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Discours du 15 février 2023

Bernard Guetta · La récente détérioration des conditions de détention inhumaines d’Alexeï Navalny et d’autres prisonniers politiques en Russie

Madame la Présidente, sous toutes les latitudes, tous les codes pénaux le disent: c’est un crime, Monsieur Poutine, que de détenir un innocent entre quatre murs, un innocent, qui plus est, que l’on avait vainement tenté d’empoisonner. Oui, votre crime est établi, mais vous en perpétrez maintenant un plus grave encore.

À coups de mesures d’isolement, de harcèlement et de refus de soins médicaux vous assassinez lentement Alexeï Navalny. Cet opposant qui ne connaît pas la peur, ce combattant qui vous défie, vous le voulez mort, vous voulez sa tête, car vous le craignez.

Alors sachez, Monsieur Poutine, que, pas plus que le monde ne vous pardonnera le martyre de l’Ukraine, nous ne pourrions vous pardonner le meurtre du combattant de la liberté qu’est votre opposant.

Nous ne le pourrions pas car nous l’admirons. Nous ne le pourrions pas car il est admirable. Nous ne le pourrions pas car, le jour où l’histoire aura tourné votre si sombre page, la Russie aura besoin d’Alexeï Navalny et de tous ceux qui vous résistent aujourd’hui.

Sans eux, la Russie n’aurait pas d’étendards derrière lesquels se rallier, faire front et refuser ce nouveau temps de troubles dont votre guerre la menace.

Il faut un Navalny à la Russie, et, si vous l’en priviez, c’est elle que vous achèveriez de détruire.

Source : compte rendu officiel du Parlement européen (API Open Data, data.europarl.europa.eu), capturé le 2026-09-01. Texte reproduit dans sa langue originale de prononciation.