Discours du 4 mai 2022
Bernard Guetta · Le cas d'Osman Kavala en Turquie
Monsieur le Président, chers collègues, M. Erdoğan se croit fort. Il se croit à l’abri de nos critiques, protestations et pressions, car il pense que l’agression russe contre l’Ukraine a fait de son pays un allié, dont ni l’Union européenne ni les États-Unis ne pourraient ou ne devraient en tout cas se passer.
Il n’a pas tort, mais ce qu’il ne voit pas, en revanche, est que nous n’ignorons rien de ses difficultés intérieures. La situation de l’économie turque est telle et les élections de l’année prochaine s’annoncent si difficiles pour M. Erdoğan, qu’il a beaucoup plus besoin de nous que nous n’avons besoin de lui. Cet homme ne peut pas s’enfermer dans un tête-à-tête avec la Russie, et moins encore rompre avec l’Alliance atlantique.
Alors ne craignons rien de lui et disons-lui clairement qu’il aura à payer au prix fort cette condamnation à vie d’un innocent que notre Parlement salue, applaudit et défendra.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.