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Discours du 8 juillet 2026

Benjamin Lucas-Lundy · Première session extraordinaire 2026 · séance n°7

Vous me permettrez, monsieur le président, de constater en guise de préambule que lorsque le gouvernement ne passe pas en force et nous laisse soutenir nos sous-amendements, le débat en est beaucoup plus serein, apaisé : cela aurait dû vous inspirer hier, monsieur le ministre ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NFP. – M. Damien Girard applaudit également.)Nous considérons – la Défenseure des droits également – que les AFD, contrairement à ce que vous prétendez, ne constituent pas un outil de rapidité, d’efficacité, mais produisent une sanction pénale prononcée sans débat,…

…sans audience, sans individualisation réelle de la peine, en clair sans juge. Or nous aimons la justice !On automatise la sanction, on fait peser sur la personne verbalisée la charge d’une contestation difficile – moins de 2 % des affaires en suscitent une –, en particulier pour les personnes précaires. Notre collègue Léaument l’a dit et fort bien dit, ces amendes constituent une mesure pauvrophobe dont le biais raciste, de surcroît, ne saurait être nié ou minimisé. C’est pourquoi ce sous-amendement prévoit que leur montant soit ramené à 0,25 euro, 0,50 euro ou 1 euro, selon les cas : nous refusons une procédure de sanction qui contourne le juge, porte atteinte au droit à un recours effectif, restreint l’accès au service public de la justice, fragilise les relations entre police et population, notamment en raison de comportements discriminatoires.Si je ne peux vous en convaincre, monsieur le ministre, peut-être, avant que vous ne la remplaciez par un représentant de la droite radicalisée à la limite de l’extrême droite, serez-vous convaincu par la Défenseure des droits ? En 2025, celle-ci signalait l’utilisation d’outils policiers tels que les contrôles et la multiverbalisation à des fins d’évincer de l’espace public des populations considérées comme indésirables dans l’espace urbain. Encore une fois, écoutez-la, si vous n’écoutez pas vos opposants humanistes !

Exactement !

Exactement !

Au fondement de chaque dérive illibérale, on trouve une volonté de stigmatiser, de contrôler et de réprimer la jeunesse libre et émancipée. Je me tiens à quelques centimètres d’une plaque à la mémoire du président François Mitterrand, qui déclara : « Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort. »De ce point de vue, vous êtes dans l’erreur absolue, et cela fait dix ans, chers collègues macrono-lepénistes ! Vous avez baissé les APL pour les jeunes qui veulent se loger ; vous avez démantelé et précarisé les universités pour ceux qui veulent étudier ; vous avez refusé les repas à 1 euro pour les jeunes qui veulent tout simplement manger ; vous avez favorisé les pesticides, facteur d’infertilité pour celles et ceux qui veulent des enfants ; vous avez opposé l’inaction climatique à la génération climat qui veut vivre sur une planète saine ; vous avez laissé cours aux contrôles au faciès et aux violences policières – nous en avons parlé hier – contre les jeunes de nos quartiers populaires, que, décidément, vous détestez. À présent, vous vous en prenez à la jeunesse qui veut danser et faire la fête.

Pour des gens qui se présentaient en 2017 comme des libéraux et des progressistes, vous avez un sérieux problème avec la liberté. Vous prétendiez incarner le nouveau monde, mais vous représentez ce qu’il y a de plus moche et de plus sinistre dans un vieux monde rance et répugnant.

C’est d’ailleurs pour cela que vous cherchez en permanence à faire alliance avec Mme Le Pen et ses amis délinquants ! (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EcoS et LFI-NFP.)

Au RN !

Et de la droite !

Et la start-up nation ?

Vous, en tout cas, vous ne nous faites pas rêver !

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).