les heures et les jours qui viennent, nos débats seront nourris. Aussi répondrai-je brièvement aux questions soulevées dans la discussion générale, en reprenant les engagements pris par le gouvernement.Une fois la proposition de loi adoptée, une CMP conclusive est la meilleure garantie d’une loi promulguée rapidement et de décrets d’application pris rapidement. Nous engageons à agir vite, d’autant que l’issue du quinquennat est proche.Deux décrets importants ont d’ailleurs été pris aujourd’hui. Le premier porte sur l’obligation de motiver les classements sans suite et, conformément à l’engagement pris par le premier ministre et le garde des sceaux, a été publié ce matin au Journal officiel. Autre engagement tenu, que rappelait la ministre de la santé, l’installation d’au moins une maison de santé des femmes dans chaque département : le décret a été pris ce jour, de manière à graver dans le marbre les engagements que nous avions pris.
Autre engagement tenu, que rappelait la ministre de la santé, l’installation d’au moins une maison de santé des femmes dans chaque département : le décret a été pris ce jour, de manière à graver dans le marbre les engagements que nous avions pris.Un certain nombre d’associations ont exprimé des interrogations sincères, que la rapporteure générale et le président de la commission spéciale ont relayées. Elles portent sur les dispositions que vous avez accepté de retirer de la proposition de loi intégrale, car elles figureraient dans le projet de loi relatif à la protection de l’enfance, que le Sénat doit examiner les 27, 28 et 29 octobre prochain – son inscription à l’ordre du jour est entérinée. Il n’y a aucune ambiguïté de la part des parlementaires ou du gouvernement : toutes les dispositions intégrées à ce projet de loi seront pleinement soutenues par le gouvernement.Le ministre de l’éducation nationale sera lui-même présent lors de l’examen de l’article 30 dont nous connaissons l’importance. À son sujet, je salue le travail de l’ensemble des associations et du rapporteur Erwan Balanant, lequel propose sa réécriture : un entretien individuel sera rendu obligatoire et la montée en charge du dispositif sera progressive. Le gouvernement s’en remettra à la sagesse de l’Assemblée, de manière à accompagner une disposition qu’il juge essentielle et complémentaire du questionnaire : un travail humain est nécessaire et il faut systématiquement aller au-devant des victimes. D’ailleurs, nous savons le rôle déterminant de l’éducation nationale dans la détection et la révélation des violences sexuelles et des violences intrafamiliales.La question budgétaire a été posée à plusieurs reprises et de manière légitime. Permettez-moi de répéter ce que j’ai dit lors de mon audition par la commission spéciale : à chaque étape de l’examen de la proposition de loi – après le vote solennel par l’Assemblée prévu le 13 octobre, et que j’espère unanime, puis lors de son parcours au Sénat –, nous réaliserons l’évaluation précise de chacune de ses dispositions et en tirerons les conséquences budgétaires. Autrement dit, nous nous livrerons à un exercice inédit de sincérisation à chaque fois qu’un article sera voté.
Oui, c’est bien de sincérisation, de sincérité budgétaire qu’il s’agit. La Cour des comptes, comme les parlementaires, voit très bien ce dont je parle : il s’agit de déterminer précisément, après le vote d’un article par l’Assemblée nationale puis par le Sénat et après son vote en commission mixte paritaire, les moyens humains et budgétaires à consacrer à son application. Le gouvernement, à l’issue d’une CMP que j’espère conclusive, déposera un amendement qui fera office de programmation budgétaire, cohérente avec ce que les députés et les sénateurs auront voté.
C’est un exercice de transparence, de sincérité et l’engagement d’augmenter les budgets.Enfin, ayant été mise en cause de manière plus personnelle par Mme la députée Sarah Legrain, je l’invite à une seule chose : à réitérer les propos qu’elle a tenus à mon encontre dans l’hémicycle, mais cette fois dans la salle des Quatre-Colonnes.
Concernant mes prétendus liens avec un lobby des crèches, je vous rappelle avoir bénéficié d’un non-lieu. Je n’accepterai pas une seconde de plus la diffamation : ayez le courage de répéter vos propos à l’extérieur de l’hémicycle pour que je puisse vous attaquer pour diffamation. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et HOR.)
Même avis.
Il s’en remet à la sagesse de l’Assemblée.
Madame la députée, permettez-moi d’abord de saluer la constance, depuis 2017, de votre engagement contre toutes les formes de violences faites aux femmes, notamment par le biais de votre proposition de loi sur l’égalité, y compris au sein de l’entreprise. Pour le gouvernement, les violences économiques sont un sujet majeur.Néanmoins, je me joins à la demande de retrait formulée par la rapporteure générale en raison de votre choix de déposer votre amendement à cet article-ci. En effet, il ne nous paraît pas adapté de définir une infraction autonome à l’article 1er, lequel a pour but de définir un cadre général. Nous voulons aborder les violences économiques à l’article 13, dans le cadre de la définition du contrôle coercitif. Pour nous, elles ont leur place au cœur de cette notion, aux côtés des violences administratives. À défaut d’un retrait, avis défavorable.
Même avis.
Non ! Votons par assis et levé !
On peut examiner les amendements sur lesquels aucun scrutin public n’a été demandé !
Pourrions-nous examiner les amendements sur lesquels aucune demande de scrutin public n’a été formulée – je crois comprendre que peu de demandes ont été émises – et dont l’adoption n’en ferait tomber aucun autre ? Cela nous permettrait de continuer à débattre.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).