Discours du 15 décembre 2025
Bertrand Sorre · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°93
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En 2030, les Alpes françaises accueilleront les JOP d’hiver, un peu moins de six ans après ceux de Paris. C’est une chance immense, quasiment unique. Je souhaite vivement que chacun d’entre nous en prenne conscience.Un tel événement place le pays organisateur au centre du monde. Pour les territoires qui accueillent les compétitions, rien ne sera plus jamais pareil. Les Jeux, s’ils sont pensés dans le cadre d’un projet robuste, constituent un formidable moteur pour le développement des infrastructures sportives, ferroviaires et routières. C’est aussi un levier de croissance très important. (M. Laurent Wauquiez applaudit.)Surtout, c’est un sujet de fierté pour tous ceux qui contribuent à concevoir le projet, mais aussi pour les habitants des territoires hôtes. À cet égard, je tiens à souligner à quel point j’ai été déçu par la tonalité de certaines interventions en commission des affaires culturelles, la semaine dernière. On a parlé d’un prétendu déni de démocratie, de menaces pesant l’environnement, on a chipoté sur l’opportunité d’autoriser tel ou tel sponsor des Jeux à faire de la publicité en contrepartie du soutien financier qu’il apporte. Je vous le dis sincèrement : de telles querelles ne sont pas à la hauteur de l’événement.
Avez-vous déjà oublié l’éclatante réussite de Paris 2024 ? De très nombreuses images des cérémonies d’ouverture et de clôture, mais aussi des compétitions, se sont inscrites d’emblée dans la mémoire collective des Français, et même du monde entier.
Avez-vous vraiment oublié les Jeux d’Albertville en 1992, ainsi que leur legs pour le sport français et pour nos montagnes ?Les Jeux de 2030 seront également une chance pour les Jeux eux-mêmes, qui seront sublimés par l’incomparable écrin que constituent les Alpes.
Les représentants du CIO, venus en visite il y a deux semaines, ont d’ores et déjà été éblouis. Voilà ce que je veux leur dire : préparez-vous, car ce n’est que le début !Bien sûr, il est encore trop tôt pour que se manifeste l’enthousiasme populaire autour de ces jeux ; mais, je suis convaincu, madame la ministre, qu’en 2030 se produira la même chose qu’en 2024. Ce n’est que quelques semaines avant le début des compétitions que la fièvre des Jeux a commencé à monter. Mais alors, quel éblouissement ce fut !Le projet de loi que nous examinons a tout simplement pour objet de créer les conditions juridiques pour que cet événement hors du commun advienne. Vous l’aurez compris : j’y suis extrêmement favorable.La moitié des articles dont je suis chargé concerne la lutte contre le dopage – sujet qui m’est cher car j’avais déjà eu l’honneur de rapporter, au nom de notre commission, les articles de la loi olympique de 2023 se rapportant à cette question, et, avant cela, la loi du 23 février 2021. J’ai eu l’occasion, en commission, de rappeler les progrès considérables accomplis par la France en matière de lutte contre le dopage depuis 2017. Je n’y reviendrai pas.Je dirai simplement que le résultat de notre action est simple. Alors que la France avait accumulé un retard considérable en matière de lutte contre le dopage, au point de risquer de se voir retirer l’organisation des Jeux de 2024 si elle ne se mettait pas au niveau, elle est désormais en pointe, et l’Agence française de lutte contre le dopage est reconnue dans le monde entier comme une institution exemplaire. L’enjeu est clair : la France doit continuer dans cette voie. Tel est l’objet des articles relatifs à la lutte contre le dopage.Avant tout, il appartient à la France de continuer à se conformer de manière rigoureuse au code mondial antidopage dont la prochaine version entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Compte tenu du calendrier, le pragmatisme commande de prévoir dès à présent un moyen pour mettre notre système juridique en conformité avec le prochain code. C’est l’objet de l’article 10. Si nous ne le faisions pas, nous ne pourrons organiser ni les Jeux ni aucune autre compétition sportive internationale.Certains membres de la commission considèrent que le champ de l’habilitation demandée à l’article 10 est très large – ils n’ont pas entièrement tort. En commission, madame la ministre, vous vous êtes engagée à ce que le projet de loi de ratification soit inscrit à l’ordre du jour du Parlement, et pas simplement déposé sur le bureau d’une des deux assemblées. Il me semble important que nous ayons l’occasion d’étudier sérieusement le contenu des dispositions de la future ordonnance.L’article 11 permet une avancée substantielle en ouvrant aux enquêteurs de l’AFLD la possibilité d’inspecter visuellement les bagages des personnes visées par des enquêtes et à procéder à leur fouille, avec le consentement des intéressés.Une divergence était apparue avec le Sénat autour de cet article. Nos collègues sénateurs avaient conféré à l’agence « un accès permanent, complet et direct aux traitements de données » de la plateforme France.Sport. Une telle prérogative était exorbitante, notamment eu égard au règlement général sur la protection des données (RGPD) et aux règles fixées par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) en matière de conservation et d’accès à de telles informations. À la suite de votre engagement d’établir une convention entre l’agence et les détenteurs de ces données, nous avons supprimé la disposition posant problème.J’appelle donc l’Assemblée à adopter cet article dans cette nouvelle rédaction, ainsi que les autres articles dont je suis chargé et l’ensemble du projet de loi.Vive le sport ! Vive les sportifs français ! Vive les Jeux olympiques et paralympiques des Alpes 2030 ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.)
Le groupe Ensemble pour la République, vous vous en doutez, votera contre cette motion de rejet préalable proposée par La France insoumise.
Par principe, vous vous opposez à tout : aux grands événements, aux projets structurants, à l’attractivité des territoires et même au sport.Ce que cette motion de rejet remet en cause, ce n’est pas simplement un texte – c’est une vision.
C’est une vision du sport, de l’excellence, du dépassement de soi et du rôle que la France doit continuer à jouer sur la scène internationale. Comme l’édition de 2024 en a apporté l’éclatante démonstration, l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques est avant tout une grande fête populaire et sportive. C’est un moment d’unité nationale – mais je sais que vous n’aimez pas cela – et de fierté collective ; un moment où des athlètes, femmes et hommes, qui s’entraînent depuis des années et parfois depuis l’enfance, peuvent voir leurs efforts enfin récompensés.La France est une terre pour les Jeux olympiques, que vous le vouliez ou non. Elle a su en faire la démonstration à de nombreuses reprises. (M. René Pilato s’exclame.) Ces jeux sont également une opportunité majeure pour nos territoires. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficieront d’un coup de projecteur mondial, avec des retombées économiques, touristiques et en matière d’aménagement durable. Ces investissements utiles, structurants, profiteront à leurs habitants bien au-delà des olympiades. Les Jeux olympiques d’hiver de 2030, ne vous en déplaise, ont été attribués à la France – c’est ainsi.
Après Chamonix, Grenoble et Albertville, et avec le soutien des régions Aura et Paca, les Alpes françaises auront à nouveau l’honneur d’accueillir cet événement planétaire. Elles auront l’honneur de faire rayonner la France sur le toit de l’Olympe, là où s’écrit l’histoire du sport mondial. (M. Andy Kerbrat s’exclame.)Avançons, plutôt que de toujours freiner, rejeter et contester ! Soyons ambitieux et donnons-nous les moyens, avec ce texte, d’organiser ces jeux dans les meilleures conditions. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et DR.)
Encore un mensonge !
Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).