Discours du 14 février 2023
Bernard Guetta · Réponse à la situation en Tunisie (débat)
Monsieur le Président, la Tunisie ne nous est pas étrangère: elle est si intimement liée à l’histoire de la France, de l’Italie et de toute l’Europe que nous avons vis-à-vis d’elle les mêmes devoirs que vis-à-vis d’une sœur ou d’un frère.
Avant d’avoir ouvert la voie au printemps arabe de 2011, la Tunisie avait su négocier son indépendance sans ressentiment ni violence. Habib Bourguiba, son libérateur, s’était ensuite obligé à doter les femmes tunisiennes du statut le plus libéral du monde arabe et à permettre l’enracinement d’une puissante centrale syndicale, qui fut toujours un facteur d’équilibre social et politique.
Si proche de nos côtes, si proche de nos cœurs, la Tunisie pourrait être l’une des nôtres, et c’est pourquoi nous devons parler fort et vrai à l’homme qui l’a fait si vite revenir en arrière. Nous devons dire à M. Saïed que notre budget d’assistance n’est pas fait pour briser l’indépendance de la justice, mais, au contraire, pour la renforcer. Nous devons lui dire qu’il y a trop de dictatures sur Terre pour qu’il en crée une nouvelle et que nous aimons trop la Tunisie pour nous y résigner.
Madame la Commissaire, Madame la Ministre, chers collègues, nous avons à appeler un chat un chat, et M. Saïed un homme avec lequel nous ne traiterons pas, car il conduit son peuple au malheur et déstabilise plus encore les deux rives de la Mare Nostrum.
Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.