Discours du 20 juillet 2026
Benjamin Dirx · Première session extraordinaire 2026 · séance n°21
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Le compromis trouvé en CMP préserve, à nos yeux, l’essentiel : il renforce la gouvernance de notre modèle sportif tout en préservant la dynamique du sport professionnel. C’était là la condition de son équilibre.Le texte réaffirme d’abord le rôle des fédérations, garantes de l’intérêt général de leur discipline. Il était donc légitime de conforter ce rôle, mais cela ne pouvait se faire au détriment du sport professionnel, dont le dynamisme, il ne faut jamais l’oublier, contribue au rayonnement de nos disciplines, à leur attractivité et au financement d’une partie de notre modèle sportif.Je me réjouis que ce texte renforce les moyens de lutte contre le streaming illégal. Le piratage des compétitions sportives prive de ressources essentielles les clubs, les ligues et les fédérations. En protégeant les droits audiovisuels, nous protégeons aussi les moyens de développer le sport et de préserver un modèle économique indispensable à l’ensemble de la filière.Je veux également saluer les dispositions en faveur du sport professionnel féminin, cher à notre collègue Véronique Riotton. Le sport féminin connaît aujourd’hui un essor remarquable ; il nous appartient désormais de lui donner les moyens de poursuivre cette dynamique et de franchir une nouvelle étape dans son développement.J’exprime néanmoins une réserve : je regrette qu’ait été conservée la possibilité donnée au ministre chargé des sports d’accorder une dérogation au plafonnement de la rémunération de certains dirigeants. Nous ne pensons pas qu’il entre dans son rôle de se prononcer à ce sujet.
Le rôle du législateur consiste à fixer le cadre ; celui du gouvernement, à veiller à son application. Les éventuelles dérogations doivent se fonder sur des critères objectifs et relever d’une gouvernance propre au mouvement sportif plutôt que d’une décision ministérielle.Cette proposition de loi apporte des réponses utiles, mais ne saurait clore le débat, car la politique sportive de notre pays ne peut se résumer à l’organisation du sport professionnel. Nous devrons donner davantage de visibilité à l’ensemble des acteurs économiques du sport, poursuivre l’effort en faveur des équipements sportifs, conforter la place de l’activité physique dans le parcours de nos enfants, notamment grâce à une réflexion sur les temps scolaires. Nous devrons continuer de soutenir les collectivités territoriales, les clubs, les bénévoles, qui constituent le premier maillon de notre modèle sportif. Nous devrons reconnaître mieux encore la contribution du sport professionnel au développement du sport pour toutes et tous. C’est cette ambition qu’il nous faudra traduire dans la grande loi de programmation du sport que nous appelons de nos vœux.En effet, c’est tout notre modèle sportif qu’il nous appartient de conforter. Ce modèle ne prend tout son sens que s’il permet le développement d’un sport partout et pour tous. Derrière chaque champion, il y a un club ; derrière chaque club, il y a des bénévoles, des éducateurs, des arbitres, des collectivités territoriales – des milliers de femmes et d’hommes qui, chaque jour, donnent de leur temps pour faire vivre le sport partout en France. Voilà la chaîne que nous devons préserver. C’est cet équilibre qui fait la force de notre modèle sportif – un modèle qui repose sur la complémentarité entre le sport amateur et le sport professionnel, entre les fédérations et les ligues, entre les collectivités, les associations et les clubs ; un modèle original auquel nos concitoyens sont profondément attachés et qui constitue une véritable richesse pour notre pays.Le sport est ce qui relie nos territoires. Il fait vivre nos communes, nos quartiers, nos villages. Il rassemble les générations. Il crée du lien là où tant de choses nous divisent. Il est aussi un formidable vecteur d’émancipation, d’engagement, de citoyenneté.Aujourd’hui, nous adoptons une réforme utile. Demain, il nous appartiendra de prolonger cette ambition et de donner au sport la place qu’il mérite parmi les grandes politiques publiques de notre pays. Investir dans le sport, c’est investir dans la santé, dans l’éducation, dans la cohésion de nos territoires, dans l’attractivité de notre pays et, finalement, dans ce qui nous rassemble. C’est dans cet esprit que le groupe Ensemble pour la République votera ce texte. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et Dem ainsi que sur les bancs des commissions.)
Tout ça pour ça ! C’est un bon texte, finalement !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).