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Discours du 20 juillet 2026

Belkhir Belhaddad · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21

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L’examen de la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel approche de son terme et le bilan de ce match parlementaire me semble positif, même si des sujets aussi divers et complexes auraient mérité un temps d’examen plus long. Sans avis du Conseil d’État et sans étude d’impact, l’exercice est plutôt difficile. Il s’agit presque de gravir l’Everest par la face nord, mais nous y sommes arrivés, tous ensemble ! C’est pourquoi je remercie mes collègues rapporteurs, Mme la ministre et son cabinet, M. le président de la commission, ainsi que les administrateurs. Je loue également l’esprit de coopération de tous les groupes politiques, qui a permis d’aboutir à ce résultat.La réunion de la commission mixte paritaire a permis de confirmer les principales avancées de ce texte et d’en affiner la rédaction. Les acteurs du sport professionnel disposeront désormais des outils nécessaires au développement de leur discipline, dans un cadre qui renforce à la fois la transparence, l’éthique et le contrôle de la gouvernance.J’évoquerai trois points saillants : la réforme de la gouvernance du football professionnel, l’audiovisuel et les paris sportifs.S’agissant de la réforme de la gouvernance du football professionnel, la CMP a permis de préserver, à l’article 6, les équilibres issus des débats menés à l’Assemblée nationale, lesquels ont tenu compte des négociations intervenues durant l’année entre la Fédération française de football, la Ligue du football professionnel et les familles du football. L’esprit du texte voté en 2025 par le Sénat n’en est pas moins pleinement respecté.Cette réforme ne résoudra pas tout sur le plan économique, mais elle permet de tirer les leçons du passé et de responsabiliser les clubs. Le football professionnel sera géré et organisé par une société de clubs, une façon de préserver notre modèle sportif français : le principe de ligue ouverte est réaffirmé, ainsi que le rôle central de la Fédération, garante de l’intérêt général de la discipline.Nous avons dessiné un cadre à la fois plus démocratique et plus strict que celui de la Ligue actuelle, avec l’ambition claire de prévenir les conflits d’intérêts. Si je partage pleinement cette ambition, j’estime, à titre personnel, qu’il aurait été préférable, pour ce qui est des fonctions concernées, d’en rester à la rédaction issue des travaux du Sénat.Je regrette également que la position que j’avais défendue – renvoyer aux acteurs le soin de déterminer les conditions de participation de certaines familles, comme les sportifs professionnels ou les entraîneurs – n’ait pas été retenue. La voix consultative me semble être une régression par rapport à la situation actuelle.S’agissant de l’audiovisuel, la CMP a permis d’apporter des compléments utiles. Nous avons par exemple indiqué que l’écart maximal de distribution des produits audiovisuels entre les sociétés sportives participant à une même compétition serait au maximum de un à trois et qu’il serait déterminé par la fédération. La ligue professionnelle et la société de clubs auront cependant leur mot à dire pour définir les critères de répartition. À l’initiative de l’Assemblée nationale, un nouveau critère a été introduit : celui des actions en faveur du développement du sport professionnel féminin.Nous avons également abouti à une rédaction qui permettra d’expérimenter la publicité virtuelle. Nous avons aussi réformé en profondeur le dispositif de lutte contre le piratage. Je salue à cet égard l’implication de notre collègue Sophie Mette, à l’origine des dispositions conférant un pouvoir de sanction pécuniaire à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) et de plusieurs articles additionnels, que nous avons adoptés.Cependant, le travail portant sur la diffusion du sport professionnel n’est pas achevé, puisqu’il y aura, madame la ministre, une seconde mi-temps. J’ai bien noté l’engagement que vous avez pris : modifier, dans les six à huit mois qui viennent, le décret relatif aux événements d’importance majeure (EIM), afin d’y inclure, pour certains sports, les finales européennes ou mondiales auxquelles participent des équipes françaises.Au cours de l’examen du texte, j’ai défendu avec mes collègues rapporteurs – en particulier Mme Véronique Riotton, très engagée sur ce sujet – le renforcement de la visibilité et de la promotion du sport féminin à la télévision, une nécessité pour contribuer à l’essor économique des disciplines concernées.En matière de paris sportifs, la proposition de loi comporte également plusieurs avancées importantes. Les sept articles qui figurent dans le texte adopté par la CMP forment un ensemble cohérent. Les parieurs qui harcèlent les sportifs encourront désormais une interdiction administrative de jeux et une peine judiciaire complémentaire d’interdiction de jeux. Il sera également possible de limiter les pertes auxquelles les 18-25 ans, au centre des problématiques d’addiction, pourront s’exposer. Le blocage des flux financiers vers les opérateurs illicites sera facilité et les pouvoirs de blocage dont dispose l’Autorité nationale des jeux (ANJ) seront renforcés, notamment à l’égard des réseaux privés virtuels (VPN).En matière de paris sportifs, d’audiovisuel et de gouvernance, notre assemblée a fait œuvre utile. Je vous invite à confirmer ces avancées en adoptant la proposition de loi dans la rédaction issue de la CMP. (Applaudissements sur les bancs du groupe Dem et sur les bancs des commissions.)

Ils sont tous rédactionnels.

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).