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Discours du 13 janvier 2026

Bartolomé Lenoir · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°110

Mme Mansouri appelle l’attention de la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, sur l’état d’épuisement préoccupant du personnel soignant de l’hôpital de Vienne, ainsi que sur les tensions persistantes qui pèsent sur les moyens humains et matériels de cet établissement. Cette situation fragilise directement la qualité de l’offre de soins dans l’Isère rhodanienne et inquiète légitimement les patients, comme les professionnels de santé.Ces difficultés locales s’inscrivent dans un contexte plus large d’évolution de notre système hospitalier, marqué par une complexification croissante des procédures et des exigences administratives à l’échelle nationale. Les équipes hospitalières font état d’une augmentation continue des charges administratives et d’investissements nécessaires à la conformité réglementaire. Si ces exigences peuvent être justifiées individuellement, leur accumulation mobilise aujourd’hui une part significative des ressources disponibles, au détriment du soin – cœur même de la mission hospitalière.Dans ce cadre, la question du ratio entre personnels administratifs et personnels soignants mérite d’être posée, car il peut limiter les capacités budgétaires nécessaires pour renforcer les effectifs au plus près des patients, là où les besoins sont les plus urgents. Autrement dit, les hôpitaux embauchent pour remplir des formulaires, pendant que les patients attendent qu’on embauche des soignants.Face aux difficultés de recrutement et aux absences imprévues, le recours à des outils de gestion de remplacements de court terme, comme la plateforme Hublo, constitue une réponse pragmatique aux urgences du quotidien. Toutefois, leur utilisation répétée révèle surtout l’absence de solutions structurelles durables. Elle souligne la nécessité de stabiliser les équipes, de renforcer la continuité des soins et de préserver la cohésion professionnelle, dans l’intérêt des patients, comme des personnels.À cela s’ajoute le sentiment d’un manque de reconnaissance, fortement exprimé par de nombreux agents hospitaliers. Il est accentué par une situation statutaire particulière : contrairement aux autres agents de la fonction publique, les personnels hospitaliers ne bénéficient toujours pas de la prise en charge obligatoire d’une mutuelle complémentaire par leur employeur.Cette singularité nuit à l’attractivité de l’hôpital public, sans que cela remette en cause l’engagement des équipes de direction locales, qui œuvrent avec les moyens dont elles disposent.Madame Mansouri souhaite donc savoir quelles mesures le gouvernement entend prendre pour simplifier les procédures administratives qui pèsent sur les hôpitaux, encadrer et sécuriser l’usage des outils de remplacement et, surtout, pour garantir aux personnels des conditions de travail soutenables, afin d’assurer une offre de soins de qualité pour l’ensemble des habitants de son territoire.

Monsieur le ministre, vous avez récemment annoncé la suppression de 4 000 postes d’enseignants en France, mais les répercussions dans mon département de la Creuse ne sont toujours pas connues. Pourtant, sur le terrain, les inspecteurs préparent les esprits aux fermetures de classes, voire d’écoles.Votre décision se fonde sur la baisse démographique, réelle mais que vous acceptez comme une fatalité, sans que le gouvernement prenne aucune décision pour soutenir les familles. Or les chiffres montrent que les couples français – et creusois en particulier – ont moins d’enfants qu’ils ne le souhaitent. Cela s’explique par la baisse du pouvoir d’achat, mais aussi par l’affaiblissement des services publics, qui n’incite pas les familles à croire en l’avenir – je pense aux soignants, dont les moyens diminuent, mais aussi aux écoles.La Creuse a une géographie particulière : beaucoup de villages et peu de grandes communes. C’est là une richesse patrimoniale mais aussi une contrainte. Fermer une classe ou une école chez nous, c’est imposer à des enfants des temps de transport importants. Dans quelle proportion ces villages seront-ils touchés ? Je vous ai écrit à ce sujet il y a plusieurs mois, mais n’ai toujours pas reçu de réponse. Je vous repose donc ici la question : combien de classes et combien d’écoles fermerez-vous dans la Creuse ?En tant que député, je cherche aussi des solutions ; elles doivent venir du terrain. Je vous demande donc de charger le préfet de la Creuse d’organiser, avec les maires qui seront nouvellement élus, une grande consultation et un travail d’une année afin de formuler un constat et de proposer des solutions de terrain.Enfin, vous le savez, des agriculteurs se battent aujourd’hui partout en France, et aussi dans la Creuse. Ils ne le font pas que pour eux-mêmes, de façon égoïste : ils le font pour l’avenir de leur métier. Or pour cet avenir, il faudra des écoles – c’est fondamental pour la transmission.

C’est tout de même assez incroyable que, pour la rentrée 2026, vous n’ayez aucun élément à communiquer pour un département entier !

Vous pourriez quand même travailler en amont. Quant à la natalité, je suis d’accord avec vous.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).