Discours du 30 mai 2026
Benoît Biteau · Session ordinaire 2025-2026 · séance n°256
Tout va bien, alors ?
Ce n’est pas le sujet !
Je veux bien qu’on défende l’agro-industrie et l’industrie agroalimentaire de notre pays, mais il faudrait tout de même avoir une approche un peu globale. Quand nous avons auditionné les représentants de Lactalis en commission des affaires économiques, ils nous ont dit qu’exporter pénalisait la rémunération susceptible d’être versée aux agriculteurs parce que le débouché à l’exportation n’était pas forcément la meilleure façon de tenir la rentabilité du groupe. Donc vouloir s’acharner à exporter coûte que coûte, même au détriment de la rémunération des agriculteurs, c’est vraiment faire preuve d’un manque d’approche globale.Et puis il y a tout de même un éléphant dans la pièce que personne n’évoque : c’est le poids de l’argent public. À quel moment va-t-on parler de l’argent de la politique agricole commune déversé sur ces grands groupes ? Si demain, on leur demandait de rembourser les aides publiques qu’ils touchent au titre des produits qu’ils exportent, on aurait déjà un peu plus de visibilité sur l’intérêt à exporter, et on effacerait, dans une approche globale, toute cette politique de dumping économique sur les pays du Sud dont on est en train de tuer l’économie agricole.Voilà pourquoi j’aimerais qu’on convoque davantage une approche globale au lieu de rester focalisé sur l’économie des industries agroalimentaires qui, en vérité, au lieu de soutenir les agriculteurs, sont en train de les étrangler. Regardons donc les choses plus globalement et on aura des réponses un peu plus pertinentes à proposer à nos agriculteurs. (Mme Lisa Belluco et M. Jean-Hugues Ratenon applaudissent.)
Il y en a eu quatorze en dix ans !
Quatorze recours abusifs en dix ans !
Nous comprenons la volonté de protéger le monde agricole, mais on crée là, de nouveau, un dispositif qui est plus administratif que pratique. On a connu déjà la cellule Déméter, voulue par M. Castaner, dont on aimerait bien que l’efficacité soit évaluée – je l’ai demandé à plusieurs reprises, mais toujours sans succès.Le nouveau dispositif sera-t-il du même type que Déméter, dont l’efficacité est douteuse ? Ne serait-il pas préférable d’imaginer des conventionnements avec les gendarmeries locales, pour essayer de renforcer la prévention, plutôt que de créer un service administratif supplémentaire ?Nous pensons que l’article 26 n’apporte rien de nouveau – en tout cas, aucune mesure pratique qui permettrait de protéger efficacement les agriculteurs. C’est pourquoi nous en demandons la suppression.
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).