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Discours du 25 juin 2026

Benjamin Lucas-Lundy · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°285

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Il se fonde sur l’article 100, relatif à la sincérité de nos débats. Ce matin, nous avons débattu de longues heures en l’absence de l’extrême droite, qui refusait d’entendre nos arguments.

Je serai très bref ; puis-je terminer mon propos dans le calme, sans bordélisation excessive de votre part ? (Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Un peu de calme ! Vous avez pourtant eu le temps de vous reposer !Monsieur le président, je souhaite formuler une requête. Nos arguments n’ont pas pu être entendus par les défenseurs de ce texte. Nous proposons donc que nous discutions à nouveau de ce qui a été débattu en leur absence, pour que nous puissions ensuite avoir un échange.

Ceux qui répondront à nos argumentaires doivent avoir le temps de les assimiler, s’ils en sont capables, avant de pouvoir le faire. Nous sommes au Parlement, ayons un débat parlementaire ! Monsieur Ciotti, pour notre part, nous n’avons pas pris de congé climatique ce matin !

Paresseux !

Il se fonde sur l’article 70, alinéa 3. M. Éric Ciotti vient d’employer l’expression « prise d’otages » pour parler d’un débat parlementaire. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Par égard pour nos compatriotes retenus otages ou qui l’ont été, pour les victimes, pour toutes les Françaises et les Français émus par les prises d’otages et le terrorisme qui peut frapper notre pays, vous devriez présenter vos excuses, monsieur Ciotti, sortir de cet hémicycle couvert de honte et regagner la mairie de Nice ! (Les députés des groupes EcoS et LFI-NFP se lèvent et applaudissent. – Exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.)

Ce n’est pas vrai.

Ce n’est pas vrai !

Sur le fondement de l’article 44, alinéa 2, de la Constitution et de l’article 100 du règlement relatif à la sincérité de nos débats.Cela fait maintenant quarante minutes que nous débattons de la question de savoir si nous devons débattre ou pas ! Je rejoins la position du garde des sceaux selon laquelle il faut maintenant entrer dans le fond du sujet. J’invite donc nos collègues à aborder le débat parlementaire dans un esprit constructif et respectueux. (M. Antoine Léaument applaudit.) Peut-être ont-ils peur de la vérité et de nos arguments, qui vont démontrer que ce texte concerne seulement quelques dizaines de mariages sur plus de 200 000 chaque année – il a une portée microscopique.

J’ai entendu la position du garde des sceaux et du groupe macroniste. Nous sommes là dans un mariage à trois, dont je ne suis pas sûr qu’il soit très légal, entre la droite LR du Sénat, la droite macroniste et l’extrême droite ! Il s’agit, en réalité, de reprendre le programme de cette dernière. C’est assez instructif pour ceux qui nous regardent !

Il se fonde sur l’article 100, alinéa 5, du règlement. Cela fait plusieurs fois qu’on nous accuse de nous éloigner de l’objet de l’amendement ou sous-amendement. Pour que l’on puisse continuer nos débats dans de bonnes conditions, j’aimerais simplement rappeler qu’un raisonnement – intellectuel, politique, philosophique ou pragmatique – s’appuie sur différentes étapes, une contextualisation, des exemples, etc.

Par exemple, quand notre collègue Paul Vannier a évoqué le mariage putatif entre Jordan de Bourbon des Trois-Sardaigne, pardon, des Deux-Siciles et une princesse étrangère, cela m’a permis de comprendre quelles seraient les conséquences de l’adoption du texte, y compris pour vos amis. Pour comprendre la portée d’un sous-amendement, nous avons besoin d’éclairer le contexte d’idées, de raisonnements, d’exemples, etc. Or je constate que vous avez envie ni de comprendre ni d’argumenter.

Prenez des notes !

Nous avons perdu une bataille, pas la guerre !

Bonne question !

Voilà justement M. Ciotti !

Rendez l’argent !

Il les a mouchés !

Pourquoi ce sous-amendement ? Parce que depuis ce matin, nos collègues d’extrême droite, appuyés, hélas, par une grande partie de la droite, invoquent les maires. Mais les maires de ma circonscription, à Mantes-la-Jolie, à Limay, comme les maires que nous rencontrons toutes et tous dans nos circonscriptions ne nous demandent pas d’introduire dans leur commune de la division, du racisme, de la haine, de la suspicion. Ce qu’ils nous demandent, ce sont des moyens pour affronter le péril climatique que nous affrontons en ce moment (Mme Cyrielle Chatelain applaudit) ; ce sont des moyens pour des logements dignes destinés à l’ensemble de leurs habitants.

Ils nous demandent que les classes ne ferment pas, notamment dans nos quartiers populaires, que nous réparions les ascenseurs dans lesquels on meurt.

J’y viens, monsieur le président.

J’y suis, précisément ! Ce que nous demandent les maires – puisque ce texte traite des maires et de leur accompagnement –, c’est de pouvoir faire vivre la République, et non de la briser avec des dispositions racistes.J’ai un seul point de désaccord avec la collègue qui évoquait votre dérive raciste, monsieur Ciotti : il ne s’agit pas d’une dérive, mais d’un point d’arrivée – un point d’arrivée mortifère. À chaque fois que vous proposez un texte dans cette assemblée, à chaque fois que vous ouvrez la bouche à la télévision, c’est maladif, obsessionnel. Consultez, il y a un médecin à l’Assemblée nationale ! (Vives exclamations sur les bancs des groupes RN et UDR.) Mais laissez les étrangers tranquilles.

Je veux répondre : j’ai été mis en cause !

Grossiers personnages !

Répugnant !

À propos de délinquants, que devient Marine Le Pen ?

Le vôtre n’est pas là, il est à la buvette !

Excellent !

Le vote de ce sous-amendement est fondamental de notre point de vue parce qu’il permettra de démontrer que vous êtes des hypocrites. Vous avez manifesté il y a quelques années aux cris de « La famille est sacrée ». Cela s’appelait la Manif pour tous : la réunion d’un stand de barjos qui se retrouvaient pour élucubrer – je crois d’ailleurs que M. le garde des sceaux y était également. Aujourd’hui, vous voulez faire du mariage, qui est une institution importante dans le cadre familial, un outil de coercition en matière de politique migratoire. (Exclamations sur les bancs du groupe DR.)Vous voulez instrumentaliser et détourner l’un des plus beaux moments de la vie d’un couple – pour ceux qui choisissent de se marier. Vous voulez faire du mariage, qui est normalement un moment d’amour, de réunion, un moment non pas de sacralisation – nous sommes dans une enceinte laïque –, mais de constatation civile d’une union, un outil moche, qui vous ressemble – ou plutôt qui ressemble à vos idées. Vous voulez en faire un outil de répression et de brutalisation. Si M. Ciotti n’avait pas pris la tangente – peut-être pour aller à nouveau se barricader dans son bureau comme il l’a fait il y a deux ans –, j’aurais pu, l’écoutant, m’interroger sur ce que cela traduit de sa psychologie.Pourquoi aller chercher les quelques rares cas de mariages qui sont mis en cause – ce qui ne signifie pas nécessairement qu’ils sont considérés comme des mariages blancs ou des mariages gris, comme vous les appelez ? Que ces termes sont atroces ! Il y en a quelques dizaines sur des centaines de milliers de mariages chaque année. Pourquoi passer des heures – il est 18 heures, nous sommes là depuis 9 heures du matin – à vous obséder avec ça ? Dès qu’il y a des étrangers quelque part, ça vous obsède. Faites-vous soigner, vraiment, c’est urgent !

C’est un conseil bienveillant !

Vous considérez qu’il est honteux de voir un médecin ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).