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Discours du 5 mai 2026

Bastien Lachaud · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°220

On aurait peut-être pu laisser nos collègues sortir pour reprendre nos débats dans le calme, mais c’est ainsi…

Je ne critiquais pas la présidence, mais nos collègues qui ne sortaient pas assez vite.Nous nous sommes quittés hier soir à une heure tardive sur l’excellent amendement no 619 de notre collègue Sitzenstuhl, qui nous a permis d’avoir un vrai débat sur la notion d’économie de guerre. Sommes-nous en économie de guerre ? Devrions-nous l’être ? Il y a trois ans, le rapporteur disait que nous n’étions pas encore en économie de guerre, mais que nous devions aller plus vite dans cette direction.Cet amendement rédactionnel pose la question, et j’aimerais que la ministre y réponde clairement : est-elle en adéquation avec les propos du président de la République ? Sommes-nous en économie de guerre ? Si ce n’est pas le cas, quelle est notre situation ? L’alinéa 8 précise que l’actualisation de la LPM « réaffirme la nécessité d’accélérer la logique d’économie de guerre ». J’aimerais donc avoir une explication. La « logique d’économie de guerre », est-ce l’économie de guerre ?Il faut trancher ce nœud gordien. Nous ne pouvons pas être en économie de guerre si nous ne sommes pas en guerre. La « logique d’économie de guerre » répond-elle à une logique d’aller en guerre ? Nous devrions plutôt nous inscrire dans une logique de promouvoir la paix. Il y a là deux visions du monde qui s’affrontent. Voulons-nous la guerre dans trois ans ? J’ai déclaré… (M. le président tapote son micro.) Très bien, je poursuivrai à l’occasion d’une prochaine prise de parole.

Ah non, ça ne va pas se passer comme ça ! Pas pour 36 milliards d’euros !

Nous demandons une suspension de séance.

Je regrette que, depuis la reprise, les rapporteurs aient décidé de ne plus expliciter leur avis. Je comprends que la majorité veut avancer à marche forcée dans l’examen du texte et faire voter 36 milliards de dépenses militaires sans véritable débat contradictoire. C’est votre droit ; les Français jugeront.Nous soutiendrons l’amendement, mais nous nous étonnons que les rapporteurs émettent un avis favorable alors même qu’ils ont rejeté l’amendement no 381 proposant d’augmenter les effectifs du service de santé des armées (SSA), en expliquant que cela était déjà prévu.Cela signifie-t-il qu’avant l’amendement no 54, le gouvernement n’avait pas prévu d’augmenter les effectifs de la DGA ? Cela m’étonnerait fort. J’estime donc que les rapporteurs font preuve d’une partialité dommageable à la qualité des débats et à l’esprit de concorde qui devrait prévaloir sur de tels sujets.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).