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Discours du 11 juin 2026

Benjamin Lucas-Lundy · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°267

Il a raison !

Un vrai pacte d’acier !

Mensonge !

Merci, madame Mittal !

Exactement !

Envoyez-lui une carte postale !

Eh oui !

L’acier est à l’industrie ce que l’air est à nos poumons : vital. C’est par là qu’il faut commencer : sans sidérurgie, pas d’industrie. Sans maîtrise de la production d’acier, aucun discours, la main sur le cœur, au sujet de la souveraineté industrielle de la France ne tient, aucune déclaration de ceux qui se font des peintures de guerre sur le torse pour parler de réarmement industriel n’a la moindre portée.Voilà pourquoi la nationalisation d’ArcelorMittal peut et doit dépasser nos clivages et nos légitimes différences de doctrine en matière économique. Il ne s’agit pas, monsieur le ministre, mes chers collègues, de disserter sur le concept de nationalisation. Le débat entre partisans de l’intervention de la puissance publique et les adeptes de la croyance farfelue dans la main invisible du marché a deux siècles ; malgré le talent des corapporteurs, nous ne le trancherons pas aujourd’hui. Il s’agit d’agir pour la survie de l’industrie de notre pays et de préserver sa capacité tant à répondre aux urgences sociales et économiques du présent qu’à relever les grands défis de l’avenir, au premier rang desquels la mutation écologique.Aujourd’hui, 15 000 salariés présents sur une quarantaine de sites dans toute la France, dont les hauts-fourneaux stratégiques de Dunkerque et Fos-sur-Mer, et des dizaines de milliers d’autres qui dépendent de leur activité, nous regardent, nous attendent. Il y a urgence. La filière sidérurgique française est en danger de mort, du fait notamment des investissements qu’ArcelorMittal se refuse à effectuer et de la dégradation des outils de production qu’il organise délibérément sur notre sol.Si nous laissons s’éteindre cette production en France, de nombreuses filières stratégiques dans les domaines de l’automobile, de la construction navale, du nucléaire, du ferroviaire, de l’aérospatiale ou encore de la défense courraient le risque d’une rupture d’approvisionnement, d’une explosion des coûts, d’une dépendance accrue et d’une perte de compétences industrielles précieuses, indispensables même pour l’impérieuse transition écologique. Je le dis donc avec gravité : nos tergiversations rendraient irréversible le déclin de la production d’acier en France.Ce vote est aussi – c’est secondaire mais loin d’être anecdotique – un acte d’autorité de la représentation nationale. C’est un acte d’autorité envers le milliardaire Mittal, qui méprise et humilie les États européens et brutalise notre économie. Nous ne pouvons laisser une poignée d’actionnaires décider à notre place – donc à la place du peuple dont nous avons reçu mandat – d’orientations économiques déterminantes pour l’intérêt général, pour notre avenir industriel et pour notre cohésion sociale.

Vous l’entendrez, ma chère collègue, ne vous en déplaise.ArcelorMittal a reçu des centaines de millions d’euros d’aides publiques tout en versant des milliards d’euros à ses actionnaires. Malgré des bénéfices confortables, le groupe supprime des centaines d’emplois en France et ferme des sites. Il est temps de siffler la fin de la récré et du laxisme des pouvoirs publics à l’égard de la multinationale et de ses actionnaires.C’est un acte d’autorité aussi envers le président de la République, qui a balayé d’un revers de la main notre vote souverain. Il est temps pour le Parlement de faire valoir sa dignité auprès de celui qui restera dans l’histoire de nos institutions comme un artisan zélé de la brutalisation des cadres démocratiques et de leurs représentants : syndicats méprisés, opinion publique ignorée, parlementaires piétinés.C’est un acte d’autorité envers lui en raison aussi de sa complicité de fait avec M. Mittal. En effet, ce dernier a été reçu à l’Élysée quelques semaines à peine avant d’annoncer des centaines de licenciements dans notre pays. Soit le président Macron n’a pas jugé utile de le questionner sur ses intentions en matière d’emploi et il est coupable de négligence, soit il savait les intentions du groupe et il est complice, coupable alors d’une trahison des intérêts sociaux et industriels de la nation.Je conclurai en saluant avec force et sincérité le courage et l’engagement des salariés d’ArcelorMittal France et de leurs représentants syndicaux. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.) Leur combat nous oblige. Leur lucidité et leur expertise ont été trop longtemps méprisées, alors qu’ils nous alertent depuis de nombreuses années sur le sous-investissement et sur les conséquences de la stratégie d’abandon suivie par la direction du groupe. Ils ont lancé l’alerte ; aujourd’hui, ils nous appellent à l’action, à la nationalisation. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS. – Mme la rapporteure applaudit également.)

La honte !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).