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Discours du 28 avril 2026

Boris Tavernier · Session ordinaire 2025 -2026 · séance n°213

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Nous convenons toutes et tous ici que la crise du logement fait rage. Elle fait rage quand des jeunes renoncent à prolonger leurs études, faute de logements accessibles ; quand accueillir un deuxième enfant signifie déménager à 40 kilomètres ; quand le loyer engloutit la moitié d’un salaire et qu’accéder à la propriété devient un mirage pour toute une partie d’une génération.La crise du logement frappe aussi lorsque le nombre de résidences secondaires progresse plus vite que le nombre de résidences principales ; quand, en vingt ans, le prix des logements a augmenté quatre fois plus rapidement que le salaire des Français ; quand la propriété n’a jamais été aussi concentrée puisque 3,5 % des ménages possèdent la moitié du parc locatif privé ; quand, enfin, loin d’être un droit, le logement est devenu une dépense insoutenable pour beaucoup et un revenu de rente très confortable pour quelques-uns.Le nombre d’expulsions locatives constitue sans doute l’illustration la plus remarquable de la crise du logement. L’an dernier, 30 500 ménages ont été expulsés de leur domicile. Ce chiffre jamais atteint auparavant constitue un triste record, qui vient après d’autres. Année après année, le nombre d’expulsions locatives ne cesse d’augmenter. Pourtant, alors que, depuis 2004, il a crû de 400 %, on prétend, à droite et dans certains médias, que les locataires auraient tous les droits et seraient inexpulsables. L’augmentation du nombre d’expulsions se traduit de manière directe par l’augmentation du nombre de sans-abri : il a plus que doublé depuis 2012 pour atteindre le chiffre record de 350 000.Considérant ce terrible constat, ma première question sera très simple, monsieur le ministre : allez-vous reprendre le plan de Valérie Létard et travailler à la prévention des expulsions locatives ? Ces records d’expulsions ne sont pas le fruit du hasard mais le bilan d’une politique de lutte contre la pauvreté orpheline et d’une politique du logement trop passive, qui s’en remet trop souvent au marché et laisse les prix des loyers s’envoler. Le résultat en est que le logement représente actuellement le premier poste de dépense des ménages.Face à ce constat, il est nécessaire d’encadrer les loyers pour protéger les habitants, particulièrement en zone tendue. À ce sujet, nous vous demandons d’arrêter de jouer la montre. Si vous ne faites rien, l’encadrement des loyers prendra fin en novembre prochain. L’Assemblée nationale a fait son travail en adoptant la proposition de loi d’Inaki Echaniz qui améliore et pérennise le dispositif. Qu’attendez-vous pour faire le vôtre, c’est-à-dire pour publier le rapport Fack-Chapelle et pour transmettre au Sénat la proposition de loi que nous avons votée ?Si le marché privé ne permet pas tout, le parc social n’est pas en mesure de prendre le relais. Chez moi, dans la métropole de Lyon, il y a plus de neuf demandes pour un logement social. Alors que la construction de logements sociaux s’est effondrée pendant les années Macron, loin de proposer de financer des constructions ou d’appuyer la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), vous introduisez du clientélisme dans l’attribution des logements sociaux en permettant aux maires de choisir. Nous nous y opposerons !Pour finir sur une note plus positive, nous nous réjouissons de l’annonce – faite récemment, avec le premier ministre – d’un nouveau programme de renouvellement urbain – un Anru 3 – parce que la politique de la ville contribue à la promesse républicaine d’égalité entre les territoires et les destins.Permettez-moi cependant un point de vigilance : si le renouvellement urbain est positif et même nécessaire, un quartier ne se réduit pas au béton. Ce qui le fait tenir debout, ce sont des gens, des familles, des parents et leurs enfants, des associations, des entreprises, des commerçants, des travailleurs… Bref, toute une vie qui doit être soutenue alors que, ces dernières années, le gouvernement a choisi de faire des économies. Ne l’oubliez pas dans le prochain budget et dans la construction de l’Anru 3 !Pour conclure, prévoyez-vous un plan de prévention des expulsions ? Quelles suites donnerez-vous à l’encadrement des loyers ? Alors que l’été et ses fortes chaleurs arrivent, soutiendrez-vous des dispositifs issus de la proposition de loi transpartisane sur les logements bouilloires à l’occasion du projet de loi sur le logement ?

Source : compte rendu intégral officiel de l'Assemblée nationale, capturé le 2026-09-01. Texte reproduit tel que publié par l'Assemblée, hors interventions de présidence de séance (ouverture, clôture, mise aux voix).