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Discours du 25 novembre 2025

Béatrice Bellay · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°69

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Cela fait huit ans, presque neuf, qu’Emmanuel Macron s’est juré de résorber les fractures territoriales mais une évidence demeure : la continuité territoriale pour les pays des océans, la vraie, celle qui garantit la mobilité et l’accès équitable aux services, aux droits, aux opportunités, n’existe pas.À chaque fois, vous vous abritez derrière des formules dilatoires que nous avons trop entendues, nous répondant que le gouvernement fait des efforts, et que le budget de Ladom augmente. Ladom est une agence low cost bumidomienne qui accorde des aides aux déplacements, aides conditionnées par les faibles revenus de ceux qui les demandent. On compte 8 000 aidés pour 2,4 millions d’habitants. À la bonne heure !Pour nos compatriotes, c’est insuffisant et de plus en plus injuste : une aide par an, puis tous les deux ans et à présent, pour le grand public, tous les trois ans ! Il faudra donc expliquer à nos enfants étudiants qu’ils ne recevront pas d’aide au déplacement parce que leur formation est aussi délivrée dans leur territoire. Tient-on ce discours aux étudiants métropolitains en licence de droit à Paris alors que leurs parents habitent à Bordeaux et qui bénéficient du tarif étudiant pour retourner chez eux le week-end ?C’est d’autant plus injuste que nous sommes asphyxiés, captifs des compagnies aériennes, lesquelles prospèrent sur nos seules épaules, ou se meurent, c’est selon, alors que des solutions existent, comme l’encadrement du yield management, proposé par mon collègue Jiovanny William, des dispositifs fiscaux incitatifs pour nos compagnies régionales au lieu de la TSBA qui sert à financer le rail sur nos reins, ou le plafonnement et la sécurisation des prix, notamment durant les vacances scolaires.La vraie continuité territoriale, ce sont des chances gagnées, c’est la culture aidée qui permet à nos artistes de se produire ailleurs, c’est le lien familial préservé, ce sont des forces vives et économiques stimulées, ce sont des échanges construits et améliorés entre nos pays, et des devenirs liés, mutualisés plutôt que des territoires mis en concurrence.Pour l’heure, les surcoûts liés à la mobilité engendrent des discriminations directes. Où est la République une et indivisible ?Je ne suis pas une assimilationniste, ne vous y trompez pas : je suis une autonomiste. Si vous ne savez pas faire, donnez-nous, comme vous l’avez fait pour la Corse, les moyens de faire nous-mêmes. Quand et comment, madame la ministre, assurerez-vous ce principe de continuité territoriale qui, s’il n’est pas de nature constitutionnelle, s’inscrit dans l’esprit constitutionnel de solidarité, d’égalité et d’indivisibilité de l’État ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).