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Discours du 15 juillet 2026

Benjamin Lucas-Lundy · Première session extraordinaire 2026 · séance n°14

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Exactement !

Commencez par respecter la loi !

Jaloux !

Quel rapport ?

Elle n’a rien dit que déjà, c’est mieux que les interventions précédentes !

Permettez-moi d’abord de dire que je trouve cocasse le spectacle auquel nous avons assisté il y a quelques minutes : Mme Le Pen est venue réclamer de l’ordre et de la fermeté après avoir été condamnée pour détournement de fonds publics,…

…ce qui fait d’elle la délinquante la plus illustre de notre assemblée. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.)Je tiens également à adresser un amical salut aux 652 959 signataires de la pétition contre la loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, et à leur dire que nous ne lâcherons rien dans le combat pour l’État de droit, pour la justice, pour la mémoire des victimes et pour protéger tous nos enfants.Monsieur le ministre, octobre 2017, septembre 2018, avril 2019, juin 2020, décembre 2020, mai 2021, juillet 2021, août 2021, janvier 2022, janvier 2023, mai 2023, janvier 2024, juillet 2024, juin 2025 : depuis qu’Emmanuel Macron est à l’Élysée, quatorze textes répressifs d’initiative gouvernementale ont été adoptés, soit un tous les semestres. Pour quel bilan ? Le présent projet de loi le résume à lui seul : celui d’un épuisement législatif verbal sans autre résultat qu’un pays dont la situation s’est envenimée. De la promesse du « en même temps », vous êtes passés à la construction d’un arc macrono-lepéniste, comme nous l’avons constaté à chaque étape du débat sur ce texte.Vos états de service auraient pu, auraient dû faire de vous un grand ministre de l’intérieur, mais à force de courir après la droite radicalisée et l’extrême droite, vous êtes devenu un influenceur du sécuritaire bête et méchant, un m’as-tu-vu du LBD – lanceur de balles de défense –, de l’amende forfaitaire, des dérogations, du contournement des juges, de la surenchère belliqueuse contre les jeunes, les pauvres, les locataires – dresser une liste exhaustive prendrait beaucoup trop de temps.Vous confondez, monsieur le ministre, l’Assemblée nationale avec un plateau de CNews, la Place Beauvau et un édito de Pascal Praud. Vous confondez l’autorité avec la brutalité, la sécurité avec la sanction, l’efficacité avec la rapidité expéditive, l’ordre républicain avec l’arbitraire – oubliant au passage que le vrai désordre, c’est l’injustice, or, contre celui-là, évidemment, votre gouvernement n’agit pas.Plusieurs points qui se suivent forment une ligne. Nous l’avons vu ce matin, lors de la discussion en commission des lois de la proposition du président de la République de nommer un tenant de la droite radicalisée, M. François-Noël Buffet, au poste de Défenseur des droits. Depuis quelques années maintenant, vous passez votre temps à dépouiller l’État de droit avec la complicité de l’extrême droite. Parallèlement, vous affaiblissez les contre-pouvoirs et les protections des Françaises et des Français vis-à-vis des attaques répétées contre ledit État de droit. (Mme Anne-Laure Blin s’exclame.)L’examen de ce texte l’a montré, nous assistons au déploiement d’un véritable virilisme législatif, auquel nous préférons, quant à nous, les solutions réelles. Nous croyons qu’il faut partir des causes, évaluer les dispositifs en vigueur et allouer des moyens à la justice, à la police, à la prévention, à la médiation, aux services publics, aux collectivités territoriales, aux associations et aux professionnels de terrain. Tels sont les impensés de ce projet de loi, et, en réalité, de toute votre action, de celle du président de la République depuis 2017.Je ne sais si, comme le disait la collègue tout à l’heure, l’histoire retiendra beaucoup de vous, de nous. Ce que je sais, c’est qu’au moment où nous débattions de ce texte, des forêts brûlaient faute de Canadair en nombre suffisant, des familles suffoquaient faute d’une politique du logement ambitieuse et que le jour même où nous en finissions l’examen article par article, vendredi dernier, l’Insee annonçait le plus fort taux de pauvreté depuis que celui-ci est mesuré. Que faisiez-vous pendant ce temps ? Vous envisagiez de stigmatiser et de réprimer des jeunes qui vont faire la fête le week-end et vous annonciez pêle-mêle des sanctions dans un texte fourre-tout, dont, au lieu de partir des besoins réels de nos forces de sécurité et des autres acteurs de terrain, vous avez fait une espèce de tract à destination des amis de Mme Le Pen, qui vous rendent bien votre sollicitude, puisqu’ils voteront votre projet de loi, après beaucoup d’autres. En effet, vous ne pouvez réunir de majorité sur presque aucun texte sans le concours de l’extrême droite, et vous ne l’obtenez qu’en allant chasser sur ses terres, reprenant ses slogans et ses propositions jusque dans le détail.On aura ainsi constaté quelles étaient vos priorités, monsieur le ministre : ni la sécurité, ni la liberté, ni la dignité. Cela ne vous surprendra donc pas : le groupe Écologiste et social s’opposera naturellement à ce projet de loi. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).